LES ÉLÉMENTS URBAINS LONDONIENS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Roland Michel Tremblay

 

 

 

 

44E The Grove, Isleworth, Middlesex, Londres, UK, TW7 4JF

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Résumé

 

La vie londonienne en long et en large accompagnée d'une réflexion sur la vie dans le milieu urbain comparée à l'existence dans le milieu rural (dont mes pensées lors de mon voyage dans le sud de la France en bateau sur le Canal du Midi). Ça semble plat comme ça, mais c'est peut-être mon livre le plus intéressant. Le livre est terminé mais la majeure partie est encore sur papier. Je n'ai pas encore mis en ligne les 200 pages déjà sur l'ordinateur, alors pour l'instant vous ne pourrez les lire que sur demande. Cependant j'ai joint un extrait ici.

Les Éléments Urbains Londoniens aborde la vie sociale hiérarchique dans l'univers des conférences européennes. Le thème principal est: qu'est devenue la vie de l'humain enfermé à jamais sous la terre à voyager vers le centre de Londres, une ville faite de ciment, à travailler dans une tour à bureau où la verdure n'existe plus? Le sens de la vie urbaine londonienne considérée en parallèle de la vie à la campagne en France. Car le livre a aussi été écrit lors de deux voyages de deux semaines chacun sur un bateau loué sur le Canal du Midi où, grâce à un mal de dent terrible, l'auteur n'a pas eu d'autre choix que d'écrire toutes les nuits la moitié du livre. Le livre raconte également les aventures de l'auteur lors de ces nombreux voyages à travers l'Europe à cause de ses conférences: Barcelone, Paris, Amsterdam, Cannes, Rome et Genève.


 

Préface

 

Voici le plus simple de mes livres. Le vrai et l'accessible, un seul niveau de compréhension. À moins de se mettre à l'étudier dans un cours universitaire. Mais voilà, son intention est d'être d'une certaine humilité, sagesse, à observer la vie londonienne à son rythme le plus élevé. Car n'y ai-je pas souffert un enfer que je ne puis me débarrasser qu'au prix de grandes souffrances ? C'est là l'ironie, le paradoxe. Souffrir de cet enfer, mais ne pas pouvoir vivre sans lui. Si à la fin de ce livre vous ne connaissez pas tous les rats qui gisent sur les rails de l'Underground comme on a encore subit des délais considérables ce matin parce qu'une femme y a été poussée par mégarde, j'aurai manqué mon coup. Mais là n'est pas l'important. J'avais perdu ce livre, quelque part dans un pub de Soho au centre ville. Je l'ai retrouvé par miracle. Ainsi vous souffrirez les quelques pages écrites sur mes heures de lunch alors qu'il m'est interdit de boire ma pinte de bière traditionnelle, mais je déroge à la règle, bien entendu. Je bois et j'écris, c'est là la vie. J'ai remarqué que l'on aimait surtout de mes écrits ce qui parle de ma vie londonienne, en oubliant ma philosophie de malade dérivant de mon imagination. Ainsi ce livre sera bien terre à terre à travers le ciment des bâtiments londoniens. Je provoquerai l'envie de venir ici à celui qui vit à la campagne, mais je l'aurai prévenu de cet enfer dont on ne peut se passer. S'il apprend bien sa leçon, il viendra, y travaillera, lira le Daily Mail dans le métro, mais jouira de ces petits détails qui font souffrir des millions de Londoniens qui chaque jour se rendent à Oxford Circus pour travailler à Dieu seul sait quoi. La vie pourrait être si simple pourtant, mais on adore se la compliquer à l'extrême. On arrive tout de même à trouver la plénitude, je l'espère, sans en être convaincu. On imagine des flocons de neige s'écraser sur le pavé où les autobus à deux étages et les taxis noirs les écrasent net, puis on survit, là l'important je suppose. À vous de juger.

 

NOTE : Ce livre est majoritairement encore sur papier (bien que j'en ai déjà 150 pages sur l'ordinateur), je n'ai pas le temps de le retranscrire ici et je ne croirai pas trouver le temps bientôt. Je mets donc ici un extrait.

 

 

 

Extrait

Les Éléments Urbains Londoniens

 

Six jours avant mon départ pour Prague. Quelle chance ! Je vais tenter de faire allonger mon séjour de deux jours. Pourtant je sens que cela sera un désastre. Mais je ne voudrais pas regretter de ne pas l'avoir fait. Et si cela ne fonctionne pas, au moins j'aurai essayé. Et je pourrai m'acheter un billet de retour moi-même sur place si jamais je rencontrais là quelque chose d'extraordinaire qui mériterait que je passe là deux jours de plus. Mais l'image de la Tchécoslovaquie que j'ai, c'est celle de Milan Kundéra durant je ne sais plus trop quelle guerre avec la Russie, un État Totalitaire qui m'a rendu malade. Est-ce bien ce livre où l'homme se sent surveillé dans son appartement et doit se rendre aux frontières, à traverser une ville morte… ça me donne la chair de poule… tous ces préjugés. Heureusement que je vais pouvoir me rendre compte sur place de ces préjugés. Je voulais acheter ce livre de Kundéra avant d'aller à Prague, mais franchement, c'est un peu cliché, ça fait Américain à Paris qui se met à écouter Édith Piaf. Pourquoi pas Anna Karénine, si je me souviens bien, c'est le livre que la femme tenait dans ses mains, ce livre qu'elle ne lisait pas mais qui fabriquait l'image moderne qu'elle désirait pour attirer l'attention de ce jeune intellectuel. Ouf, Anna Karénine pour image de la modernité. Je vais vomir. Ah non, ce sera Kundéra avant d'être Tolstoï.

Enfin, je suis à Londres maintenant, que cela m'ennuie. Ce matin je me disais, ah, si j'étais à Paris, cela en sortant du train à Waterloo. Voilà cinq ans je me serais suicidé si je n'étais pas revenu à Londres. Je me noyais dans mon verre de whisky tous les soirs avec la plus noire des dépressions. Tout me rappelait à Londres. New York et Toronto n'ont pas suffit à me le faire oublier… ah, l'idée d'être demeuré à Toronto aujourd'hui me bouleverse. Comment aurais-je survécu ? Alors que Londres ne suffit même plus. On finit toujours par attraper le mal de la cité dans laquelle on vit… attraper le mal d'une cité comme Toronto, c'est le désespoir absolu. C'est être misérable au possible. C'est comme cette série télévisée tournée à Manchester, et lorsque les deux héros décident de partir pour la grande cité, Londres, ils comprennent que ce n'est pas suffisant. On ne part pas de Manchester pour aller à Londres, on part de Manchester pour aller à Phœnix, Arizona, USA. Et je suppose que les perdus de l'État de l'Arizona, pour eux, ce qui signifie vraiment sortir de leur trou signifie Londres, UK. La vie est complexe.

À nous deux Prague, car tu es certes l'inatteignable en ce qui me concerne. Jamais je ne pourrais aller vivre et travailler à Prague. C'est comme un rêve si impossible qu'il n'a jamais été considéré. Car si Londres ne suffit plus, Paris non plus ne serait pas à la taille. La Chine et le Japon c'est commun, tout le monde finit par s'y retrouver aujourd'hui. Prague, c'est différent. C'est effrayant, c'est l'Europe de l'Est, c'est la fascination de Staline, l'État de terreur, la Russie. L'enfer et la misère. Je suppose qu'aujourd'hui ils ont exactement les mêmes magasins que j'ai vu à New York et à Cannes ces derniers mois. Là aussi je pourrais acheter un petit ordinateur portatif, bien que j'ai crié partout dans le bureau la semaine dernière que probablement qu'à Prague ils venaient juste de découvrir la télévision. Et est-elle seulement en couleur ? J'en saurais davantage la semaine prochaine. Il est si bien d'être si impolitiquement incorrect, et cela je ne puis me le permettre que parce que je sais que je ne serai jamais publié. Autrement, tout serait pesé au moins quatre fois par le boucher avant que le prix ne soit établi (1.4 fois le prix normal, selon combien de pièces de bœuf la folle achète et selon sa naïveté).

Si seulement ce fameux vendredi c'était terminé là, au bar l'Atlantic. Mais au contraire, c'est là que tous les problèmes ont commencé. J'étais complètement saoul à Piccadilly Circus et je devais me rendre à l'ouest jusqu'au Parc Osterley. Eh bien en marchant dans la rue j'ai téléphoné Marco. Quelqu'un s'est arrête en voiture à côté de moi et me parlait, pour une raison que je ne comprends pas aujourd'hui, je leur ai donné mon téléphone. Comble de malchance, le con a refermé la fenêtre et a demandé à Marco s'il fourrait en faisant l'amour... il a manque en faire une crise cardiaque. Marco se demandait où j'étais, avec qui j'étais. Hélas, il allait encore avoir des surprises avant que je n'arrive...

En effet, en descendant le premier escalier roulant à Piccadilly Circus, une petite fille dont il m'est impossible de me souvenir si elle paraissait normale ou anormale, peut-être une handicapée, descendait tranquillement avec son père. À la vue de cette petite fille de 5 ans peut-être, je me suis tourné vers le père et j'ai crié : Oh Mon Dieu ! Le vieux s'est mis a me poursuivra travers la foule en criant : qu'est-ce qu'elle à ma petite fille ! Alors j'ai pris peur et j'ai poussé tout le monde sur les escaliers roulants espérant échapper au vieux qui semblait prêt à me frapper. J'ai couru tant que j'ai pu sur la plate-forme, mais quelqu'un m'a poursuivi et frappé au visage de son poing. À ce moment je n'avais qu'une idée, ne pas tomber sur les rails et sauter dans le premier train. Je me suis faufilé jusqu'au dernier siège, les deux mains dans le visage et la rage m'a monté comme jamais elle n'a monté dans ma vie. J'ignore si c'est le vieux qui m'a frappé ou un autre parce que j'ai poussé tout le monde sur l'escalier roulant, craignant justement d'être frappé par l'autre. Eh bien, je ne m'étais jamais rendu compte combien il était facile de recevoir un bon coup de poing dans le visage. Il suffit d'insulter une petite fille ou de pousser quelques touristes, et puis quoi encore. Toute ma vie on m'a ridiculisé, insulté à l'école, et même au travail dernièrement, et jamais personne ne semble avoir payé pour toute cette souffrance que j'ai endurée. Le lendemain je me sentais tellement coupable pour cette petite fille, mais plus maintenant. Je le referais demain matin. Le peuple est tellement pourri et c'est définitivement une jungle où le plus fort s'en sort. La morale, le respect, j'ai toujours, semble-t-il, avoir été le seul à éprouver cela et mettre cette bonté en pratique, et maintenant c'est terminé. La prochaine fois je frapperai le père avant qu'il ne puisse réagir. C'est lui le problème, pas moi. Au diable sa petite fille dont dire au père "oh mon Dieu" a failli me coûter la vie en dessous d'un train et d'être dévisagé pour le reste de mon existence. Je suis bien prêt à regretter deux jours durant une maladresse irrespectueuse, mais il y a une limite à ce que je dois payer. J'étais tellement enragé, que lorsque je suis enfin sorti du train et que je marchais vers l'appartement, il y avait encore une femme dans mon champ de vision au bout de la rue. Et j'étais comme fou, je ne pouvais plus concevoir que toujours il devait y avoir quelqu'un la devant moi qui puisse me juger, qui d'un seul regard me rende inconfortable, m'oblige à me cacher, à ne rien dire, etc. Je criais comme un défoncé : ôte-toi de ma vue ! Va-t-en ! Out ! La femme s'est mise
à courir comme une folle. Rendu à la maison, j'étais dans un piteux état, je me suis mis à pleurer comme un malade. Cela faisait une heure que j'avais déjà remis toute ma vie en question, j'allais me suicider là sur le coup, j'allais moi-même me lancer devant les rails du prochain train, et franchement je ne m'explique pas que je ne l'aie pas fait, car jamais je n'ai eu une telle conviction qu'il était temps que je meure, que j'en finisse avec les platitudes de l'existence. Dans le fond, je venais de comprendre que ma vie est d'une nullité et d'une futilité morne à mourir. Que la vie n'est que cette stupide succession de terribles événements qui n'apportent que la souffrance et la misère. Que j'étais incapable de nommer une seule raison au pourquoi je voudrais vivre, à endurer cet enfer. Et puis je me suis calmé et je remettais en question mon emploi et Londres. Je retournerais au Canada le plus tôt possible. Je n'allais plus retourner au travail, je n'allais plus rien à voir avec cette vie misérable. J'étais traumatisé, complètement terrorisé, enragé. À ce moment et durant la journée suivante, j'aurais pu me refermer sur moi-même, m'enfermer à l'intérieur et ne plus jamais en sortir, regretter à l'infini mes actions, avoir peur du bon peuple de Londres chaque fois que je sors. Mais au contraire, je suis devenu le pire des monstres. Je ne veux plus de conscience, je ne veux plus de bonne manière, je veux une guerre et je veux la gagner. Il n'y a plus personne qui puisse se tenir devant moi, je m'en vais te les anéantir, les détruire, tous les tuer. Ma patience, je ne connais plus ce mot. Je suppose que c'est ainsi que les criminels commencent, après avoir été frappé par la police, il n'existe qu'une issue, comprendre qu'il n'existe point de justice, ou de morale bonne à suivre. Tout est éclaté et l'on va vivre. You fucking bastards ! Pour qui tu te prends ? Tu pourrais me frapper pour une insulte bien subtile ? Ou parce que j'ai un peu poussé ta blonde dans la rampe de l'escalier ? Pourquoi pas me tuer ? Cela suffira-t-il ? Faut-il aussi exterminer la station en entier ? Well, oui, je le pense.

Je comprends ce soir pourquoi j'ai insulté cette petite fille l'autre soir. Ou le père plutôt. Après deux pintes de bières seulement je comprends tout. C'est que lorsque je suis un peu en boisson, je développe un mépris marqué pour tout et pour tout le monde. Je suis prêt à les tuer autant qu'à me suicider. Je n'ai plus aucun respect pour rien, sans doute parce que je ne puis voir qui que ce soit me respecter. En fait, autrui me fait chier comme ce n'est pas possible. Qu'ils voudraient bien juste ma mort que je le comprendrais très bien. James m'imitait aujourd'hui, comment ridicule était notre emploi, mimant un appel téléphonique à Dieu sait qui, que l'on tente d'avoir sur notre programme de conférence. Cela m'a tout à fait convaincu que je faisais la job la plus insipide et insignifiante de la planète. Plus inutile que les conférences, cela ne se fait pas. Pourtant l'on endure la prétention, l'enfer, le calvaire. Dans le train ce soir j'ai deux Finlandais en vacances devant moi. Swedish, pardon, je viens d'entendre Sweden. Eh bien. j'ai juste envie de me lever et de les frapper. Sans doute le vieux travaille pour Ericsson (alors qu'il travaillerait pour Nokia s'ils venaient de la Finlande). Or, cela je ne puis plus le supporter. En plus il est gros et laid alors qu'elle est jeune et belle. L'aime-t-elle ou aime-t-elle autre chose ? Les voyages à Londres par exemple, le rythme de vie. Sans doute elle s'amuse davantage lorsqu'il est aux conférences. Peut-être également s'emmerde-t-elle dans ce temps là... la pauvre, c'est alors qu'elle ne sait pas ce qu'elle manque.

Alors que James semble vraiment savoir ce qu'il manque, pourtant ce n'est pas là un argument. Il veut mourir, il n'a jamais trouvé le bonheur, pas même avec une femme, et il est prêt. Pourtant ce soir il a répété qu'il avait besoin d'une femme (de la sauter sans doute). Pourtant il sait que cela ne le rendrait pas heureux. Misère...

Tellement de rêves, de choses à voir et à comprendre, tellement de choses extraordinaires loin de cette réalité quotidienne et infernale je pourrais voir et accomplir aujourd'hui, que je me morfonds plutôt dans l'amertume et le désespoir. Entourés cette fois de gens encore plus misérables que je ne le suis, alors que trop souvent ces dernières années je me retrouvais seul au monde à mourir dans ma peine.

Prague

Je suis dans un club assez vide, ils ne semblent pas avoir de patience pour les étrangers à Prague. Au bar il m'a traité comme de la merde, et l'autre du vestiaire, même chose. Bon Dieu, ça fait même pas dix ans que ça a découvert que dehors existait, et déjà ils ont adopté l'attitude Gay 100% "Oh Darling !". Parce que je n'imagine pas que cette musique directement importée de Londres et ces hommes à moitié nus agissaient ainsi avant leur révolution de 1989 où ils se sont débarrassés de leur communisme. Stupide mondialisation, je suis en république Tchèque, je pourrais aussi bien être n'importe où ailleurs dans le monde. Dans le fond, le communisme a cela de bon, qu'il est différent. Je suis venu bien trop tard. Je voulais les voir en train de crever de faim, sans emplois, pauvres comme Georges, et regarder la différence lorsque je marche dans la rue. Eh bien non seulement ils sont britannisés, mais en plus, ils ont plus de style que moi. Aujourd'hui en habit cravate, j'étais le seul jeune habillé ainsi, en fait, la seule personne habillée ainsi. Ce soir je suis en jeans noires, mais des souliers assez quétaines. Ils m'auraient fallu mettre mes souliers noirs. Je ne pense pas qu'une seule personne ne m'ait encore regardé, au club Privat L. Tiens, c'est pas Tchèque ce nom. Et bande de chiens, la musique que vous jouez, c'est pas Tchèque ! Qu'avez-vous donc contre les touristes ? Je crois que je vais les aborder en français à l'avenir plutôt que l'anglais. Ils ne comprennent ni l'un ni l'autre de toute manière et l'exercice sert plutôt à leur signifier que je ne comprends pas leur charabia. La première chanson que j'ai entendue à Prague était la première chanson que j'ai entendue à New York : New York City Boy de Pet Shop Boys. Mon Dieu le gars à côté ressemble comme deux gouttes d'eau à celui que j'ai rencontré dans un café à Cannes.

Eh bien, je ne suis pas impressionné. Ils ont deux personnes qui dansent, une fille et un gars, et j'impression qu'ils sont payés pour danser. Ils dansent tous deux pareillement et un peu trop bien. Ah moins que ce ne soit comme ça qu'ils dansent ici. Il y a un jeune si jeune dans la place, et si beau et prétentieux, que j'ai l'impression que c'est un prostitué. Well, je ne suis pas encore aussi désespéré. Un autre s'est mis à danser, et celui-là barbu mais tout de même mince, n'est certes pas un danseur professionnel. Et il danse un peu comme les autres. Une sorte de Mimouchka russe... Enfin un m'a regardé, le deuxième plus beau de la place après le jeune. Le jeune aussi me regarde, mais cela m'inquiète. Aussi, nu je ne suis pas si beau, peut-être je devrais faire comme Louise au travail qui a flirté toute la soirée avec Toni et le pauvre le lendemain était enragé parce qu'il n'avait pas couché avec elle. La musique dégénère, ça fait six chansons assez espagnoles, La Margarita, lalalalala, de la musique de plage et de mariage. Ah non, je ne peux pas coucher avec l'un ou l'autre, je suis bien trop décevant au lit. Ils doivent être habitué à ce qu'il y a de mieux. Pourquoi n'y a t-il que les plus beaux qui s'intéressent à moi ? C'est que ma graisse ne transparaît pas... Ils ont tous l'air de se connaître, mais la ville a bien un million deux cent mille personnes, ils ne devraient pas se connaître... à moins que les gays ici s'acceptent moins et donc sont tous encore dans le placard. Avec pareille musique, ils ne manquent rien. Arrêtez cette musique espagnole pourrie ! Vive la musique britannique !

La première chose que j'ai faite après avoir recouvré ma liberté, je suis allé faire mon lavage. Le mythe dira : "Faire son lavage en République Tchèque !" Wow, j'y ai rencontré un super de beau gars, juste pour cela ça en valait la peine. Un peu magané, on aurait dit qu'il a eu la vie dure. Très gentil. Je lui ai demandé s'il connaissait Milan Kundéra, il m'a sorti de sa table L'Immortalité ! C'est ce qu'il lisait ! Et moi qui croyais que l'on tombait en amour à Prague après avoir rencontré quelqu'un lisant Anna Karénine... Nous avons parlé, entre les nouvelles de CNN, car c'était ce qui jouait. Au club ce soir, c'est MTV. Ces Tchèques, on dirait qu'ils n'ont aucune personnalité, ils n'ont fait qu'adopter tout ce qui vient d'ailleurs. Cela me rappelle ce conférencier qui disait à ma conférence que son fils voulait désespérément être connecté à l'Internet. Et lorsque son père impuissant (l'Internet était inaccessible dans son pays perdu) lui a demandé pourquoi, le fils a répondu qu'il voulait être un citoyen du monde. Eh bien, si cela signifie juste d'adopter l'extérieur pour sien, c'est triste. Et il n'y a rien de plus impersonnel que l'Internet. En plus, c'est d'une platitude extraordinaire. On s'en lasse tellement vite que l'on ne l'utilise plus que comme outil de recherche. Car il s'agit là d'une base de données, rien d'autre. Un autre beau c'est celui qui m'a arraché mon manteau des mains et qui exigeait 10 Korunas. Les voilà tes 10 Korunas... tu sais ce que ça vaut 10 Korunas à Londres ? Ça ne vaut plus rien parce qu'il n'existe rien, même chez le marchand de bonbons, qui coûte moins de 10 Korunas. De toute manière, je sais bien que cette bière m'a été trop chargée, car elle est exactement le prix de celle que j'achète à Londres. Or, on sait bien que tout coûte moitié prix sinon un tiers du prix à Prague. Voleur ! En plus il a le culot de paniquer parce que je n'ai pas laissé de pourboire la première fois. Va donc voir si les Anglais et les Français en laissent du pourboire eux ? D'autant plus que ses bières sont surchargées ! Gardez-les vos clubs et pubs pourris ! Je suis bien trop content de vous chier dessus par écrit... Quelque chose va survenir, sinon je commence vraiment à croire que j'ai perdu mon temps à demeurer ici deux jours de plus. Le jeune définitivement me regarde sans cesse, et moi j'écris plutôt que de le regarder. Je pense qu'il revient d'une back room... qu'y faisait-il donc ? Eh bien je ne vais pas dans ces endroits-là, bien que c'est ridicule, je fais tout le reste, mais j'ai des principes qui me viennent j'ignore d'où. Pas de sauna, pas de back room... et probablement qu'un jour j'irai et je me demanderai pourquoi j'ai attendu aussi longtemps. Mystère.


N'ont-ils pas de littérature gay ici ? Et j'ai besoin des toilettes, et d'une nouvelle bière. Tout vient en même temps.

Ici ils ont trois types de toilettes. Pour les femmes (alors que seuls les hommes ont le droit d'entrer), pour les hommes, et pour les hommes back rooms. Le jeune me regarde toujours, je me demande quel âge il a, l'âge légal ici pour avoir du sexe est 15 ans et je ne suis pas certain s'il les a. Je ne crois plus qu'il soit un prostitué, son ami à l'air bien trop...

Oh mon Dieu, dans quel pétrin je me retrouve. Je suis tellement con, il devrait y avoir une loi contre les cons. Bien sûr qu'il y avait bientôt une dizaine de jeunes super beaux qui me regardaient ! Tous sont des prostitués et je porte un chandail anglais ! Comment j'ai pu me flatter à croire qu'ils s'intéressaient à moi ! Un vieux croûton de 40 ans avec un jeune de 19 ans sont apparus et il était bien heureux de me parler car le vieux venait de la Suisse. Il a tenté de m'embarquer dans une histoire de prostitution à long terme ! Toute notre conversation avait un double sens, et il m'en a fallu du temps pour comprendre ce qui se passait. Selon lui je ne trouverai jamais ce que je cherche à Prague, seule la prostitution existe, m'attend. Et lui ne pouvait me comprendre, puisque cela fait 4 ans qu'il a son prostitué personnel. J'ignore même si ces jeunes sont vraiment gays ! Cela m'a tellement écœuré que je suis sorti en courant ! Puis je cherchais le premier taxi qui me ramènerait à l'hôtel, car véritablement, j'ai peur ! Une société où la prostitution et la maffia règnent, est quelque chose d'effrayant. Et ces gens se croient libérés ? Je suis dans une panique absolue. Le vieux croûton m'a demandé si j'étais allé en Thaïlande, car là on n'y va que pour la prostitution. Eh bien je viens de rayer ce pays de ma liste. J'aime mieux demeurer avec les miens, ceux qui sont comme moi. Pourtant il était Suisse. La peur soudain me prend. Juste pour être conscientisé sur cette question valait tout l'argent que j'ai jeté au feu pour rester ici deux jours de plus. Prague, ville pourrie jusqu'a l'os, tu ne me reverras plus jamais de ta sainte vie.

Bon, je me suis remis de mes émotions d'hier. 12% d'alcool dans leur Pilsner, je crois que ça explique bien des choses. J'étais comme un peu devenu ou. Tout ce que j'ai vu hier à Prague existe à Londres et même Toronto. Je me suis tout simplement retrouvé dans les deux pires clubs de la place. Et je suis mal tombé sur ce gros porc de la Suisse qui se paie des prostitués à long terme. Je me fous qu'il me dise que c'est partout la même chose en ce qui concerne les touristes, apparemment plusieurs viennent ici avec cette intention, mais j'ai aussi vu hier qu'entre eux les Tchèques sont bien normaux, comme on peut l'être au Canada. Comme d'habitude on traite les touristes différemment. J'ai tellement de préjugés envers la République Tchèque, j'ignore comment m'en débarrasser. Je les vois comme des arrières et tout devient un prétexte à prouver mon point. Je suis entré chez McDonald par exemple, et deux femmes achetaient un Big Mac et un coke. Et les frites, elles ? Dans ma tête je me disais qu'elle n'en avaient pas les moyens ! Mais quelle prétention j'ai ! Il me faudra plus d'une semaine et éviter les trappes à touristes avant de juger la République Tchèque. Aujourd'hui je dirais que je ne vois pas vraiment de différence entre Prague et Paris, niveau de vie. Pourtant, je sais bien que ce n'est pas tout à fait la même chose, et aussi, je sais que ça n'a pas toujours été ainsi. Bien, je ferai quelques cafés aujourd'hui, mais je ne sortirai certes pas. Et je ne crois pas non plus que je coucherais avec qui que ce soit, l'idée que cela pourrait être de la prostitution me tue. (Et ce gros Suisse laid qui me répétait de toujours discuter prix avant ! Gros écœurant !) Bon, midi trente, c'est le temps d'aller visiter le château.

**Le reste n'est pas encore sur mon site, mais ça s'en vient...

 

 

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Bon bon, je me suis rendu compte, sans doute à cause du titre, que tout le monde visite cette page plutôt que mes autres livres. Alors voici en vrac ce qui est déjà sur ordinateur. Pas corrigé, pas relu, pas coupé. Je ne suis pas responsable des torts causés à autrui, et inutile de me poursuivre, car tout est vrai, je gagnerais...

 

 

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Les Éléments Urbains Londoniens

 

Non relu, non corrigé

 

 

7 Avril 1998

 

Il existe de ces endroits où je me suis retrouvé dans ma vie et dont je me demande pourquoi j'y étais. Ils me ramènent des cauchemars juste à y penser, et la pensée que je pourrais m'y retrouver un jour me tue. Tous les coins de rue où au Québec j'attendais les autobus scolaires pour m'emporter à l'école par exemple, me traumatisent encore. Les autobus de ville à Hull et à Aylmer aux limites d'Ottawa, jamais rien vue de plus misérable dans ma vie. Où je travaillais à Bruxelles, un quartier mort de Montgomery, ça non plus ne m'apporte pas de bons souvenirs. Par contre il y a des endroits à Bruxelles qui me hantent et m'enchantent. Comme au Québec en dehors de la capitale. Et même dans les environs d'Ottawa, une petite maison d'ex-prostituées que l'on projétait acheter au bord de la rivière me fascine encore. Qu'est-ce qui fait d'un endroit un paradis, et un autre un enfer ? Toujours les constructions humaines, puis les événements qui font que nous y sommes comme prisonniers. Était-ce mon choix d'y être ? Oui et non, dépendant du pourquoi je me devais d'y souffrir. Un hôtel du boulevard Hamel à l'Ancienne-Lorette de la ville de Québec est d'un terrifiant, et le restaurant Marie-Antoinette juste à côté, un calvaire. Mais un petit hôtel sur le fleuve Saint-Laurent tout à côté du Vieux Pont de Québec fait toute la différence. Même dans la forêt profonde j'arrive à distinguer des lieux enchanteurs et d'autres infernaux. Pourtant c'est la nature, des arbres et des rivières.

 

12 Avril 1998

 

            Une même particule peut se retrouver à deux endroits en même temps. Un humain peut donc se trouver à deux endroits en même temps.

 

 

Voilà où j'en suis dans ma retranscription, la suite viendra lorsque l'existence me laissera suffisamment de temps libre et que la motivation me viendra.

 

 

J'aurais voulu prendre le temps de parler de mon voyage éclair à Rome lors de la conférence GPRS, mais trop était trop vite. Là déjà j'ai bien souffert de ce monstre

 

 

Dernier jour, Cannes, 4 Février 2000

 

James m'a encore fait subir bien des émotions. Hier, parce qu'incapable de trouver des billets pour le party de Motorola avec Tom Jones, et ignorant que Siemens avait un party également, nous nous sommes retrouvés sous la tente Nokia. La foule, environ 3000 personnes, était à 100% blanche et sans doute la majorité Finlandaise. Pas un Noir, pas un Asiatique. Nous sommes arrivés moi, Gustavo et James, juste le temps de voir Tom Jones arriver par bateau sous une musique de James Bond et deux hélicoptères, et nous rencontrions déjà nos autres collègues. James s'est mis à marcher en long et en large dans tout le bâtiment, il était le seul à ne point être habillé en habit et certes, il semblait être le plus jeune de tous. Moi le suivant partout, nous avions l'air des deux plus jeunes personnes de tout le Congrès, pourtant nous sommes les recherchistes et producteurs. Je me demandais si nous avions l'air sérieux. Bref, il avait les yeux rivés sur cette blonde qui travaille pour Nokia et qui dansait comme une folle alors que nous savions qu'elle n'avait rien bu. Je l'ai reconnue de Genève où là également voilà quelques mois elle dansait de même, en plus, à courtiser un vieux porc à côté d'elle. Hier également elle dansait avec un croûton et je me demandais si ce n'était pas une putain professionnelle dont on a mis un Nokia tag dessus. Tous les hommes de la salle (90%) à Cannes comme à Genève, n'en avaient que pour elle, oubliant la scène où un groupe Finlandais nous chantait des chansons populaires, dont Tom Jones. Si ce dernier pouvait entendre de l'autre tente, il devait bien se demander qui pouvait chanter ses chansons aussi bien que lui, peut-être même mieux ! Enfin, c'était un charmant tableau que ce jeune mince éphèbe qui regardait cette blonde pouffiasse correspondant à la corporate image de Nokia, et c'est vrai qu'elle est remarquable, mais moi je ne pouvais plus le suivre. J'ignore ce qu'il faisait également, il marchait jusque près d'elle puis retournait dans le fond de la salle, puis refaisait ce même chemin sans cesse. Dans la première heure Gustavo a disparu. Ma dernière conversation avec James avant qu'il ne disparaisse lui aussi avait quelque chose à voir avec comment atteindre cette femme. Ses beaux yeux bleus charmants la regardaient et je pouvais distinguer dans le luisant de ses yeux son imagination au-delà de rêves impossibles. Faire l'amour à cette femme qui dansait sur une table (avec toute une rangée d'autre monde, y compris toutes les hôtesses de ma compagnie qui se mettaient bien en évidence) et je les voyais dans le lit, son sourire alors qu'ils se déshabilleraient. Et puis je ne l'ai plus revu pour au moins 45 minutes. Tout ce temps, coincé avec mes autres collègues qui dansaient davantage et cherchaient à m'entraîner. Trois ou quatre filles qui me tournaient autour sans savoir que j'étais marié, divorcé et gay. Je suis parti.

 

 

Ah mon Dieu ! La blonde de Nokia vient juste d'entrer dans la salle ! (Je suis maintenant à la conférence track D sur Corporate GSM. Elle a donc un intérêt aux conférences et travaille dans le GSM, elle est arrivée avec une délégation de Nokia qui est venue juste pour entendre Nortel Networks, un compétiteur.)

 

 

Vers 3 heures du matin environ ça sonne à ma chambre. Je croyais que c'était Axel, quelqu'un que j'avais rencontré la veille (j'en reparlerai tout à l'heure), mais c'était James. Comme l'autre jour il est entré en grandes pompes et s'est écrasé dans la chaise. Cette fois il était bien déterminé à quitter la compagnie. Il n'en pouvait plus, ce n'est pas lui, il est malheureux, il ne veut pas produire des conférences. Il dit que c'est insignifiant et que cela n'a pas de but. Qu'il se sent comme un plouc avec sa petite cravate à pois à ne rien savoir et à indiquer aux délégués où aller. Dans les salles de congrès, il n'apprend rien, c'est juste de la merde. Tous radotent la même chose et c'est complètement sans intérêt. Well, c'est exactement la raison pour laquelle je veux m'en sortir, mais dans huit mois pour entrer à l'Université en Physique. Lui il aurait rendu sa démission la nuit dernière à 5 heures, complètement saoul, alors que nous avons travaillé tous les jours depuis 12 jours, à commencer à 7h le matin et à terminer à entre 6 et 8 tous les soirs. Et lui a bu tous les soirs jusqu'à au moins 3 heures du matin. À ce rythme, je suis surpris qu'il ne se soit pas encore suicidé. Tous les jours de nouveaux problèmes et conflits l'attendaient et je me reconnaissais dans ses actions, à insulter les mauvaises personnes et à me retrouver le lendemain comme sujet de conversation numéro un de toute la compagnie ! Mais trois ans d'erreurs de plus que lui, mon voyage à Cannes, du moins en ce qui concerne la compagnie, est sans histoire. Enfin, je lui ai fait comprendre de tenir le coup, d'attendre jusqu'à au moins mardi prochain, qu'il ne trouverait pas un emploi qui paie davantage et que sa job n'était point d'aller à des conférences, mais bien d'arriver le matin, envoyer quelques invitations et sacrer son camp ensuite. Je crois qu'il a reconnu cette sagesse, mais ce matin c'était moi qui était la source de ses problèmes qu'il disait, parce que je suis parti sans lui dire aurevoir hier et que j'ai fait cela plusieurs fois. Mais, il disparaît pendant une heure à courir et rêver après des blondes de Nokia, et moi je le suis comme une toupie dans toute la tente, alors que nos autres collègues nous regardent. Il fallait bien que je parte. Et puis lui est resté jusqu'à 3 heures, ils sont allés dans un autre bar ensuite, il a trouvé le moyen de se chamailler avec la directrice de Marketing à propos qu'il voulait acheter une bière, qu'elle avait l'argent, mais ne lui faisait pas confiance parce qu'il était saoul. Well, moi au moins quand j'insulte la grande directrice de la compagnie, comme celui de Campbell Distillers, vendeur de whisky en Écosse, je le fais avec style, et au moins je puis dire que j'avais raison et que j'étais justifié ! Lui c'est des histoires de saoulons, j'étais saoul et je ne me comprenais plus… ouh, ça me donne des frissons.

 

 

Hier c'était qu'il était en retard, que le Manager lui a téléphoné pour le réveiller alors qu'il dormait dans sa chambre, cela devant la Directrice. Ainsi lorsqu'il est revenu ils ont joué avec lui le jeu du sentiment de culpabilité. Jaz est venu le voir pour lui dire que il ne fallait pas que cela se reproduise mais que c'était OK. La Directrice l'a regardé de travers (deux jours avant elle avait fait une crise et l'avait déjà fait paniqué, comme avec Gustavo). Et comble de tout, Caroline est venue lui faire une morale comme de quoi qu'il devrait arrêter de boire, il ne devrait plus rien faire de "slightly bad" et devrait aller s'excuser auprès de Sonja, la directrice, ce qu'il a fait aussitôt. Je suppose que du point de vue des directeurs, cette psychologie est efficace, mais ce qu'ils ne comprennent pas est que nous ne sommes point des esclaves vendus à leurs stupides produits, nous sommes capables de les laisser tomber n'importe quand. Et c'est difficile à survivre cette petite psychologie de directeur, tellement que James va lâcher. Je serais curieux de voir leur tête lorsque cela arrivera.

 

 

Bref, ce jeune crétin apprend maintenant à ne pas boire en groupe et je souffre pour lui davantage que moi-même je souffrais lorsque je faisais la même chose, car quand c'est moi qui suis en cause, je n'ai qu'à changer d'emploi et je ne souffre point de me voir moi-même m'autodétruire. Si seulement je n'avais pas eu le temps de me demander s'il était gay et de développer disons une sympathie mal placée et des sentiments défaillants chaque fois qu'il entre ou sort de la salle. À peine si je l'ai regardé pourtant au travail ces derniers trois mois, car je n'avais pas envie d'espérer alors qu'il n'y avait point d'espoir. Cela me tue. Bien qu'avant je me disais que ce serait une motivation supplémentaire d'aller travailler, le voir, mais lui se fout de moi, il fait tout pour se faire mettre à la porte. Enfin, il est prêt à se mettre dehors lui-même. Triste que l'autre nouveau lui, fatigant au possible, Daniel, tout semble lui glisser sur le dos et va directement jusqu'au plancher. Tout va bien et il s'est trop bien intégré. Il me parle maintenant comme s'il avait 20 conférences de produites et que moi j'étais un nouveau qui n'y connais rien. Je le laisse faire, car lui aussi il s'agit ici d'une sorte de défense de jeune sans expérience qui tente de se mettre à niveau. Il doit bien souffrir, et ce pauvre James lui, comme moi, n'en veut pas de cette hypocrisie, de ces petites jeux psychologiques et confrontations avec les hiérarchies. Et James en parlait de cela, Caroline qui dit sans cesse : Dan, lui, a déjà fait ça… Il est comparé à Dan en tout temps et pour Dan ça semble facile. Moi, j'ai eu la vie difficile car j'étais comparé à ceux qui avaient dix ans d'expérience et ma vie alors a été un enfer. Maintenant je suis comparé à ces nouveaux et ma vie est facile, on me laisse tranquille.

 

 

Enfin, bien que James m'a reproché ce matin d'avoir disparu, j'ignore ce qu'il a décidé de faire, partir ou rester. De toute manière, ce n'est qu'une question de temps. D'autant plus que comme moi il n'a aucune ambition et l'argent est secondaire. J'imagine que la goutte qui fera déborder le vase sera sa facture d'hôtel puisque le minibar dans la chambre, et surtout toute l'alcool qu'il a consommé au bar de l'hôtel, apparaît sur l'addition de notre chambre. Par exemple, moi qui doit avoir une des factures les plus basses, sur les 875 livres à payer, j'ai 210 livres en déjeuners et alcool (et téléphone, dont une fois il s'agissait de l'appel de James qui voulait voir ses e-mails). J'ose à peine imaginer quel sera la montant de son addition, j'espère qu'il a utilisé l'offre des autres lorsqu'ils offraient une tournée. Hier justement il disait que, lorsque l'alcool est gratuit, il va toujours en profiter. Voilà sans doute pourquoi il boit jusqu'à en perdre connaissance. C'est une mentalité assez British, et Stephen mon copain est comme ça aussi. Quand Sonja va voir cette facture, elle va lui parler et user de sa petite psychologie mesquine, et si jamais il avait décidé de continuer malgré ses impressions, c'est sans doute à ce moment qu'il donnera sa démission.

 

 

Je ne sais plus quoi penser, je souffre de le voir s'enfoncer et je souffre de le voir. Je souffre également en ce moment car je ne le vois pas. Son regard illuminé sur cette femme Nokia me tue, malgré le charme du tableau. Il me tue.

 

 

Voilà également pourquoi j'ai décidé de sortir par moi-même dans les bars gays de Cannes deux jours avant, et que j'ai rencontré quelqu'un lorsque je suis retourné une deuxième fois au Zanzibar. Cette fois il y avait davantage de gens, et le plus beau de tous, celui qui était le plus bruyant, sans même m'avoir parlé, déjà m'insultait à voix haute parlant des Québécois et Londres. Son copain est un des serveurs, mais celui avec qui je n'ai pas parlé. Eh bien j'ai décidé de confronter le monstre et d'aller lui parler. La conversation a dû être à la hauteur de ses standards car il a arrêté de m'insulter. Au contraire nous sommes entrés dans une grande conversation et nous sommes allés Au Divan un peu plus loin, où nous avons rencontré un artiste déchu, du Théâtre je crois. Il y avait un temps, qu'il disait, où sa popularité en tant qu'artiste lui permettait d'habiter Le Majestic Hôtel, et voilà que moi, n'ayant jamais rien fait de grand dans ma vie, j'habitais une des plus belles chambres du Majestic pendant 8 jours. Pour eux ça semblait signifier le monde, sans doute car ils s'y sont bien plu dans le passé en des fêtes qui n'en finissaient plus. Ainsi je les ai emmenés dans ma chambre (trois en tout) et toute la nuit nous avons lu ma poésie avec cette voix extraordinaire de Gérard. Et puis il s'est lancé dans la récital de poésie et chansons, et franchement, après Prévert, Hugo, etc., j'en ai pleuré… je ne l'aurais jamais cru. La poésie française a toujours été à mon avie d'une platitude assez impressionnante, à part quelques Prévert et Rimbaud. Je ne m'étais jamais rendu compte que lu (alors que je suis saoul) par une belle voix, cela pouvait avoir un tel impact. J'avais avec moi trois Français quelconques rencontrés dans un bar et voilà que tous lisaient ma poésie avec un intérêt ardent,  à la vanter au possible. Et tout cela est bien extraordinaire, une telle culture, également cet intérêt ardent et spontané pour la littérature. C'était une soirée magique et spéciale, qui m'a fait comprendre combien le système Français a réussi à développer des standards très élevés chez ses enfants, et en a fait des virtuoses de tout, et des êtrès sensibles à la culture et à la littérature. Pourtant, elle a fabriqué des êtrès de prétention également, mais que voulez-vous, encore qu'il vaut mieux au moins avoir une opinion que de ne pas en avoir du tout. Ainsi je n'ai point dormi de la nuit et après qu'ils soient partis, le plus beau de Cannes, Axel, est revenu. Nous avons fait l'amour comme des déchaînés le reste de la nuit et nous nous sommes quittés lorsqu'il était temps pour moi de retourner au congrès. C'était vraiment passionné bien que les sentiments que j'éprouve pour James étaient absents. Et malheureusement je ne pouvais pas me dire qu'il s'agissait de lui plutôt qu'Axel, parce que James a des qualités uniques (British je dirais) que j'apprécie et que je ne retrouve pas chez d'autres, et l'embrasser dans le cou serait déjà une expérience susceptible de me faire perdre connaissance. Mais comme chaque fois que je me permets du plaisir, un prix est à payer, et mon Palm Pilot a disparu : £300 chez le diable, avec tous les livres électroniques de Sherlock Holmes que je lisais ardemment dans l'Underground de Londres. Il est clair qu'un des trois l'a pris, et j'ai bien cru qu'il s'agissait d'Axel, car lorsque je le cherchais le matin même, il me pressait de sortir. Et j'en ai conclu qu'il ne me téléphonerait pas le soir même comme il avait lui-même prévu. Eh bien Gérard m'a téléphoné durant la journée (alors que j'étais revenu pour dormir un peu) et Axel m'a téléphoné également bien plus tard après minuit lorsque j'étais revenu de Nokia. Il voulait me voir, et après ce téléphone j'ai bien eu du mal à comprendre pourquoi il me téléphonerait, à moins bien sûr de décider de venir voler le reste, comme mon ordinateur portatif peut-être. Mais lorsque j'ai mentionné ma calculatrice qui avait disparue, il s'est moqué de moi en disant, une calculatrice ? Bien sûr il aurait compris à ce moment qu'il s'agissait de bien plus qu'une calculatrice. Et son romantisme m'a emmené ailleurs. Toute la journée il avait pensé à moi ! Et moi, pas une seule pensée pour lui, enfin, si peu à cause de James. Puis il disait que cela avait été chaud et notre nuit d'amour franchement bien. Cela m'a redonné courage, car si vous vous souvenez, je suis un peu gros et lui est sans doute un des plus beaux de Cannes. Il voulait me revoir, mais je n'avais pas dormi la veille, et je devais dormir. Il sera à Londres lundi et mardi prochains avec son copain (qui sait très bien que nous avons fait l'amour, mais il s'en fout). Une histoire abracadabrante. Alors le troisième a volé mon Palm Pilot. Bien que j'aime mieux croire que je l'ai perdu et que cette belle soirée de poésie s'est terminée en une explosion romantique. Ah ces Cannois…

 

 

Me revoilà maintenant à Londres. Un samedi seul comme à l'habitude, je viens de dormir un long douze heures. Stephen déjà planifie le reste de ma journée, il désir m'emmener au Treaty Centre d'Hounslow, le gros centre d'achat du coin. Il s'est acheté une antenne de téléphone mobile qui flash bleu et rouge, et maintenant son téléphone ne fonctionne plus. Il retourne au magasin donc, l'histoire de sa vie, combien terre à terre ! Oh God ! Revenir du plus cher hôtel de Cannes au plus grand congrès des téléphones mobiles du monde pour aller s'écraser dans un centre d'achats miniature de Hounslow pour échanger une petite antenne lumineuse défaillante ! Où est ma nouvelle fantaisie, James ! ? Où est cette belle soirée romantique à Cannes avec Axel ? Où Gérard, le seul être capable de me faire pleurer à me réciter de la poésie ? Où est cette vie grandiose que l'on m'a montré l'instant d'un moment pour me la reprendre ensuite ? Comme ce lundi sera fade, ce retour aux réalités sera fatal. J'ai deux conférences à finir, pardon, une à finir et l'autre à commencer et j'ai ces deux échéances qui m'écrasent le cerveau. Et puis je vais retrouver ce bon Dieu de James juste à côté de moi, j'aurai maintenant le temps de souffrir toute la journée à loisir, juste à le regarder là à côté de moi. Avant je me foutais bien de voir qu'il ne foutait rien, je me disais que les résultats de son travail ne tarderait pas à éclairer ce fait et qu'ils s'en débarrasseront bien assez tôt. Maintenant je vais paniquer à l'idée qu'il ne fout rien. Ce serait bien plus simple s'il quittait, mais encore là, j'aimer mieux l'avoir sous mes yeux et souffrir que de ne plus le voir et de n'avoir rien d'excitant dans ce bureau. C'est déjà suffisamment coincé comme ça là-dedans. 

 

 

Et ce lundi je vais revoir cet Axel, je me demande bien à quoi il ressemble, s'il est aussi beau que mes souvenirs, car j'étais saoul tout le temps que j'étais avec lui. Mais j'ai l'impression qu'il est encore plus beau que dans mes souvenirs, à peine si j'ai eu le temps de le regarder. Pourtant je n'étais que saoul, semble-t-il j'étais drogué ou quoi ? La fatigue sans doute. Cannes me vient à moi ici à Londres dirait-on. Bien. Cet épisode n'est peut-être point terminé. Mais il ne continuera pas à New York la semaine prochaine, car James est un nouveau et n'a pas ce droit à la récompense, il ne peut venir à New York. Au moins Dan, le petit prétentieux, n'y sera pas non plus. Mais ceux qui me détestent y seront tous. Et Lucy, ma troisième amie (des trois seuls que j'ai) est nouvelle également, ne viendra pas non plus. Et Gustavo, mon deuxième ami, s'en va à Barcelone je crois pour une conférence ce lundi et mardi, et compte bien ne pas venir à New York. Avec qui donc vais-je parler ? Il n'y a que les nouveaux qui me parlent et ces nouveaux ne viennent pas ! On verra bien ce que cet épisode de quatre jours donnera, pour l'instant cela ne m'inspire pas. En plus j'ai bien compris que je suis le seul stupide gay de toute cette compagnie de broche à foin. Un record ! Ou alors il y en a quelques-uns qui ont des secrets bien gardés. À moins qu'ils se soient bien assurés, comme dans ces pays d'Europe de l'Est, que j'étais bien marié et susceptible d'avoir des enfants très bientôt avant de m'engager. Pas ma faute si mon Manager s'est mis à lire mon site Internet de long et en large avant de comprendre l'erreur du siècle : un gay a réussi à se faufiler dans les affres de la production de conférences européennes de haut niveau ! Sous de fausses prétentions ! Horreur ! Sa femme est punk aux cheveux rouges et porte une robe de caoutchouc rouge avec une craque à l'arrière qui montre son fessier ! Tout ça c'est de la vielle histoire, on en parlait déjà chez leur plus grand concurrent voilà trois ans, alors que j'avais les six étages à Victoria qui pointaient du doigt moi et ma femme punk lesbienne droguée et enceinte avec de larges sourires ! Je devrai quitter le domaine des conférences complètement pour me débarrasser de ce passé extravagant.

 

 

Je viens de passer l'après-midi à écouter The Smiths et à contempler ma théorie du rétrécissement de l'univers et ma théorie de la relativité universelle. En fait, j'ai passé la journée coincé sur la page : Conséquences de la Relativité de la distance. Ce qui devrait aider ma diète, j'en suis sûr…

 

 

6 Février 2000, Londres (Isleworth)

 

(Suite)

 

Après tout ce que je viens de traverser, comme j'oublie vite l'enfer qui voilà encore cinq jours m'assaillait. Semblerait que rien ne s'est produit. Toujours avant je pouvais me justifier, aujourd'hui je ne le fais plus. Et lorsque j'y suis obligé, les problèmes se règlent rapidement. Communication est donc mon problème. Mais je déteste cette communication. Elle implique que je doive travailler fort, toujours avoir quelque chose à montrer, des comptes à rendre, des justifications. Je déteste me justifier, je déteste communiquer, je déteste travailler à produire des conférences. Et pourtant c'est ce que j'ai fait de mieux jusqu'à maintenant comme emploi. Encore que traduire des nouvelles radio et télévision pour le gouvernement canadien m'a semblé assez intéressant, bien que misérable. Comme je regrettais mes cheveux longs qui m'empêchaient de travailler alors, il me fallait une casquette, aujourd'hui j'admire cette attitude comme si franchement il s'agissait là de mon dernier cri de désespoir. Le dernier signe de combat avant de m'éteindre complètement à tout jamais et de venir travailler dans ce bureau pour les quinze prochaines années. Je comprends maintenant ma femme qui arrivaient avec ses cheveux rouges punks au bureau à Victoria, juste devant les jardins de la Reine. Et qui inventaient des histoires à plus finir afin de rendre la vie plus attrayante, car elle était d'une platitude extravagante. Je crois qu'elle et moi nous nous ressemblions, tous d'eux voulions de l'attention en inventant les plus sordides histoires qui parcourraient les six étages chaque matin. Heureusement où je travaille, bien que cela continue, le tout ne franchit que deux étages. Et tout de même, cela prend des semaines avant que tous sachent ce qui se passe dans ma vie. Heureusement que je travaille dans un environnement anglophone, si ce n'était pas le cas je n'aurais jamais pu garder mon site Internet en ligne.  Cela est bien clair, il m'aurait fallu tout censurer. Ils n'en auraient jamais fini de lire à toute heure et de faire parcourir les rumeurs. Mon Dieu, dans la dernière semaine j'ai été accusé d'incompétence et d'être tant en retard qu'ils allaient annuler ma dernière conférence. Et voilà qu'ils voulaient canceller également ma conférence à Prague à cause de nombre sans cesse très bas de délégués. Et la conférence d'avant, c'était la pire de tout l'année 1999. Et le pire de toute l'histoire est que je n'ai jamais arrêté de m'améliorer, sans cesse mes conférences sont meilleures que celles d'avant, et les conférenciers sont les plus élevés, les plus recherchés, etc., pourtant, parce que l'on me refile les pires sujets les résultats en livres sterling vont en descendant alors que la qualité va en montant. Pourtant cette qualité s'évanouit à travers l'échec. Pour une raison que je ne m'explique pas, la qualité ne paie pas. La merde attire l'argent, et je ne comprends pas cela sinon que le bon peuple adore la merde. Nos pires conférences attirent 150 délégués chacune, mais je crois que seul le sujet fait la différence, et il faut avoir travaillé là longtemps pour finalement produire les sujets les plus courus. Alors je m'imagine toute cette histoire à propos de la qualité, et dans le fond j'ignore de quoi je parle. Mais étrangement j'ai tout de même ce sentiment que ce qui est jugé de qualité n'attire pas le monde. Alors la qualité à mon avis, c'est la facilité. Pourquoi se casser la tête à avoir 15 opérateurs alors que 15 manufacturiers attireront le reste des manufacturiers de l'industrie ? 15 Opérateurs n'attirent point tant les délégués, sinon que l'argent des publicitaires, ça oui. Enfin, je pourrais m'asseoir ici à tenter de soulever le secret du succès des conférences, et justifier mes échecs lamentables, plutôt que de me concentrer sur les lois de la physique qui régissent l'univers et c'est cela sans doute qui m'inquiète. Pourtant j'irais peut-être perdre mon temps en physique et j'avoue qu'il s'agissait là d'une décision très difficile à prendre, retourner aux études pour prouver des théories qui ne font aucun sens, sans queue ni tête. Je suis fou, aucun doute. Tout le monde était contre cette idée, on ne saute pas de la littérature française à la physique me disent-ils, pas à 27 ans, pas lorsque l'on a un emploi dans les conférences qui paie bien, pas lorsque l'on risque de demander de l'argent à sa famille et ses amis. Eh bien, je m'y aventure seul dans cette aventure, et si je crève de faim, ce sera une bonne chose, car ma diète est bien difficile à suivre.

 

 

Ceux qui crèvent de faim ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont, ils n'auront jamais à s'inquiéter de devenir trop gros, laid et rejeté d'autrui. Je me suis fait couper les cheveux assez court hier, aujourd'hui au travail, j'ai eu au moins quatre personnes qui m'ont regardé avec un grand sourire et m'ont dit que cela m'allait très bien. Soudainement on me considère bien davantage, on m'aime bien davantage, je suis un être humain alors qu'avant j'ignore ce que j'étais. Un gros laid sans importance. Pourtant je n'étais pas si gros, mais cela n'en prend pas beaucoup pour que la magie parte. Je tiens cette magie dans ma main pour l'instant, mais je suis encore à la frontière. Il serait bien facile de sombrer de l'autre côté, autant me faire frapper encore et que je ne remonte plus en surface. Qui eut cru qu'il était si difficile de ne pas acheter un christ de bagel le matin en allant au travail ? Je crois que l'on devrait élever les anorexiques au rang d'héros nationaux, car ils accomplissent là quelque chose d'impossible.

Six jours avant mon départ pour Prague. Quelle chance ! Je vais tenter de faire allonger mon séjour de deux jours. Pourtant je sens que cela sera un désastre. Mais je ne voudrais pas regretter de ne pas l'avoir fait. Et si cela ne fonctionne pas, au moins j'aurai essayé. Et je pourrai m'acheter un billet de retour moi-même sur place si jamais je rencontrais là quelque chose d'extraordinaire qui mériterait que je passe là deux jours de plus. Mais l'image de la Tchécoslovaquie que j'ai, c'est celle de Milan Kundéra durant je ne sais plus trop quelle guerre avec la Russie, un État Totalitaire qui m'a rendu malade. Est-ce bien ce livre où l'homme se sent surveillé dans son appartement et doit se rendre aux frontières, à traverser une ville morte… ça me donne la chair de poule… tous ces préjugés. Heureusement que je vais pouvoir me rendre compte sur place de ces préjugés. Je voulais acheter ce livre de Kundéra avant d'aller à Prague, mais franchement, c'est un peu cliché, ça fait Américain à Paris qui se met à écouter Édith Piaf. Pourquoi pas Anna Karénine, si je me souviens bien, c'est le livre que la femme tenait dans ses mains, ce livre qu'elle ne lisait pas mais qui fabriquait l'image moderne qu'elle désirait pour attirer l'attention de ce jeune intellectuel. Ouf, Anna Karénine pour image de la modernité. Je vais vomir. Ah non, ce sera Kundéra avant d'être Tolstoï.

            Enfin, je suis à Londres maintenant, que cela m'ennuie. Ce matin je me disais, ah, si j'étais à Paris, cela en sortant du train à Waterloo. Voilà cinq ans je me serais suicidé si je n'étais pas revenu à Londres. Je me noyais dans mon verre de whisky tous les soirs avec la plus noire des dépressions. Tout me rappelait à Londres. New York et Toronto n'ont pas suffit à me le faire oublier… ah, l'idée d'être demeuré à Toronto aujourd'hui me bouleverse. Comment aurais-je survécu ? Alors que Londres ne suffit même plus. On finit toujours par attraper le mal de la cité dans laquelle on vit… attraper le mal d'une cité comme Toronto, c'est le désespoir absolu. C'est être misérable au possible. C'est comme cette série télévisée tournée à Manchester, et lorsque les deux héros décident de partir pour la grande cité, Londres, ils comprennent que ce n'est pas suffisant. On ne part pas de Manchester pour aller à Londres, on part de Manchester pour aller à Phoénix, Arizona, USA. Et je suppose que les perdus de l'État de l'Arizona, pour eux, ce qui signifie vraiment sortir de leur trou signifie Londres, UK. La vie est complexe.

            À nous deux Prague, car tu es certes l'inatteignable en ce qui me concerne. Jamais je ne pourrais aller vivre et travailler à Prague. C'est comme un rêve si impossible qu'il n'a jamais été considéré. Car si Londres ne suffit plus, Paris non plus ne serait pas à la taille. La Chine et le Japon c'est commun, tout le monde finit par s'y retrouver aujourd'hui. Prague, c'est différent. C'est effrayant, c'est l'Europe de l'Est, c'est la fascination de Staline, l'État de terreur, la Russie. L'enfer et la misère. Je suppose qu'aujourd'hui ils ont exactement les mêmes magasins que j'ai vu à New York et à Cannes ces derniers mois. Là aussi je pourrais acheter un petit ordinateur portatif, bien que j'ai crié partout dans le bureau la semaine dernière que probablement qu'à Prague ils venaient juste de découvrir la télévision. Et est-elle seulement en couleur ? J'en saurais davantage la semaine prochaine. Il est si bien d'être si impolitiquement incorrect, et cela je ne puis me le permettre que parce que je sais que je ne serai jamais publié. Autrement, tout serait pesé au moins quatre fois par le boucher avant que le prix ne soit établi (1.4 fois le prix normal, selon combien de pièces de bœuf la folle achète et selon sa naïveté).

 

 

New York, 13 Février 2000

 

Bonjour ! Comment allez-vous ?

Je vais manger avec Gustavo ! Chez Heaven Burger.

 

 

New York, 14 Février 2000

 

Une nouvelle révolution, j'écris maintenant à l'ordinateur dans l'avion. Mon voyage a New York est presque termine dans une heure trente nous serons a Heathrow, Londres. La seule chose a laquelle je pense a cette heure, c'est James. Aussi triste cela est, puisqu'il n'est pas gay. Mais j'ai cru sentir que lui aussi je lui manque, quand bien même il ne s'agirait que d'amitié. Mes pensées pour lui ont pris un méchant tournant, je me verrais très bien dans ses bras, je l'écraserais contre moi, je lui embrasserais le cou. Ainsi je m'inquiète, car mes sentiments prennent des proportions exagérées. J'espère seulement qu'il sera heureux de me voir, car s'il se sent seul, au moins je pourrai être un ami.

 

Enfin le voyage a New York tire a sa fin et il était temps, car je n'en peux plus. Si j'en revois un seul de ceux la avec qui je travaille dans les prochains 48 heures, je ferai un meurtre. Maintenant je sais très bien que tous savent que je suis gay, je l'ai moi-même crie partout. Mais cela m'a appris que tous le savait bien qu'ils prétendaient ne pas savoir et que Louise a effectivement alerte tout le monde des le premier jour que j'ai commence a travailler pour cette compagnie. Je suppose qu'elle a également raconte la sorte de scandale dont je suis la source, une journée ou j'étais saoul j'ai drague un de nos collègues et bien que je ne me souviens plus qui, mais que je savais qu'il était gay mais qu'il n'était pas intéresse, elle en a fait tout un plat le lendemain cette Louise et elle en a parle toute la journée, très fort, a tout le monde.

 

Lorsque je suis arrive dans ma chambre au quatrième étage du Fitzpatrick sur Lexington Avenue au coin de la 57e rue, Ken était en bedaine. En moins de 5 minutes je lui ai dit : merci de t'être sacrifie et de partager la chambre avec moi, personne d'autre ne le voulait. Je suis gay. La seule personne qui risquera de passer un commentaire c'est George, a part cela tout devrait être correct. Eh bien, en moins de 3 minutes il avait remis sa chemise. Mais après cela, rien d'autre a rapporte a propos de mon co-locataire de Wales, il est bien gentil avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus.

 

Le premier soir nous nous sommes retrouves dans le bar de l'hôtel et j'ai bien vu combien j'étais rejeté. Seul assis a une table avec deux autres rejetés qui travaillent dans un autre département, a l'Internet Marketing. Mais j'étais bien content de ne pas être avec les autres. Mais ils sont venus nous chercher. Il n'y avait rien de végétarien et je me suis retrouve a manger trois bâtonnets de mozzarella, rien de pire pour une diète. Nous avons parle, j'ai beaucoup parle avec la directrice de Marketing, qui je crois m'aime bien, pourtant c'est elle qui est responsable de la crise avec James et son départ précipite qui a été évité à la dernière minute. Je dois dire également que le départ à été évité car j'ai menti. J'ai pris la défense de Sylvia la directrice en affirmant que j'avais tort, elle n'avait pas parle de James, ou du moins elle aurait pu parler d'autre chose. Et puis qu'elle ne l'attaquait pas, mais se sentait coupable et responsable et se justifiait. Ainsi James a repris confiance, il a arrêté de croire qu'elle voulait qu'il quitte son emploi. Pour une fois j'ai bien manipulé tout le monde à l'avantage de tout le monde. Et j'ai eu la chance d'en reparler avec Sylvia, de cet incident. Indirectement alors que je parlais de ma propre expérience chez les vendeurs de whisky, ce grand directeur que j'aurais apparemment insulte.

 

Enfin, après deux bières nous étions libres, alors j'ai téléphoné mon Ed, ce fameux Ed que je n'avais plus revu depuis 1995 (cinq ans). Cette histoire surréelle continuait. J'ai saute dans un taxi et je me suis retrouve a manger au restaurant La Foret tout près de la 88e rue ou Ed habitait a l'époque. A la table j'étais servi, Ed et son copain de grande classe Christopher, et deux de ses amis qui ont une troupe de théâtre, rien que ça. J'ai fait mon show, j'ai charme tout le monde et le lendemain Ed était bien impressionne de ma performance, car il s'agissait bien de cela, être capable de divertir au point ou les autres le disent, et Christopher m'aime bien apparemment, j'ai une très bonne personnalité. C'est drôle que chaque fois que je rencontre du nouveau monde, je fais une impression impressionnante et tous veulent me revoir. Mais au travail c'est le contraire. On me tolère plutôt et parfois même on ne me tolère pas et on me le dit. J'étais bien heureux de les quitter ce soir-la ces monstres du travail qui ne cherchent qu'a détruire ce qui reste d'humanité chez autrui. Après les avoir regarde manger, moi, Ed et Christophe sommes retournes a leur nouvel appartement. C'était très beau a l'intérieur malgré qu'ils disaient que c'était très sale. Christopher étant malade, et cela se voyait, il est allé se coucher et je me suis retrouve avec Ed. Il m'a montre des photos et j'ai eu l'impression d'être un fantôme vivant hors du temps qui chaque 5 ans avait la chance de revenir dans le monde des vivants pour regarder des photos et ainsi voir ce qu'il avait manque pendant son absence. Ed m'a pris dans ses bras a plusieurs reprises, mon bedon ne semble point l'avoir affecte. Il a vraiment autant été en amour avec moi que moi je l'ai été et même je dirais que nous sommes encore en amour et que cet amour ne vaut pas aucun autre que nous avons vécu ailleurs. Il était très près de moi, assis juste a cote, me prenait dans ses bras, mais la fidélité était de mise. Je l'ai compris et d'ailleurs je ne voulais pas détruire son couple. Cela a dure un an et demi avec Christopher, et je ne voulais pas être un élément destructeur. Au contraire, l'amour est mieux sans sexe. Et j'ai vu combien j'aime Ed et que j'aimerais me retrouver dans ses bras. Le lendemain il m'a invite a aller a un party chez un ami qui habite la 21e rue dans le quartier Chelsea, le coin gay, et j'étais bien heureux de m'y rendre après ma journée complète avec le monde du travail.

 

 

Le matin de notre première journée je suis allé déjeuner en bas. Je me suis retrouve a la table avec Gustavo et pour ce malheur j'ai passe la journée avec lui a faire les magasins autour de l'hôtel. Qui eut cru que j'étais le gay ? Il a acheté plein de vêtements qu'il a essaye pendant des heures pendant que j'attendais et n'avais aucun intérêt a rien. Je déteste magasiner. Lorsque nous sommes entrés au Banana Republic, j'ai bien cru qu'il voudrait ressortir tout aussitôt, car je l'ai entraîne la, mais je n'avais pas prévu que tous les vendeurs seraient aussi gays et que toute l'atmosphère du magasin criait : ici, nous sommes gays ! Mais au contraire il était enchante et a dépense plus de 200 dollars en vêtements. Juste avant nous étions dans un magasin d'ordinateurs ou j'ai acheté cet ordinateur portable miniature et il a acheté un laptop pour son frère. Nous avions l'air de riches Américains qui débarquaient dans un pays pauvre et achetaient tous ce qu'ils voyaient parce que les prix exorbitants du pays pauvre sont des prix dérisoires pour le riche. Nous achetions des ordinateurs comme on achète des croissants, car la livre est tellement forte ces années-ci... Après notre journée de lèche vitrine et notre burger au Burger Heaven ou Gustavo est tombe en amour avec une jeune femme du Maroc qui parlait français, nous sommes retournes a l'hôtel. George avait lui aussi découvert le Banana Republic et avait acheté des pantalons tellement tapette que j'ai voulu rire qu'il puisse a la fois être si homophobe mais vanter les mérites d'un magasin évidemment gay qui vend des vêtements que je n'oserais même pas porter moi-même. Enfin, nous sommes allés au sommet de la tour un du World Trade Center, dans un bar appelé Windows on the World. Vue superbe de tout New York au 107e étage et atmosphère très chic. J'y ai discute avec Roberto qui m'a explique comment, a investir 1000 livres a la bourse, il a fait 20,000 livres de profits en moins de six mois. Je ne crois pas qu'il soit gay, mais il est un peu comme James. Ils ont longtemps été rejetés, semblent un peu disfonctionnel en société et se sont construit leur propre petit univers. Ainsi ils m'aiment bien car moi aussi je suis rejet et je leur prête une oreille attentive. Je ne les ai pas juges comme les autres ont fait et bizarrement j'ai avec eux des conversations profondes et intelligentes que je n'aurais jamais avec aucun des autres. En plus Roberto et James sont très intelligents.

 

Je dois arrêté d'écrire, nous atterrissons...

 

 

Londres, 15 Février 2000

 

Je suis dans le train qui m'emporte a Londres. Je vais enfin revoir James, après tout ce temps. J'espère qu'il sera encore la. Je me souviens maintenant de NY et je me sens mieux que ce soit termine. Pourtant j'en garde un bon souvenir, ces taxis jaunes dans New York afin d'aller retrouver Ed sont une passion. 21e rue entre la 5e et la 6e s'il vous plait. Ed a garde sa fraîcheur et certes sa façon de flirter avec le peuple. Il dit que cela l'a apporte loin, dans les meilleurs party en ville avec les gens les plus connus de NY, mais que finalement cela n'avait pas de but et il a arrête de sortir. Après avoir mange au New Jersey de l'autre cote de la rivière, nous sommes allés dans un bar assez plat avec des vieilles new-yorkaises entre autres qui se prenaient pour le nombril du monde. Je suis parti dans les 5 premières minutes pour aller rejoindre ED à Chelsea. Lorsque je suis entre, j'ai bien compris que j'allais encore voir la qualité new-yorkaise en action. Les 30 personnes présentes étaient tous très bien habillées, dernier crin de NY, dont plusieurs avec des gilets moulants montrant leurs gros muscles. Il fallait a mon avis faire de l'exercice et être présentable pour être inclu dans ce cercle d'amis. Comme d'habitude a New York ou Ottawa, tous se tenaient dans la cuisine et quelques-uns m'ont parle. Un super de beau jeune homme qui adorait le Québec et aimait mon accent. Pourtant il est vite parti, et malgré notre longue conversation, est parti sans dire au revoir. C'était la première fois que je me retrouvais avec plus d'une trentaine de gays tous très beaux, n'importe lequel aurait fait l'affaire, et peut-être même j'aurais développé des sentiments pour plusieurs d'entre eux, avant qu'ils ne me rejettent a la rue... heureusement nous n'avions pas le temps. Je suis allé prendre un verre avec Ed ailleurs où nous nous sommes répétés combien nous étions spécial l'un pour l'autre et que l'on s'aimai6t encore, avant que je ne disparaisse dans les rues de New York dans un taxi jaune : Lexington Avenue, coin 57e Avenue.

 

J'en aurais encore long a dire sur mon voyage a NY mais j'en manque même le temps de l'écrire et j'aime mieux parler de ce qui m'occupe maintenant. James que je verrai dans quelques minutes. Mais cette fois il fau6t que je travaille...

 

ici ici

 

16 Février 2000

 

Je n'ai plus rien mangé depuis deux jours, je me suis couche a 4 heures du matin deux nuits de suite, pour terminer cette conférence qui pourtant n'est pas encore terminée, et qui sans doute ne le sera jamais. Hier, saoul, j'ai envoyé des photos a James, dont celle que j'ai pris hier dans le pub, mais les couleurs transformes et il est maintenant vert... aujourd'hui je regrette cette folie et j'espère qu'il ne va pas m'en vouloir. Mais j'ai encore plus honte de ce que je lui ai envoyé deux photos de moi, et pourquoi l'aurais-je fait ? La logique est simple pourtant, celle du pub était pas assez bonne, alors j'en envoye ma meilleure, puis la deuxième fois j'ai envoyé celle du pub. Mais voila, aujourd'hui ça ne semble pas correct... enfin, je verrai. Je suis trop zombi pour continuer, voila Oxford Circus...

 

(Plus tard.) Le jeune con, c'est une cause perdue, je ne crois pas qu'il soit gay. Parfois je le regarde et je me dis, heurk, il perd ses cheveux, on  dirait qu'il va mourir bientot. Et puis d'autres fois je le regarde et je me dis, quel visage, quelle sagesse, quel corps ! Lorsqu'il me pose des questions comme est-ce que Leonardo di Caprio m'intéresse, je me demande si lui ne s'intéresserait pas par hasard. Lorsque je lui demande il me demande pourquoi il s'interresserait. Puis je lui ai pose d'autres questions comme si j'assumais qu'il était gay et chaque fois il a repondu avec une question : pourquoi ecouterais-je Queer as Folk a la tele ? C'est une façon de ne pas rfepondre. Et mes questions a propos de quelles femmes l'intéressent ne sont pas plus fructueuses, il evite les reponses. Pourtant tout le reste m'indique qu'il est straight a mourir et que je n'ai aucune chance. Et j'en ai assez de perdre mon temps, mais il est que je suis très fatigue pour l'instant.

 

18 Février 2000

 

Je suis en etat de choc en rapport a la reaction de James. Il ne supporte plus aucune blague et tout est de ma faute. Il était violemment a me raconter quel enfer je semblais lui faire subir avant que l'on ne ommence a se parler. Je ne m'étais point rendu compte jusqu'a quel point mon orgueil pouvait me jouer un mauvais tour. Il m'a lance en pleine face que je ne lui ai jamais parle avant, que chaque fois que nous avons parle j'ai contredit tout ce qu'il disait, que j'étais vraiment unfriendly et arrogant. Ca m'a fait chier, et son ton en plus. Que cherche-t-il donc a accomplir avec ses crises ? Non seulementg c'est straightg a mourir, mais en plus cqa nous court après comme jamais un gay ne le ferait a cause de sa dignite, et ca vient nous accuser des pires atrocites. C'est lui qui s'est assis a cote de moi dans l'avion (je me souviens, il m'a fait lire un article ou un sideen se lamentait que son amie de fille racontait a tous qu'il allait bientot mourir. Ensuite il m'a demande plusieurs fois si j'avais l'impression que j'allais vivre très longtemps. Quelle belle façon de commencer une amitié, me disais-je !) Ensuite il s'est assis a cote de moi dans l'autobus de Nice jusqu'a Cannes, puis m'a couru après lorsque nous sortions du caffe Roma pour aller vers la plage. Moi-même je ne m'abaisse plus a poursuivre ainsi les gens, ce qui explique que je l'ai complètement ignore au travail les trois premiers mois alors qu'il s'asseyait juste a cote de moi. Pourtant, j'ai bien vu sa jeunesse, sa beaute, j'aurais bien voulu lui parler, et même, l'embrasser, mais de quoi aurais-je eu l'air ? Du Gay qui va s'imaginer des espoirs, qui drague tout ce qui bouge dans le bureau sans arrêt. J'aurais eu l'air d'un pervers, c'est cela prejuges d'autrui, ca fait que je ne parle plus a personne. Je m'enferme dans mon petit univers et je m'enfonce dans l'ordinateur davantage chaque jour. Des extraterrestrès qui nous regarderaient du ciel sans comprendre que l'on regarde quelque chose sur le moniteur, pourrait penser que les humains sont bien bizarres de passer leurs journées ainsi : regarder un bloc an frappant sur une planche toute la journée.  Sans doute seraient-ils davantage surpris de comprendre que c'est aisni que l'on a un toit, un refrigerateur et une automobile. Encore que ces choses ne font peut-être aucun sens pour eux. Enfin, si je suis si monstrueux dans mon arrogance, pourquoi donc me courir après ? Pourquoi toute cette histoire ? Pourquoi moi ? Il est vrai que je m'asseois a cote de lui, mais enfin, Gustavo aurait pu faire l'affaire. Jaz ou Dan également. Mais lui et Dan c'est la competition. George est un monstre, et Marvin et Jaz vivent dans leur propre univers, a se satisfaire de conferences jusqu'a ce que ca sorte par les oreilles. Aussi, ils s0ont tous deux Senior et donc peuvent nous bouffer a tout moment. Leur job est de nous tomber dessus, nous prendre en defaut, nous reprocher d'exister et de prouvwerf qu'ils sont meilleurs que nous, sinon ils ne meriteraient pas leur poste. Ainsi donc, s'il me parle a moi, c'est que tous les autres sont trop plein de bugs psychologiques intenses et que moi, étant gay, j'avais l'air inoffensif. C'est par processus d'elimination, après avoir rejete tous les autres, qu'il a decide de me poursuivre. Encore que je pourrais me tromper. Bref, si je suis si monstrueux, il n'a qu'a me laisser tranquille. Je ne lui ai rien demande et il m'apporte davantage de soucis que de bonheur.  Encore des histoires impossibles... s'il est gay, qu'il le dise au lieu de tourner autour du pot. Et s'il est straight, il n'a qu'a se trouver une blonde et la fourrer au plus sacrant.

 

Aujourd'hui il a installe la photo d'un homme sur son moniteur. Pendant un instant je suis demeure bien perplexe. Je puis bien comprendre qu'il adore le football, mais j'ignorais qu'il aimait tel joueur au point d'avoir sa photo presque encadrée au bureau. Or, les straights ne font pas cela, et les gays ne le font pas dans un milieu de travail a moins d'être très flamboyant. En fait, les seules personnes que j'ai vues faire de la sorte sont les gays encore dans le placard. Ils n'avouent pas être gay, ne s'avouent pas être gays, mais voila que des indices imperceptibles ou flagrants ne cachent point la vérité. Toutes ces choses qu'il semble vivre, il me semble que j'ai passe a travers cela voila dix ans, et lui n'en est encore qu'a ce point. Pourtant, avec toute sa jeunesse, il n'a que trois ans de moins que moi. Alors il doit être un vrai retarde s'il est gay et encore dans le placard. Et le pourra être encore longtemps. Enfin, il m'avouait aujourd'hui entre deux discours moraux sur le fait qu'il ne me dira rien de sa vie, que sexuellement il était assez passionne et excite. Je ne crois pas qu'un gay dans le placard puisse être une bete au lit avec des filles. A moins que ce ne soient des mensonges. Je suis tout a fait confus. S'il me ment en plus, je ne m'en sortirai jamais. Je vois des contradictions, mais je ne peux que m'inventer des histoires.

 

Peut être ne devrais-je pas le juger si severement, comme lui m'a juge. Ca a été une journée particulierement stressante, car a Cannes nous n'avons rien fait, et voila que nous devons écrire des pages et des pages de comptes rendus et que nous devons montrer la centaine de cartes d'affaires que nous avons ramassees et communiquer les resultats de notre epuisante recherche a travers les centaines de kiosques du congres. Alors toute la journée c'était : comment s'inventer des rencontres, produire des cartes d'affaires sur demande, crire une cinquantaine de pages sur des evenements fictifs ? Avoir su, nous aurions ecoute les conferences et aurions rfencontrès quelques personnes, cela aurait été plus facile. Mais nous e6tions tellement mort que l'idee de traverser le Palais des Festivals était suffisante pour nous faire vomir. Il a fait enormêment ded stress toute la journée et moi je m'amusais a l'accuse de choses qui ne sont pas vrai. Alors il a pris le temps d'exploser pour me reprochber de lui reprocher des mensonges alors que moi j'en ai beaucoup des choses a me faire reprocher. Et la il m'a lance une liste. Le pauvre, il ira mieux demain sans doute.

 

18 Février 2000

 

Hourra ! En ce vendredi matin assez deprimant sur Londres, alors que je n'ai ni dormi ni mange de la semaine et que je suis dans un 4etat lamentable, voila que ma toute dernière paire de pantalons hier me semblait trop grande et que ce matin mes trois plus petites paires me vont mieux que jamais ! Même lorsque j'ai commence a travailler voila 9 mois, ces trois paires étaient trop petites... ce4 matin est cause pour celebration ! Maigrir lorsque ol'on est gors est 8une des choses les plus difficiles a accomplir. C'est tellement chiant et impossible qu'il faut presque un mir5acle pour nous convaincre qu'il est temps de prendre cela au serieux. Poujrtant, si l'on comrenait vraiment les consequences, jamais nous ne devrions gros. Soudainement je suis tellement plujs beau ! En plus, on me parle bien deavantage, multipliant mes chances de deboucher quelque part plus rapidement. Je me sens bien mieux aussi, je puis monter les trois étages au travail sans même y repenser (je n'arrive pas a croire que j'en étais a prendre l'ascenseur pour eviter de suer (et aussi mon asthme). Malgre la grosse lasagne degueulasse et les frites que j'ai mange hier, parce qu'avec le nombre d'heures que j'ai dormi je pensais perdre connaissance si je ne mangeais pas, aujourd'hui je n'ai jamais été aussi mince que depuis mes premiers mois sur Cavendish Square voila deux ans.

 

Bon, maintenant j'en reviens. Quel matin deprimant aujourd'hui a Londres. J'espère que James sera de bonne humeur et qu'il ne me chantera pas des betises. Je vais l'inviter a prendre un verre après le travail, je pense qu'il s'invente maintenant des raisons pour ne pas me voir en dehors du travail. Il evite de venir pour une demie pinte sur l'heure du midi maintenant. Enfin, on verra.

 

Bon, comme je pensais, il a evite que l'on se voit en dohors du travail. Mais il a de bonnes raisons, il va a une conference puis s'en va a Manchester or whatever chez ses parents. Le cordon ombilical n'est pas encore coupe, il a ce besoin peut-être croissant de retourner au nid ou sa mere le couve comme un œuf informe. Ce matin nous étions ensemble au training du nouveau systeme e-mail et pour la première fois je l'avais très près de moi, je pouvais aussi le regarder de proche. Aucun doute, il est vraiment beau. Le voir nu serait deja quelque chose d'impressionnant. Je pense qu'il doit en avoir une grosse, car il estn grand et mince. Cette image qu'il lit il n'est point froid ou insecure me tue. Juste a imaginer qu'il prend plaisir a faire l'amour avec une femme et jouit comme un malade m'acheve. Je crois qu'il tente de prendre ses distances, sans doute, comme d'habitude lorsque je me fais de nouveaux amis, je suis alle trop loin. Je l'ai aliene. Mais ce n'est pas si grave. Je ne suis plus a l'age de vouloir me faire des amis, au contraire, je suis tellement ecœure de tout que je veux juste la paix. En plus je n'ai plus aucune patience pour rien. Je snap très rapidement et j'envoie chier tout le monde. Redevnir beau a perdre du poids semble avoir un effet devastateur sur moi, car maintenant j'ai une pretention supplementaire a mon actif, je ne suis plus un gros laid que l'on ignore, j'ai droit a toute l'attention de tout le monde. Alors je suis encore plujs monstrueux que jamais. J'espère encore cependant que redevenir beau va avoir l'effet contraire et m'arrêter d'être constamment frustre. Cela me redonne gout a la vie et je vois enfin qu'il y autre chose que le travail, bien que je passe le clair de mon temps a travailler. Je me tenais très près de lui, trop près de lui, mais il ne semblait pas embarrasse, ou pret a me repousser. Je le regardais, il me regardait, nous nouws regardions, et c'est bien. Sauf qu'a un moment donne il devenait un peu trop a l'aise et indecent et qu'il mimait fumer son stylo comme s'il humait un joint, et je me suis distance car dans la salle nous avions le Managing Director des telecoms, et le Managing Director de tout a la maison mere. Nous n'étions que six dans cette salle et nous devions nous envoyer des e-mails et attendre les rfeponses de tous a une question. La question que j'ai posee était : Devrions-nous prendre le reste de la journée Off ? Question a laquelle je n'ai recu que des reponses positives, sauf du Managing Director des Telecoms. Mais au moins j'ai recu une reponse positive du Grand Managing Director de la Compagnie. Pourtant je suis au travail cet après-midi. Je n'ai aucun respect pour l'autorite. Je m'en fous.

 

Christ de tabarnack de Christ de Calice d'hostie ! Ce n'est pas tant que leur christ de systeme de metro est pourri a mort, non plus que pendant 30 minutes je me suis gele le cul a Oxford Circus, mais plutôt que l'on m'a ferme cette stupided grille au visage et que pour 5 secondes de retard j'ai du endurer 30 minutes de froid et d'attente !

J'ai envie de toutes les tuer ! Ca termine une christ de semaine d'enfer, pourrie au maximum, preuve que la vie fait vraiment chier.

 

Enfin, ils ont rouvert les portes, j'ai manque le train par 4 minutes et j'ai pris le premier train direct pour Richmond une minute plus tard. Souvent lorsque je suis coince ainsi, je fait autrement que de rentrer directement chez moi. Comme s'il s'agissait d'un signe qui m'indiquerait que la destinee m'appelle et que je ne doive pas rentre a la maison immediatement. Sait-on jamais, je rencontrerais peut-être l'amour de ma vie, encore plus beau que James et qui demeurerait tout près de chez moi. Et bien que parfois je pense également que la destinee n'a rien a voir avec ca et que essentiellement je ne fais que profiter de l'occasion  pour deriver encore plus une fois que l'on m'a lance hors track, c'est une bonne chose. Car alors il m'arrive des evenements inconnus, des choses distrayantes et il s'agit la d'une mo6tivation a exister. Mais voila, a Richmond je me suis avanture au pub gay, mais ils ont pris plujs de trois minutes pour me servir, j'ai eu le temps de me rendre compte que le beau monde avait l'air un peu trop pretentieux et je suis parti. Tous les magasins v enaient juste de fermer, comme d'habituide. Je me demande bien commentg ils espèrent vendre quoi que c4e soit alors qu'ils ne sont ouvert que lorsque l'on travaille. Enf9in, j'ai repris ce bus piteux entre Richmond et Hounslow, je retourne a Isleworth, et rien ne s'est produit. Rien de distrayant ou motivant. Au contraire, je n'ai fait que perdre un temps fou et m'epuiser dans les trains et autobus. Alors question destinee, a quoi aurait-il donc servi que l'on me bl,oque l'entree a Oxrford Circus et que cela me prenne deux heures pour retourner a la maison ? A rien. La vie fait vraiment chier...

 

21 Février 2000

 

J'ai passe le weekend a telecharger des choses sur le net pour mon nouvel ordinateur, et je me rends ce matin, en me rendant au travail, que j'aurais peut-être du vivre et respirer. Aussi je suis content d'aller retrouver mon nouvel ami au travail, celui qui m'a redonne l'espoir que l'on  peut toujours rencontrer quelqu'un n'importe quand, mais un bilan de notre relation de ces derniers jours m'indique que ca ne va nulle part. C'est clair qu'il a un probleme, mais ne m'en parlera pas car l'occasion ne s'y prete plus. Nous étions amis a Cannes, mais de retour a Londres nous sommes collègues. Il existe cette chance qu'il soit gay, mais il est bien trop coince si c'est le cas. Il est plus probable qu'il ne soit pas gay et qu'en plus il evite de venir avec moi sur l'heure du midi. Aussi je doute que nous allions jamais prendre un verre après le travail. Pourtant la frequence de ses messages e-mail me laisse songeur. Je doute qu'il m'en ecrira autant cette semaine, mais nous verrons. Enfin, j'avais hate de retourner, mais plus maintenant,. Je souffre parce qu'il n'a pas un intérêt aussi marque envers notre amitié et que je ne puis plus me contenter de messages e-mails alors que nous n'osons même pas se regarder.

 

Stephen a encore passe un weekend infernal parce qu'il avait une entrevue ce matin avec une compagnie qui fait partie du groupe de sa maison-mere. Le stress l'a presque mange vivant. Plusieurs fois il a tente de commencer des crises, heureusement il s'est calme rapidement chaque fois. Il n'a pas dormi cett nuit. Il ne se doute pas que si je suis au regime c'est que j'ai bien l'intention de faire du changement. Je veux être avec quelqu'un que j'aime, dont je ressente quelque chose lorsque je pose ma tete sur sa poitrine. C'est lui maintenant qui vient a moi pour le sexe, une fois par semaine, car moi-même y ait perdu tout intérêt. Une transition ne sera pas facile, quant a mon avenir en Angleterre, il était une surete, cela fait cinq ans que nous sommes ensembles et les lois auront eu le temps de changer d'ici deux ans. Sans doute il serait facile de demeurer au pays en disant que nous sommes un couple. Mais cela ne sont pas des raisons suffisantes pour ne pas être avec la bonne personne. Sil me faut partir, je partirai. Même si c'est en plein milieu de mes etudes. J'irai les terminer au Canada. Mais il serait difficile d'emporter mon nouveau copain avec moi, Patrice qui retourne au Canada en fait l'expérience avec son Alex. Comme Patrice dit : Canada, l'Etat totalitarien, quand on en vient a parler immigration. Les amours internationaux, chez les gays, sont des amours impossibles.

 

Eh bien ce n'est point si pire. Il me parle beaucoup et veut me voir ce midi. Cependant je crois maintenant être certain qu'il n'est pas gay. Il sera donc juste un ami, mais un bon ami je suppose.  

 

Cannes, 21 Février 2001

 

Christ, y'a pu rien qui fonctionne, ils nous disent absolument rien, ils nous installent sur ces kiosques d'information dans le Palais des Festivals, mais on en sait moins que les déléguées à propos d'ou est quoi. Alors j'ai bien dû envoyer 4000 personnes au mauvais endroits toute la journée, et là je suis dans la salle B de conférence et je suis stressé au maximum. On m'a donné un microphone, on m'a envoyé sur le balcon, et on ne m'a rien dit à propos que les microphones sont ouverts seulement lorsque le chairman a identifié qui peut poser une question, en plus le chairman ne voit pas la galerie du haut. J'ai manqué me lancer en bas du balcon pour apporter un microphone qui ne fonctionnait pas, ensuite il n'y a pas d'allées bien définies afin d'atteindre les poseurs de questions. Résultat, j'ai écrasé les pieds d'au moins 10 personnes. Et puis j'ai couru partout pour leur signifier que ça ne marchait pas. Et je suis mort car il fait une chaleur effrayante dans ces salons. C'est tellement grand, c'est tellement mêlant, les suites hospitalité, les tentes à l'extérieur ou les délégués mangent et s'enregistrent, ou vont dans le troisième pavillon d'exposants, ou les suites sur les bateux gigantesques loués par différentes compagnies. Il y a quatre conférences qui roulent en même temps et il y a 480 exposants. Et nous devons tout savoir, nous ne savons rien, et c'est très peu professionnel. Je suis tellement fatigué, en plus j'ai trouvé le moyen de ne venir qu'à midi ce lundi et 9h hier, alors que les deux jours je devais être sur place à 6h45.

Je pense qu'ils s'en sont rendus compte, mais ils n'ont rien dit. Aussi j'ai trouvé le moyen de ne pas me retrouver en arrière d'un ordinateur une seule fois dans la tente d'enregistrement. Et ce matin je n'ai aidé nulle part, au contraire je suis allé entendre Richard Branson, le Chairman de Virgin, et son éclatante présentation publicitaire avec des films, de la musiqueé un vrai show fait pour la télévision. On ne se demande pas pourquoi il a tant réussit dans la vieé avec de telles entrées et sorties théâtrales. Ce soir il y a des célébration partout, les tentes de Siemens, Motorola c'est au Planet Hollywood, Nokia, Lucent Technologiesé Alcatel. J'ignore encore ou l'on va, alors que je voudrais bien juste aller dormir et manqué le fameux feu d'artifice à 19h30 en face de l'hôtel Carlton. Ces pauvres Cannois doivent en voir de toutes les couleurs, le congrès est beaucoup plus grand que le festival du film et ils ont construit au-delà de 10 tentes gigantesques sur les plages. Et hier Cannes TV voulais m'interviewer moi parce que je suis le seul sur les 120 personnes de ma compagnie londonienne qui parler français. Hier ils n'ont pas pu venir, alors peut-être aujourd'hui ou demain je vais m'adresser au tout Cannes au complet pour leur dire c'est quoi ce monstrueux congrès qui a pris d'assaut leur ville. Comme vous pouvez voir j'ai très peu de pression sur mes épaules.

 

 

 

22 Février 2000

 

Un très bon ami, oui. Aujourd'hui nous sommes alles au pub. Nous avons beaucoup parle et rit et devenus bons amis. J'ignore d'ou il tire son idee que je pourrais être un genie, mais comme cette idee lui tient a cœur, je ne l'ai pas contredit. Qu'il s'imagine que je suis un genie est une bonne chose, bien que je sais ne opas l'être, mais maintenant lorsqu'il me regarde avec ses yeux charmants, je me demande si c'est parce qu'il m'aime ou m'admire pour ce que je ne suis pas. Ce matin il y avait deux un message de lui dans mon ICQ. Il m'a envoye un e-mail via ICQ, or mon numero d'ICQ ne se trouve que par une recherche sur ICQ ou l'Internet. QU'a-t-il donc fait hier ? Puiis il m'a ajoute a sa liste de contacts de ICQ, Phamtom1 qu'il s'appelle. Je me demande s'il s'agit de lui, mais je doute qu'il puisse s'agir de quelqu'un d'autre, la date de naissance est 1970, ce qui est consistant avec ses 24 ans. Puis, ce qu'il n'avait sans doute pas prévue est que ICQ nous avertis lorsque c'est l'anniversaire de quelqu'un, et aujourd'hui c'est sa fete ! Je suis bien convaincu qu'il ne me l'aurait jamais dit. Que devrais-je lui acheter ? Ou que pourrais-je faire pour son anniversaire ? Enf9in il me semble devenir un bon ami. Je m'inquiétais pour rien hier matin.

 

Hier il s'est beaucoup questionne sur ces filles qui s'étaient intéressees a moi a Cannes, d'autant plus qu'aucune ne s'est intéressees a lui. Pourtant je suis bien convaincu qu'il n'a aucun probleme a trouver une blonde, mais a mon avis il cherche fort et en plus je pense qu'il a un blocage psychologique, mais peut-être pas. Enfin, je ne me surprendrais pas si, même en étant hetero il finisse dans mon lit, mais cela je veux eviter a tous prix. Je ne veux pas de lui sil n'est pas gay. Quelle sorte de monstre peut aller avec un gay quand il est straight ? Je finirais par en souffrir un méchant coup. S'il est pour trouver une blonde, j'espère qu'il la trouvera au plus vite et me laissera tranquille.

 

J'ai confondu, c'est pas sa fete, il n'est pas Phantom 1. Il a dit ne pas venir au pub, mais il est venu. Il est vite reparti par contre et s'est assure que je n'allais pas partir avec lui. Je crois qu'il commence a s'inquièter avec son image. Encore une fois aujourd'hbui quelqu'un de la compagnie est venu, cela ne lui a pas fait plaisir. Il est très beau, mais je ne crois pas qu'il y ait un futur ici. Demain il ne viendra pas au pub, ca je le sais, car il n'aurait pas du venir aujourd'hui. Cest assez bizarre et je ne suis pas sur d'aimer trop cela. Il m'a demande si les filles du Canada aimaient le Dry Sex, c'est a dire faire l'amour sans enlevfer leurs vêtements. Ou va-t-il chercher cela ? Il a dit qu'il a couch4e avec deux et que son ami aussi et que chaque fvois c'est la même histoire. Finalement je lui ai dit que je n'en savais rien, que je ne m'interrais pas aux femmes canadiennes (je m'en fous-tu tu penses ?). Cette histoire n'a pas d'avenir.

 

Bon, j'ai maintenant la certitudee qu'il ne soit pas gay, cependant, et c'est la l'intérêt, les filles ne le trouvent pas suffisamment beau et semble incapable de trouver une nouvelle blonde. Je me demande bien pourquoi, pcq il est très beau, malgré qu'il est vrai qu'il semble perdre ses cheveux et que cela ne se voit que lorsque je transforme sa photo en vert. Je lui ai d'ailleurs envoyee cette photo, il ne m'en a pas reparle. Je me demande jusqu'a quel point sa situation est desespèree, suffisamment pour se dise très seul et miserable a Londres. Pourtant il n'a aucune attache, il peut sortir tous les soirs n'importe ou, il y a plus de 14 millions de personnes a Londres. JMoi je suis attache et ca complique les choses. Donc, sans doute pourrais-je poursuivre et peut-être qu'eventuellement je coucherais avec, mais je crois que je vais plutôt oublier ca. C'est une perte de temps et je ne crois pas qu'il aimerait trop cela, se contenter de moi parce qu'il ne peut se trouver de blonde. Il va falloir que lui-même fasse toutes les demarches a partir de maintenant s'il veut med voir ou aller au pub. Car moi je retourne a mon anonymat que je n'aurais jamais du quitter. Merde, s'il n'était pas venu me parler aussi, je continuerais ma vie normale et en plus j'aurais termine ma conference et mes rapports bien plus tot. Et je n'aurais pas ce desir immense de rencontrer quelqu'un qui me fasse reagir a l'idee de me poser la tete sur son epaule. Rencontrer quelqu'un de nouveau avec qui partager quelques mois sinon des annees est impossible. Je ferais peut-être mieux d'oublier cette idee et de recommencer a manger comme un porc.

 

Londres, 23 Février 2000, The Cocq Tavern

 

Mon  Dieu, qu'ai-je fait ? J'ai trop bu hier et j'ai envoye un de ces e-mails a James qui disait des choses assez

crues...  Je me souveins de lui avoir dit que je l'aimais et j'ain repete au moins cin q fois que je voudrais le prendre dans mes bras, oh merde, aussi que je vouedrais me retrouver nu avec lui ! Aujourd'hui il est tout panique, il comprend a moitie car j'ai ecrit en français, et il voulait rompre les ponts entre lui et moi parce qu'il s'imagine que j'ai perdu la tete et il affirme ne pas être gay.

 

Je ne crois pas qu'il viendra au pub ce midi, je crois qu'il va prendre ses distances. Pourtant il a passe l'avant-midi a m'écrire des e-mails. Je crois que l'intérêt que je lui porte l'intéresse, même s'il ne peut aller plus loin. Je suppose que parce qu'il dit que peu de femmes s'intéressent a lui, quiconque s'intéresse a lui est une bonne nouvelle. Tient, il vient d'entrer au pub... sans doute il veut sa traduction. Mais aussi, comment interpreter cela ? Je l'ignore. Enfin, j'ai mis de la vie dans notre amitié. Encore quelques gaffes et toute notre semaine sera remplie et aura été excitante. Faut voir cela comme ca. Il vient de me dire que je devrais continuer a écrire, qu'il n'est pas intéresse a parler, il est venu pour lire son Paul Auster, The Art of Hunger, moi qui suis a la diète. Peut-être aussi est-il embarasse ?

 

Je suis maintenant au pub The Escape a Soho ou j'attends Patrice. James est venu me rejoindre au pub, je crois qu'il voulait savoir le contenu du e-mail. God, cela a tellement été embarassant de lui dire que je disais que je l'aimais et que j'aimerais le prendre dans mes bras et le squezzer. Il a semble effraye a cette idee. Finalement il n'a pas trop reagit, tout est maintenant revenu a l'ordre. Ce soir il est tout excite parce que England joue contre Argentine, football-soccer, ca m'a fait debander. J'ignore ce qui m'a passe par la tete, c'est clair que quand quelqu'un aime le football, il est straight !  Enfin, je pense que je vais finir par decrocher... Certes, je ne suis pas en amour par-dessus la tete, alors ce n'est si pire. Mon Dieu, je viens de me rendre compte que je lui ai fait lire le resume de la Révolution et que cela dit que le personnage principal va mourir bientot. Il va aller s'imaginer que j'ai le sida et que je vais bientot crever. D'autant plus qu'il avait l'air obsede par cela dans l'avion qui noujs emportait a Cannes. Devrais-je lui en reparler ? Je verrai.

 

29 Février 2000

 

Retour au travail après l'episode traumatique de vendredi dernier. Encore que j'en suis encore a elaborer, identifier, quoi était le plus traumatique. Enfin Stephen lui est entre dans une depression, convaincu que j'ai rencontre quelqu'un, et m'a a peine parle ces trois derniers jours. Le tout a commence mercrfedi sooir passe ou j'ai rencontre Pat et son copain Alex a l'escape. Alex semblait très intéresse a moi et toute la soiree ne faisait que des allusions a notre possible union après le départ de Patrice. Avec toute cette histoire que je ressemble a la seule personne qu'il a aimee, j'ai cru que peut-être il était intéresse et le lendemain par messages electroniques utilisant nos téléphones mobiles, nous avons echange toute une conversation assez amoureuse, jusqu'a son dernier e-mail ou il m'annoncait qu'il aimait Patrice. Eh bien j'ai fait une crois instantanee la-dessus et cela me soulage, je ne pouvais pas le prendre, il est a Pat (bien que d'habitude il n'est pas jaloux et m'ait dans le passe donne son Stephane le temps d'une nuit, dans ce cas c'est different).

 

Le lendemain j'étais encore dans un pub de Londres avec James, après avoir cherche un endroit ou des genws de la compagnie pour laquelle on travail n'y était. J'ai comme d'habitude raconte des niaiseries toute la soiree, me rapprochant de lui davantage, au risque de tomber en amour complètement alors que c'est une histoire impossible  puisqu'il s'intéresse aux femmes, et le lendemain il disait que cela avait été une soiree ou il s'est amuse, ce qui était rare. D'habitude il va au pub avec ses amis et peu après avoir commence le rituel de la boisson, tous deviennent silencieux, ils boivent serieusement afin d'oublier leur existence, ils sont comme en transe. Ainsi il s'est amuse. En plus il pense que je suis un genie. Voila pourquoi je pourrais l'avoir au pub avec moi tous les soirs de la semaine, mais cela ne pourrait jamais aller plus loin. Pour preuve le lendemain ou je lui ai pince une fesse a la blague et qu'il a bien failli faire un infarctus.

 

Le lendemain Gustavo nous invitait a découvrir ce que lui fait dans ses temps libres pour s'amuser. Comment trois collègues assis un a cote de l'autre peuvent appartenir a des univers si différents. Moi je suis perdu dans le monde gay de Londres, un univers bien différent de tout le reste, James n'a aucune manière et ne fait qu'aller se saouler au pub tous les soirs a courir les matches de football dont Burnley joue, George est un homme marie qui ne sort plus de chez lui, Marvin est marie a son emploi et ne semble plus sortir du bureau, sa blonde fait de même et Gustavo. Gustavo lui a de la classe. Premièrement il nous a emmène a Mezzo, un chic restaurant de la ville a Soho ou il nous a explique comment il trappait ses blondes a les emmener dans ce restaurant pour une facture de 80 livres. Je veux bien croire qu'il peut se le permettre, ses bonus étant très élevés dans le moment. Il nous a également explique que le problème était que lorsqu'il emmenait une fille dans cet endroit, elles voulaient toujours revenir, ce qui était bien sur hors de question. Nous avons parle, moi, James, Gustavo et Nick, après tous quatre s'être lève a exactement 17h30 pour quitter le bureau (le front arrière comme je l'appelle, nous sommes tous assis dans la fenêtre du fond) au lieu de 18h00 pour enfin déguerpir du bureau. Après m'avoir insulte plusieurs fois a raconte les histoires maintenant célèbres de mon mariage avec une lesbienne punk sado-maso etc., et tout autre de mes extravagances, nous sommes partis pour the Atlantic Bar a Soho ou il avait réserve pour quatre, il était sur la guest list ! nous évitant ainsi de faire la file. Oh, a l'intérieur c'était chic et luxueux. Il disait que c'était l'endr0oit de rêve afin de rencontrer les plus belles femmes avec de la classe de Londres. Pourtant ces gens qui se donnaient un air de classe n'en avait pas. Gustavo a sorti des cigares et nous avons fume comme si nous étions sur le Titanic et que nous alliions couler d'un moment a l'autre. J'ai bien du dépenser plus de £100 dans ma soiree, quel con je suis. Si je ne me sentais pas a ma place, il fallait voir James, qui lui etit même incapable de pretendre s'amuser. Il s'emmerdait. Jusqu'a ce que l'on rencontre deux belles filles potentiellement interessantes. Malheur, l'une d'elle travaille pour notre compagnie et 4est d'une pretention a tout casser. L'autre travaillait avec moi a la première compagnie pour lauqelle j'ai travaille, puis a travaille pour ma compagnie actuelle avant que je n'arrive. L'une d'elle a été eliminee d'emblee car trop ridee... cela n'en laissait plus qu'une, celle qui disait que nous nous étions rencontrès a Cannes, mais j'étais deja trop saoul pour m'en souvenir. Enfin, Gustavo semble developpe des tactiques assez impressionnantes car sa premier tache était d'eliminer ses concurrents et avec moi cela a été facile. Après 30 secondes, il avait deja trouve le moyen de leur dire j'étais gay. En ce qui concerne James, la bitch pretentieuse elle-même disait qu'il était beau, mais jeune. Quelle insulte ! En plus il était intéresse a elle, elle est trop poufiasse pour s'en rendre compte et elle ignore ce qu'elle a manque. Tant mieux. Enfin, la seule raison pourquoi tous étaient la bien sur c'était pour ramasser quelqu'un et avoir une aventure d'un soir. Sous pretexte que les trois hommes près de nous étaient gays, les deux filles sont parties en coup de vent et après avoir découvert que ces hommes n'était pas gays (quel hasard !) l'une d'elle s'est finalement en aller faire l'amour avec un intello a lunettes. L'autre, j'ignore son sort. Enfin, j'ai parle avec ses filles modeles toute la soiree et après tous ses insucces avec les filles, James et moi avons decide de partir. A ce moment il est disparu, mais m'a téléphone sur mon mobile car il y avait un message avec la musique du bar. Il m'a donc attendu, c'est moi qui suis parti sans l'attendre je suppose. Je ne croyais pas qu'il voulait m'attendre. D'ailleurs ce lundi au travail il n'a que des choses a me reprocher. Lui pincer une fesse, le courtiser devant tout le monde, comme il dit : j'étais en dehors de mon arbre. Il ne veut plus me voir le soir pour une biere et ne me verra que quelques midis par semaine, car c'est trop ! Il n'en peut plus ! Il pense que tout le monde le sait qu'il m'intéresse, ce a quoi j'ai repondu que c'était impossible puisque tout le monde ignore que l'on se voit sur l'heure du midi ou que l'on s'est vu après le travail un soir... Mon Dieu qu'il faut être coince pour s'inquièter autant avec autrui, pourtant je le comprends bien et certes je regrette amerement. Je ne crois pas qu'il viendra ce midi au pub (il est deja 15 minutes en retard) et cela me soulage. Je n'ai point besoin d'une seconde conscience, la mienne suffit.

 

Si seulement ce fameux vendredi c'était terminé là, au bar l'Atlantic. Mais au contraire, c'est là que tous les problèmes ont commencé. J'étais complètement saoul à Piccadilly Circus et je devais me rendre à l'ouest jusqu'au Parc Osterley. Eh bien en marchant dans la rue j'ai téléphoné Marco. Quelqu'un s'est arrête en voiture à côté de moi et me parlait, pour une raison que je ne comprends pas aujourd'hui, je leur ai donné mon téléphone. Comble de malchance, le con a refermé la fenêtre et a demandé à Marco s'il fourrait en faisant l'amour... il a manque en faire une crise cardiaque. Marco se demandait où j'étais, avec qui j'étais. Hélas, il allait encore avoir des surprises avant que je n'arrive...

 

En effet, en descendant le premier escalier roulant à Piccadilly Circus, une petite fille dont il m'est impossible de me souvenir si elle paraissait normale ou anormale, peut-être une handicapée, descendait tranquillement avec son père. À la vue de cette petite fille de 5 ans peut-être, je me suis tourné vers le père et j'ai crié : Oh Mon Dieu ! Le vieux s'est mis a me poursuivra travers la foule en criant : qu'est-ce qu'elle à ma petite fille ! Alors j'ai pris peur et j'ai poussé tout le monde sur les escaliers roulants espérant échapper au vieux qui semblait prêt à me frapper. J'ai couru tant que j'ai pu sur la plate-forme, mais quelqu'un m'a poursuivi et frappé au visage de son poing. À ce moment je n'avais qu'une idée, ne pas tomber sur les rails et sauter dans le premier train. Je me suis faufilé jusqu'au dernier siège, les deux mains dans le visage et la rage m'a monté comme jamais elle n'a monté dans ma vie. J'ignore si c'est le vieux qui m'a frappé ou un autre parce que j'ai poussé tout le monde sur l'escalier roulant, craignant justement d'être frappé par l'autre. Eh bien, je ne m'étais jamais rendu compte combien il était facile de recevoir un bon coup de poing dans le visage. Il suffit d'insulter une petite fille ou de pousser quelques touristes, et puis quoi encore. Toute ma vie on m'a ridiculisé, insulté à l'école, et même au travail dernièrement, et jamais personne ne semble avoir payé pour toute cette souffrance que j'ai endurée. Le lendemain je me sentais tellement coupable pour cette petite fille, mais plus maintenant. Je le referais demain matin. Le peuple est tellement pourri et c'est définitivement une jungle où le plus fort s'en sort. La morale, le respect, j'ai toujours, semble-t-il, avoir été le seul à éprouver cela et mettre cette bonté en pratique, et maintenant c'est terminé. La prochaine fois je frapperai le père avant qu'il ne puisse réagir. C'est lui le problème, pas moi. Au diable sa petite fille dont dire au père "oh mon Dieu" a failli me coûter la vie en dessous d'un train et d'être dévisagé pour le reste de mon existence. Je suis bien prêt à regretter deux jours durant une maladresse irrespectueuse, mais il y a une limite à ce que je dois payer. J'étais tellement enragé, que lorsque je suis enfin sorti du train et que je marchais vers l'appartement, il y avait encore une femme dans mon champ de vision au bout de la rue. Et j'étais comme fou, je ne pouvais plus concevoir que toujours il devait y avoir quelqu'un la devant moi qui puisse me juger, qui d'un seul regard me rende inconfortable, m'oblige à me cacher, à ne rien dire, etc. Je criais comme un défoncé : ôte-toi de ma vue ! Va-t-en ! Out ! La femme s'est mise

à courir comme une folle. Rendu à la maison, j'étais dans un piteux état, je me suis mis à pleurer comme un malade. Cela faisait une heure que j'avais déjà remis toute ma vie en question, j'allais me suicider là sur le coup, j'allais moi-même me lancer devant les rails du prochain train, et franchement je ne m'explique pas que je ne l'aie pas fait, car jamais je n'ai eu une telle conviction qu'il était temps que je meure, que j'en finisse avec les platitudes de l'existence. Dans le fond, je venais de comprendre que ma vie est d'une nullité et d'une futilité morne à mourir. Que la vie n'est que cette stupide succession de terribles événements qui n'apportent que la souffrance et la misère. Que j'étais incapable de nommer une seule raison au pourquoi je voudrais vivre, à endurer cet enfer. Et puis je me suis calmé et je remettais en question mon emploi et Londres. Je retournerais au Canada le plus tôt possible. Je n'allais plus retourner au travail, je n'allais plus rien à voir avec cette vie misérable. J'étais traumatisé, complètement terrorisé, enragé. À ce moment et durant la journée suivante, j'aurais pu me refermer sur moi-même, m'enfermer à l'intérieur et ne plus jamais en sortir, regretter à l'infini mes actions, avoir peur du bon peuple de Londres chaque fois que je sors. Mais au contraire, je suis devenu le pire des monstres. Je ne veux plus de conscience, je ne veux plus de bonne manière, je veux une guerre et je veux la gagner. Il n'y a plus personne qui puisse se tenir devant moi, je m'en vais te les anéantir, les détruire, tous les tuer. Ma patience, je ne connais plus ce mot. Je suppose que c'est ainsi que les criminels commencent, après avoir été frappé par la police, il n'existe qu'une issue, comprendre qu'il n'existe point de justice, ou de morale bonne à suivre. Tout est éclaté et l'on va vivre. You fucking bastards ! Pour qui tu te prends ? Tu pourrais me frapper pour une insulte bien subtile ? Ou parce que j'ai un peu poussé ta blonde dans la rampe de l'escalier ? Pourquoi pas me tuer ? Cela suffira-t-il ? Faut-il aussi exterminer la station en entier ? Well, oui, je le pense.

 

Je me fous bien du petit James aujourd'hui et ses petits tracas parce que je lui ai pince une fesse à la blague. Pourtant, un geste si simple et insignifiant m'aurait emporte dans une cours de justice pour abus sexuel si j'avais eu le malheur de pincer la fesse d'une femme. Cela m'aurait ruine pour la vie au niveau carrière, sociétaire, monétaire et mental. Pas trop de justice sensée en ce monde. S'il faut mourir pour avoir eu l'audace de vous regarder, alors que toute sa vie on a subi les plus sordides traitements d'autrui, eh bien mourrons après vous avoir decapites.

 

Voila, j'ai perdu beaucoup de temps a tenter de sauver une ame perdue, celle de James, et maintenant je fais face a un licenciement immediat. Il semble a mon manager que je n'ai rien fait depuis un mois et bien que nous sommes alles a cannes et New York, je dois avouer que j'ai fait très peu de choses... Alors cette nuit je ne dormirai pas, je vais écrire une conference et faire une recherche complète. Cela me sauvera peut-être mais je n'en ai pas l'impression. J'ai plutôt l'impression que demain on va me faire comprendre que peut-être ce n'est pas le bon emploi pour moi. Il est impossible que ce ne soit pas le cas, ou alors j'aurai une entrevue de l'enferf ou l'on me posera 50 questions impossibles a repondre. Je suis fatigue de toute maniere, je n'en peux plus. Je crois que je vais remettre ma demission moi-même. Je vais commencer a travailler a temps partiel pour des agences pour les derniers six mois avant de commencer mes etudes. Je crois que c'est le plus sage. Je pourrais également téléphone l'autre compagnie de conferences mais je n'en peux plus. Je crois que j'ai besoin d'un changement radical. Et de toute maniere je suis accule au pied du mur. Je vais travailler toute laq nuit, mais cela ne me sauvera pas. De toute maniere, il sera impossible de terminer cette conference a temps. Quand bien même je travaillerais pendant trois semaines tous les jours 24 heures sur 24. Et puis, ma dernière conference n'a pas un seul delegue, encore une fois. Ca ne sert a rien de se battre, tout est contre moi et ce n'est pas entierement ma faute. Demain, si un quelconque meeting se presente et qu'ils me questionnent, je leur dirai tout simplement que je quitte, que j'ai perdu ma motivation, que je retourne aux etudes de toute maniere et qu'ils me font tous chier ! Merveilleux ! Je me demande si je vais me sortir de cette situation ? J'ignore comment je vais payer mes etudes, je serai oblige de travailler a temps partiel. Le cœur veut me sortir ! Je suis incapable d'écrire...

 

1 Mars 2000

 

Comme prévu j'ai recu un des e-mails les plus dures de toute ma vie, une sorte de preambule pour un meeting ou l'on m'annoncerait la fin de mon emploi. Mais j'ai eu le temps de repondre, me defendre et j'ai du trouver les bons arguments, et les convaincre que je terminerais cette conference a temps coute que coute, car ils n'ont pas trop panique a l'entrevue. Au contraire, ils ont cherche des solutions a mon probleme. Maintenant la question est la suivante : que ce serait-il produit a ce meeting si je ne m'étais pas defendu d'abord ? J'ai tout mis sur le dos de la directrice du Marketing. Dieu merci elle a eu le temps de se lamenter a mon sujet, cela m'a donne un avantage extraordinaire. Je l'ai accuse d'incompetence et que si j'étais tant en retard, c'était purement sa faute. Qu'elle fasse son travail sans me demander de le faire a sa place. Eh bien je crois que cela m'a sauve. Et puisqu'elle est directrice, mon manager et son accolyte ne devraient pas la denoncer. Cela ne rebondira donc pas. Maintenant, si je travaille 16 heures pas jour pendant trois semaines, sans doute cette conference sera terminee a temps. Misere...

 

Ce que j’ai écrit dans le train après m’être fait frappé  :

 

it/ is/ extraordinary, how one thing can change your klife,.... i just/ Been hit in the faceby someone at piccadilly circus wand it s the end of it.../ i am rweadyu olto leave for canad.... crazyk,n i could qasault anyine, ic ould kill i want to die... i thought of it,i qam readuy to jumo in front of thed next un dergrtoundrem, ioi dont bgvicven a sgit an7yjmiore....

(Ib coukls kill niw...

 

 

 

2 Mars 2000

 

Je suis arrive en reatrd au bureau. Une heure et demie est tout ce dont quelqu'un a besoin pour aneantir le reste d'une carriere deja pas mal amochee. Premierement j'ai envoye un seul e-mail a trois collègues pour leur donner une voie a suivre, malheureusement j'ai copie quelqu'un qui ne devait pas l'être. Toute une histoire ! Voila que je fais face a une cancellation absolue de deux jours sur cinq de ma conference a Prague la semaine prochaine. Qui eut cru qu'il était aussi simple de s'autrodétruire et se precipiter dans les egouts sans l'aide de personne ? En moins d'une minute tout le bureau était au courant, les rumeurs se sont promenees plus rapidement que la vitesse de la lumiere, ce qui prouve hors de tout doute que ma theorie sur la relativite est vraie. Bon Dieu, tout dans cet univers est relatif, sauf notre emploi du temps au travail et nos collègues. Eux ils sont comme coules dans le beton arme et rien ne les ebranlera. J'ai un mal de tete du tonnerre, je m'en retourne a la maison avant d'exploser, afin de travailler sur ma conference, enfin la terminer, au travail cela est impossible. J'ai du sortir du bureau pour aller respirer dehors, et puis a mon retour je leur ai annonce que je travaillerais a la maison. J'étais a un doigt d'exploser. Et maintenant je me fous bien de mon sort. J'aimerais mieux retrouver n'importe quelle vie miserable a mendier que de retourner dans l'enfer de ce bureau et cette pression insoutenable, et ces erreurs qui te menacent toi, ta vie, ton existence... Deux personnes dormaient encore sur le bord du trottoir en sortant de la station a Oxford Circus, et je me disais en les voyant, quelle chance vous avez ! Car j'aimerais bien mieux avoir passe la nuit dehors a Oxfrod Circus dans un sac de couchage et ne pas avoir de compte a rendre a personne le lendemain, que de souffrir l'enfer de la dernière heure et demie. Tout cela s'est passe si rapidement, que c'est effrayant. J'ai eu le temps d'envoyer une dizaine de e-mails, surprendre la co-ordinatrice en train de montrer ces e-mails a la fille du Marketing, sortir marcher dehors, revenir pour ressortir en un eclair. Et maintenant je suis complètement mort. J'ignore comment je vais travailler rendu a la maison, je n'ai plus la force.

 

2 mARS 2000

 

Ou suis-je ? Au retro bar de Charing Cross. J'ai cherche Pat p\artout, a Soho, a Charing Cross, introuvable. Alors  je suis venu ou la musique est bonne. Je suis au premier étage, on a joue Skin Trade d4e Duran Duran, version originale, cela m'a accroche. Et je me suis dit, je ne vais pas au deuxieme si la prochaine chanson n'est pas bonne. Or, c'était A-ha... Hunt0ing High and Low, alorts je suis assis au premier. La troisieme chanson n'est pas si bonne, je opense aller au deuxiem/e. Un homme me regarde, un peu vieux. '

            Quelle histoire, un fils de riche, qui n'a rien a faire de sa vie, et qui encore s'est 4echappe. Qu'il aille chier, je n'en ai rien a foutre... !  J'ai passe loa sxoiree avec James... je ne me souviens plus de quoi nous avons parle, mais je sais qu'il voulait me voir juste parce que je le fais rire. Pourtant, en personne, l'homme se sent attaque a l'idee que je pourrais le sucer. Il dit qu'il me tuerait avant de me laisser le sucer. Comment en est-on arrive sur le sujet ? Il repete cette stupide expressin française : "suce ma bite", ce a quoi je reponds toujours : bien sur, n'importe quand, n'importe ou. Alors l'homme ne fait apprecier que ma compagnie parce que je le fais rire. Il doit s'emmerder pour vrai avec autrui, pour ainsi supporter ma presenced pour un rire alors qu'il est si évident qu'il me frapperait si je tantais de le toucher. Il en a une peur tedrrible. Si je le touche un peu trop, il se met a paniquer.... et je dois avouer que j'adore cela. Il voulait que j'aille le rejoindre au Garage ce soir, a Islington... ce que je donnerais pour être libre d'aller le rejoindre... mais j'ai Stephen, et c'est son anniversaire... triste, mais pas autant que de savoir que l'autre est straight a mourir et qu'il me faut l'oublier...

 

6 Mars 2000

 

Londres, encore aujourd'hui. La vie est déprimante... j'ignore pouquoi c'est si déprimant, je ne peux assumer que le Canada l'est encore plus à cette époque de l'année. Le travail est ennuyant, mais je pars pour Prague dimanche prochain jusqu'à vendredi, ce qui n'est pas pour me déplaire finalement. Tout pour ne pas voir leur visage au bureau. Je suis tellement à bout de nerfs que si ma directrice vient me voir pour me dire bonjour, je crois que je me lèverai, briserai mon ordinateur et crierai : that's it, I'm out ! La nouvelle Indienne parle beaucoup, woman talk, une vraie chipie. C'est drôle de voir la directrice et la senior producer se mettre à parler comme des connes, elles s'adaptent selon les circonstances et d'habitude les circonstances ne permettent pas ce genre de langage. Je m'en fous.

 

7 Mars 2000, Ryan's Bar

 

            Voilà que je vais prendre une verre avec James qui a presque explosé aujourd'hui au travail et que Stephen lui vient de recevoir une sorte de mise à pied subtile qui dit qu'il doit réappliquer s'il reveut son emploi. Cela semble légal. James lui m'avoue que rien dans cette existence le motive à demeurer en vie et qu'aussitôt que ses parents meurent, je soupçonne aussitôt que son père meure, il se suicidera. Et j'ai Stephen qui m'a téléphoné plusieurs fois alors que je n'ai point entendu la sonnerie, et qui veut sans doute lui aussi se suicider. Charmante journée en perspecvtive, alors que moi-même je me bats comme un défoncé contre les  deadlines et les problèmes au travail, on me surveille tant qu'aujourd'hui j'ai presque explosé et quitté mon emploi. Je n'en puis plus, cela me tue. C'est le mois de mars, et je le comprends mieux que quiconque, car depuis 10 ans je souffre ce calvaire chaque année et je sais qu'à chaque fois uje survie, bien que chaque fois bien des choses sont remises en question. Et cela ne se fait jamais facilement.

            Je comprends ce soir pourquoi j'ai insulté cette petite fille l'autre soir. Ou le père plutôt. Après deux pintes de bières seulement je comprends tout. C'est que lorsque je suis un peu en boisson, je développe un mépris marqué pour tout et pour tout le monde. Je suis prêt à les tuer autant qu'à me suicider. Je n'ai plus aucun respect pour rien, sans doute parce que je ne puis voir qui que ce soit me respecter. En fait, autrui me fait chier comme ce n'est pas possible. Qu'ils voudraient bien juste ma mort que je le comprendrais très bien. James m'imitait aujourd'hui, comment ridicule était notre emploi, mimant un appel téléphonique à Dieu sait qui, que l'on tente d'avoir sur notre programme de conférence. Cela m'a tout à fait convaincu que je faisais la job la plus insipide et insignifiante de la planète. Plus inutile que les conférences, cela ne se fait pas. Pourtant l'on endure la prétention, l'enfer, le calvaire. Dans le train ce soir j'ai deux Finlandais en vacances devant moi. Swedish, pardon, je viens d'entendre Sweden. Eh bien. j'ai juste envie de me lever et de les frapper. Sans doute le vieux travaille pour Ericsson (alors qu'il travaillerait pour Nokia s'ils venaient de la Finlande). Or, cela je ne puis plus le supporter. En plus il est gros et laid alors qu'elle est jeune et belle. L'aime-t-elle ou aime-t-elle autre chose ? Les voyages à Londres par exemple, le rythme de vie. Sans doute elle s'amuse davantage lorsqu'il est aux conférences. Peut-être également s'emmerde-t-elle dans ce temps là... la pauvre, c'est alors qu'elle ne sait pas ce qu'elle manque.

            Alors que James semble vraiment savoir ce qu'il manque, pourtant ce n'est pas là un argument. Il veut mourir, il n'a jamais trouvé le bonheur, pas même avec une femme, et il est prêt. Pourtant ce soir il a répété qu'il avait besoin d'une femme (de la sauter sans doute). Pourtant il sait que cela ne le rendrait pas heureux. Misère...

 

Isleworth, 7 Mars 2000

 

(Suite)

 

Tellement de rêves, de choses à voir et à comprendre, tellement de choses extraordinaires loin de cette réalité quotidienne et infernale je pourrais voir et accomplir aujourd'hui, que je me morfonds plutôt dans l'amertume et le désespoir. Entourés cette fois de gens encore plus misérables que je ne le suis, alors que trop souvent ces dernières années je me retrouvais seul au monde à mourir dans ma peine.

 

8 Mars 2000

 

Christ que j'en ai ma claque. Une journée de plus et j'exploserai, c'est certain. En ce moment il me faut toute la volonté du monde pour ne pas sauter au visage du premier étranger venu et lui démolir la face. Je suis tellement rempli de rage que je pourrais facilement tuer quelqu'un. Comment un crétin qui revient de 6 jours de vacances en ski vient me faire chier comme c'est pas possible. Christ, pourtant je travaille du 16 heures par jours depuis deux semaines, je continue de m'enfoncer, il m'accuse d'incompétence, me prend à défaut sans cesse, je lui ai lancé bêtement que je devais partir, j'allais manquer mon train. Si demain il m'attaque encore, je vais lui annoncer que c'est terminé, je quitte la compagnie dans un mois. Et j'aujouterai que pendant le prochain mois il va me ficher la paix ou je ne reviens plus du tout. Je ne me ferai pas marcher dessus comme ca...

            J'aimerais pouvoir oublier ma journée, la semaine, ma vie, car franchement cela n'en vaut pas la peine.

 

9 Mars 2000, Syon Lane

 

J'ai décidé de prendre moi-même les décisions, il ne me semble pas que le tout me tombera du ciel. Trop longtemps j'ai attendu après le ciel et si parfois une seule petite chose insignifiante et passionnante survient, c'est probablement par erreur. Je m'en vais passer à l'action malgré Stephen qui vient de perdre son emploi et risque peut-être d'en trouver un nouveau dans peut-être seulement quelques mois et qui paiera bien moins. Malgré que j'avais tant besoin d'argent pour survivre l'an prochain à l'université de Londres, et une sécurité jusque là. Malgré tout, je n'en peux plus. Je m'en vais me garantir les finances et leur annoncer ensuite que je quitte dans un mois. Je crois qu'ils seront heureux, je pense que c'est ce qu'ils veulent de toute manière. Je m'en vais faire la demande de edeux cartes de crédits de plus et je vais me sécuriser un prêt de la Banque Royale de l'Écosse, ma banque à Londres. Et je vais m'inscrire à ces agences et prendre des emplois temporaires un peu partout. Aussi, il me faut développer ces contacts avec ces agences maintenant, ainsi elles pourront me faire confiance et me respecter même si je ne pourrai plus tellement travailler en septembre. Aussi je pourrai avoir du temps libre si je le souhaite... l'argent de toute manière est inutile, je la dépense toute de toute manièere en trois jours. Je me sens déjà mieux depuis que j'ai pris certaines décisions. Maintenant je dois mettre en action ce prêt. Le plus tôt possible. Je vais téléphoner ce midi. Disons que je souhaite £6000, emprunté sur une longue période. Cela règlerait bien des problèmes.

            Je vois que je suis au bord d'exploser. Je n'ai plus du tout aucune patience. Si une seule personne a le malheur de me dire quoi que ce soit aujourd'hui, je vais exploser, c'est certain. Je ne me ferai plus marcher sur les pieds, c'est terminé. Mon seul regret est que je ne pourrai jamais le frapper, lui, la cause de mon malheur, ce manager.

            Je viens de faire les démarches pour un prêt de £7500, afin de garantir ma sécurité pour cette année et l'an prochain. Je viens de radoter une série de mensonges à ma banque afin de recevoir cet argent et après sans doute je serai plus libre. Et je pourrai agir.

            Je suis mainteant au Ryan's Bar au 52 Wells Streedt, j'attends que James arrive, il est encore coincé au Jamies ou tout le bureau est en ce moment. Moi je suis parti très tôt, c'est plus prudent. Si je bois trop je commence à faire des folies et je me suis rendu compte dernièrement que je n'ai même plus besoin de faire de folies, les autres se chargent d'en inventer et de les porter à mon compte. Ce damné Gustavo qui n'en finit plus d'en inventer sur mon cas... je me demande bien pourquoi. Encore quelqu'un d'inoriginal qui a besoin de l'originalité même inventée d'un autre afin de paraître dire quelque chose d'intéressant. Déjà qu'il ne lui suffisait pas d'emmener tous les jeunes à l'Atlantic Bar, il se devait de leur prouver qu'il pouvait se payer le luxe parce que lui  a tellement reçu de bonus. Il n'arrête point de répéter que son IPQoS va lui remporter Tching Tching, ce qui signifie le bruit d'une machine à sou.... au moins £20,000... alors oui, l'enfant s'amuse à impressionner les femmes et cela fonctionne, lui il a l'argent et tous les jeunes devront avoir travaillé là pendant plus d'un an avant de produire ces grosses conférences. Pourtant il a le même titre que nous.

            James vient de me téléphoner, il ne vient plus me rejoindre au Ryan's, il est coincé au Jamies... très dangereux qu'il boivetrop et qu'il parle trop, et surtout à mon sujet...Ce qui est bien inquiétant. Car je lui ai tout raconté, que je n'en pouvais plus et préparait ma sortie. Un DJ fera la musique dans quelques minutes, c'est le moment ou je partirai. De toute manière, Stephen est en crise, encore trop de choses se sont produites dans sa vie aujourd'hui. Pour quelqu'un qui a trvaillé dix ans au même endroit sans trop d'histoire et une stabilité presque absolue depuis 5 ans, chaque jour une planète lui tombe sur la tête. Et il veut me raconter tout cela tout à l'heure. Cela me donne envie de ne pas rentrer, aller partout ailleurs plutôt. Déjà que je n'en pouvais plus de le voir en train de mourir sur le sofa tous les soirs, il dort toutela soirée sur le divan, il dit qu'il récupère d'avoir arrter ses drogues. Barnack, ça fait deux ans qu'il récupère d'avoir arrété. Le con récupère sans cesse parce qu'il arrête puis recommence sans cesse. Une fois il m'a dit que cela pouvait prendre six mois avant qu'il redevienne normal. KLa semqaine dernièere il m'a dit au moins un mois, ainsi donc voilà un molis il en prenait encore. Et sans doute ces planèetes qui lui tombent sur la tête au travail le dirigeront directement encore là-dedans. Alors il n'existe point d'espoir et moi-même il me faut faire un ménage complet dens ma vie.

            Encore six minutes et je pars... je retourne à Isleworth... à reculons. Mon Dieu aujourd'hui le manager est venuj près de moi, je croyais qu'il allait me parler, la panique s'est emparée de moi, une véritable panique. Le gars m'a complètement traumatisé. Je croyais que j'allais m'évanouir, alors mème qu'il n'était pas venu me parler. Je crois que cela démontre l'étendu de mon calvaire, de son pouvoir sur moi et ce désir de me libérer de cette emprise. Personne n'a le droit d'avoir un tel impact sur ma personne, car alors vaut mieux mourir. Et certes, j'ai bien d'autres choses à vivre ailleurs.

            Je suis dans l'Underground. J'ai retéléphoné James dans l'autre pub, il semble incapable de sortir. L'argument principal étant que l'alcool est gratuit et qu'il n'a pas d'argent. Merveilleux, et c'est justement la raison pour lquelle il faut partir, parce que l'alcool est gratuit. Sans doute il paiera cette stupidité, demain ikl me racontera les pires histoires, ce qu'il a fait et qu'il n'aurait point du faire, et moi je m'en fous. Ce n'est pas vrai mais j'en ai assez de tenter de sauver l'Univers alors que je ne pense qu'à me suicider. Je devrais penser à moi d'abord, mais cela est bien difficile. Et demain le con veut aller prendre un verre, alors que je lui ai déjà dit que je ne pouvais pas. C'est con un homme, comme c'est pas possible. Qu'il s'étouffe dans sa bière et je lui souhaite bonne chance au travail. Moi je serai déjà loin.

            Je ne sais plus quoi faire pour faire passer le temps, je suis dans le train à Waterloo et je m'ennuie pour mourir, je souhaite être à la maison. Mais cela est bien stupide, que vais-je donc y faire ? Qu'est-ce qui m'attend là-bas ? Sinon que les histoires de Stephen et ma dépression. Car je regrette déjà ne pas être allé rejoindre James, mais trop souvent je me suis fait avoir, être avec les collègues et faire les plus grandes erreurs que parce que je voulais  n'en voir qu'un se8ul qui en plus n'en valait pas la peine car jamais il ne sera intéressé en moi. Pourquoi il insiste autant pour que j'aille le rejoindre est un mystère pour moi, jamais je n'insisterais pour qu'une fille revienne à un party de bureau, je ne comprends pas.

            Je viens de rentrer, j'ai écouté tous les problèmes de Stephen, et quand c'était finalement mon tour à raconter la journée que j'ai eu, il n'a rien voulu entendre. Même qu'il me reprochait de vouloir quitter mon emploi que parce que l'autre aurait pu me parler. Il ne comprend pas, et je n'ai pas même la force de me justifier. C'est d'ailleurs devenu un grand problème, je ne justifie plus rien, je m'enferme dans ma bulle, je prends mes proprès décisions, enfin je reprends contrôle. Je n'ai pas eu la chance de lui dire que j'ai fait un prêt de £7500, je m'en fous. Le monde me fait chier comme c'est pas possible et j'en ai ma claque. Lui, c'est vraiment le temps aue je m'en débarrasse. Mais le problème est qu'aussitôt que je pars d'ici, je dois payer un logement. Or, à Londres, cela est impossible. Il me faudrait plutôt retourner au Canada, je ne pourrais tout simplement pas retourner aux études à Londres si je dois payer un loyer. Je lui ai lancé ma bière par la tête et comme par hasard il frottait encore le téléviseur une demie-heure plus tard. Il voulait sans doute que je me sente coupable, puisque ls bière s'est ramassée sur la télé, eh bien non. Je ne me sens pas coubale du tout. Au contraire j'ai une rage en dedans de moi si grande que je pourrais détruire n'importe quoi sur le champ et jamais je ne le regretterais. J'en ai assez de tout. Il est 21h08, comme hier je m'en vais me coucher si tôt.

 

9 Mars 2000

 

Ah mon Dieu ! Les émotions ce matin ! Deux messages sur mon téléphone portable, le premier que j'ai eu bien du mal à déchiffrer semblait être une déclaration d'amour de la parft de James. Il disait : 'Roland, for posterity I am saying this : I am on Oxford Street, I just got my clothes nicked, I love you !' Je ne pouvais pas en croire mes oreilles ! Tout de suite j'ai écouté le deuxièeme message, s'il se démentissait, c'est que j'avais bien entendu. En effet, il racontait : 'Roland, fortget everything I said in my last message, I do not mean it, see you at work.' Parfait, c'est exactement ce que j'attendais. J'étais aux anges, je ne me comprenais plus, j'ai passé près de lui envoyer un message qui disait : 'I cannot believe it !', ou "What is all that bullocks ?', ou 'I love you too !'. Mais j'ai décidé d'attendre sa propre réaction ce matin, car je ne pouvais le croire. Ou cela demandait bien de la finesse s'il avait besoin d'être si saoul pour l'avouer et que moins de 30 minutes après il avait déjà suffisamment dégrisé pour me dire que ce n'était pas vrai. Ma vie au complet en a été remise en question complètement. Pendant un instant je pensais que plus rien n'importait car je l'aurais lui dans mes bras. Avec cette énergie sous le bras, j'étais prêt à confronter les affres de l'enfer, le travail et Stephen. Soudainement le rêve s'est écrasé sur le sol, et toute mon énergie également. Pourtant j'en ris, car c'est tellement ridicule. Son premier message, c'était : 'Roland, I am on Oxford Street, for posterity I am saying this, I am necking with Nikki Mackareth and I love her !' Inutile de dire que je suis tombé de ma chaise. Mais tout de même cet épisode m'a rendu heureux. La rage que j'ai éprouvée toute la semaine semble partie. Ainsi au travail, je n'exploserais pas au premier sign, mais ils devront vraiment m'en faire subir avant que je n'explose et leur annonce ma démission. Je me suis réveillé ce matin avec le cœur gros, je regrettais amèrement ce gigantesque prêt de 7500 livres qui deviendra £10,400 en 5 ans. Pourtant, dès que j'étais davantage réveillé, j'étais convaincu que le temps était bien choisi. Cela aurait été mieux dans six mois, mais les six prochains mois semblent trop incertains. Enfin, il me faudra bien me rendre à l'évidence, James est straight pour mourir, il neck avec celle qu'il a déjà dit vouloir necker avec alors que nous étions à Cannes, et comble de malheure, la sotte, après qu'il lui ait dévoilé son amour, via un message qu'il laissait sur mon répondeur automatique virtuel, elle lui a annoncé qu'elle n'était pas intéressé en lui, mais bien plutôt au Managing Director de la compagnie et qu'elle comptait bien l'avoir ! Je me demande pourquoi James n'a pas été anéanti par cette déclaration. Peut-être ne l'aime-t-il pas tant que cela. Maintenant, pourquoi donc me téléphoner pour me laisser un tel message ? Par méchanceté ? Pour prouver qu'il était straight et pouvait se ramasser une fille ? Parce qu'il voulait indirectement lui communiquer qu'il l'aimait ? Juste parce que cela lui tentait, sur un coup de tête ? J'ai l'impression que c'est peut-être toute ces raisons. La méchanceté serait plutôt impossible. Mais disons plutôt un règlen de compte. Je crois qu'il n'a pas aimé cette compétition à Cannes, ou plusieurs filles s'intéressaient à moi, d'autres s'intéressaient à d'autres, mais finalement personne ne s'était intéressé à lui. Hier c'était un cri triomphant : regarde, je l'ai embrassé, elle m'a sauté dessus, je l'ai senti partout, c'est une slut. Et ce matin il ne regrette rien, il sourit, il dit qu'elle sera bien embarrassée de venir au troisième étage. Il pense même que cela ne fera pas le tour du département. Le pauvre. C'est la plus courrue de toutes les rumeurs, deux employés surpris dans un coin noir au party de la veille à s'embrasser en public et à se manger, se frotter, s'avaler. Mais pour lui ça semble être une gloire, une victoire, pour résonner son message de la veille sur mon téléphone moible qui disait en français : '...sans profit ni victoire...', ce à quoi j'ai répondu : '...sans motivation ni raison...'. Je lui avait dit de sortir de là avant qu'une telle chose se produise, il a commis le pire des crimes, aujourd'hui il aura baissé dans l'estime de tout le monde, il sera la risée de tout les télécoms, et sera répété comme un gros saoulon incapable de se contrôler pendant au moins la prochaine année. C'est con un jeune inexpérimenté. On leur dit, mais ils n'écoutent. Donner des conseils est tout à fait inutile sur cete planète, il faut toujours apprendre par soi-même. Et cela estg une bonne chose. Alors arrêtons tout simplement d'échauffer les oreilles d'autrui pour rien. Laissons-les s'écraser le nez, ils n'apprennent que de cette façon de toute manière. Enfin, il a une arme terrible contre elle, cette rumeur de première classe qu'elle est intéressée au Managing Director. Mais je crois que cela est calculé de sa part. Elle veut que tous le sache, elle le veut. Ou alors s'est qu'elle souhaitait se débarrasser de James lorsqu'elle a vu que cela devenait sérieux, et qu'elle ne voulait pas coucher avec lui. Il m'a t.l.phon. alors qu'il était dans son bain ce matin, que cela devait être beau à voir, pourtant avec ce qu'il avait à me dire...

            Mon Dieu, Embankment, je suis presque arrivé au travail... misère... vais-je survivre cette journée ? Mon Dieu, faites que oui ! (La survivre en gardant mon sourire toute la journée, disons...)

 

13 Mars 2000, Hilton Prague

 

Je suis enfin à Prague, charmante ville d'environ 1,200,000 personnes. J'ai été malade comme un chien ces trois derniers jours, je n'ai plus dormi depuis tout ce temps. Aussitôt que je tente de dormir, je commence à tousser à avoir chaud et froid, je fais de la grosse fièvre. Je suis un véritable zombi. Et ce matin c'est le premier workshop et je suis bien mal à l'aise parce qu'il y a très peu de délégués et que les organisateurs ont beaucoup dépensé en publicité. Finalement j'ai fait plusieurs erreurs, dont un e-mail que j'ai copié à l'un d'entre-eux et qu'il ne devait pas voir, en rapport à toutes les manigances que l'on use pour leur cacher la vérité à propos du nombre de délégués. Ainsi ce matin j'étais bien embarrassé de les voir et je ne suis pas allé me présenter. Aussi, ce qu'ils n'ont pas compris est que je suis tant malade que je suis en train de souffrir un cauchemar. Vers onze heures je suis allé me coucher pour le reste de la journée, et je suis retourné en bas alors que c'était terminé. Le regard de celui qui a organisé le workshop m'a tout dit, je ne serais pas surpris que cela revienne contre moi, ils vont aller se lamenter à mon directeur. Pourtant, j'ai la meilleure des raisons, je suis très malade. Une fièvre qui n'en finit plus. Tout de même, je me sens coupable. Je n'ai pas agit trèes professionnellement. C'est moi le producteur, il me faut être là, il me faut aller les rencontrer... ce que je m'en fous maintenant. Ce voyage en République Tchèque tourne au cauchemar, je suis trop malade, personne n'est content parce qu'il n'y a pas suffisamment de délégués (comme si cela était ma faute), et comble de malchance je dois terminer une autre conférence moi cette semaine et j'ignore comment je vais accomplir cela. Premièrement il me faut accès à l'Internet, ce qui n'est pas une chose facile dans un hôtel alors que les coups de fil coûtent une fortune. Et puis ce soir les publicitaires construisent leur kiosque et bannièere, et je devais être là mais je n'y suis pas, je ne puis supporter ces gens d'aujourd'hui qui semblent enragés contre moi, comme si j'étais responsable de tous leurs maux. Heureusement ma coordinatrice est efficace et avec son large sourire et ses grosses lèvres pulpeuses, elle les a tous gagné en leur cœur. Tant mieux pour elle. Tant mieux pour eux. Peut-être repartiront-ils satisfaits après tout. Demain j'ai bien l'intention de reprendre le contrôle sur ma conférence, et ces crétins je les ignorerai encore, mais ils ne m'influenceront pas. Qu'ils aillent au diable.

            Je suis littéralement dans un cas de panique. J'ignore pourquoi, sans doute ces cons d'aujourd'hui, et ma culpabilité d'être si malade. C'est typique, comme lorsque je suis allé en France sur la Canal du Midi je suis malade comme un chien et incapable de dormir. Et cet emploi me tue, il me tue complètement. Il me reste moins de six mois avant de commencer mes études en physique, mais je ne pourrai pas tenir jusque là, je vais me faire sauter la cervelle bien avant. Il me faudra un miracle pour terminer cette conférence à temps, ils pourront me détruire à nouveau même si je termine à temps. Car c'est la troisièeme fois que je suis en retard et cette fois-ci, même si je réussissais à terminer à temps, toutes ces réunions à propos de ce qu'il fallait faire avec cette conférence parce que j'étais tant en retard, ne les a guère amusés. Je viens de voir cette pauvre fille nettoyer ma chambre, elle ne parle pas un mot anglais ni français. Elle est habillée avec un uniforme rose à jupe très courte, ce qui lui donne un air de petite fille de 6 ans. Elle tentait de m'expliquer que elle n'avait pas terminé le nettoyage, jamais je n'ai eu tant de misère à comprendre quelqu'un de ma vie. Son langage est tellement éloigné du français et de l'anglais qu'il m'était impiossible de tenter de deviner. Bref, je suis sorti. Dans son trolley elle avait un petit toutou rose tout sale, comme elle, et j'en ai presque pleuré. Je me demandais qui de nous deux était le plus misérable.

            Eh bien, James aurait été fier de lui. Lorsque nous arrivés à Prague hier, nous sommes directement allés manger au restaurant. Le premier gossip qui est sorti de la bouche de Nicola concernait James et Nikki, leur embrassade de la veille ou ils s'étaient mangés devant tout le monde. Ils n'ont certes pas été discrets, et voilà que ces stupides rumeurs se promènent même jusqu'en République Tchèque. Eh bien, si notre homme a un problèeme avec l'homosexualité et qu'il soit important à ses yeux que personne ne doutent son orientation, il a certes réussit. Lorsqu'il m'a invité au Garage à Islington l'autre soir, et au pub The Ambassy ou apparemment il drague une des wserveuses, il m'a clairement spécifié de ne point mentionner à…

 

13 March 2000, Prague

 

(Suite)

 

            Je m'ennuie terriblement, je me sens tellement perdu et abandonné, seul ici à Prague, malade comme un chien, à faire face sous tous les fronts à des monstres qui m'en veulent comme ce n'est pas possible sans que je comprenne vraiment. Stephen me manque. Drôle à dire, c'est de lui et non de James que je m'ennuie. Je regrette avoir dormi avec l'autre Stephen, je regrette de l'avoir trompé encore et de l'avoir inquiété cette nuit-là. J'aimerais pouvoir être dans ces bras et ne pas avoir à confronter les monstres demain. J'aimerais mieux mourirque de retourner au bureau un jour et de confronter mon manager. Je relisais le e-mail qu'il m'a envoyé l'autre jour, m'accusant des pires choses et m'ordonnant une réunion ou l'avenir de ma conférence et le mien seraient discutés. Et moi qui suis malade, je sens cette fièvre qui revient comme chaque nuit, je sais que je ne dormirai pas.  Et demain, le nez bloqué et le cerveau en fusion, je devrais présenter le monde et prendre des notes pendant trois jours...

            Il vient de m'arriver une expérience bizarre. Écœuré de devoir penser que ma compagnie paiera une fortune pour tout l'eau que j'ai besoin, je suis allé à un garage appelé OMV je crois pour acheter les quatre petites bouteilles que j'ai déjà bues et acheter deux moyennes bouteilles et deux grosses comme réservoir. J'ai vu qu'il y avait beaucoup de Mercedes sur la rue, comme en Allemagne, et à l'intérieur je devais me taire afin que l'homme à la caisse ne comprenne que je venais d'ailleurs et quadruple son prix. Alors il m'a posé une question que je n'ai pas répondu et lorsqu'il a dit le prix, je n'ai rien compris, mais je lui ai filé un billet de 500 Koruna. Ça m'a couté 262 Koruna, environ 5 livres. Un DVD (The Matrix) coûtait £10 au lieu de £20. Je ne crois pas qu'il peuvent voir avant que je ne parle que je ne suis pas un Tchèque. Je trouve cette idée enchantante, qu'à Cannes, Londres, New York et même à Prague, personne ne sait qui je suis avant que je ne parle. Enfin, je dois paranoier encore, je ne crois pas qu'il m'aurait chargé davantage, mais j'ai lu sur le net que c'était courant ici de charger davantage aux étrangers, et je n'aime pas cette idée, la pire des descriminations.

            J'ai téléphoné Stephen et James. Stephen était tout mielleux et gentil, il s'ennuyait de moi et en a profité pour paniquer parce que selon lui, si je n'étais pas sorti vendredi soir, je ne serais pas malade. James lui était d'une indifférence frappante, il ne s'était pas ennuyé et ne prévoyait pas s'ennuyer non plus. Il n'avait pas grand-chose à me dire sauf que le nouveau au travail, selon lui, est définitivement gay (à voir sa démarche) et qu'il a l'air d'un malade mental. Un peu plus vieux et Australien. Soudainement je me demandais si le fait que ce gay soit plus vieux, ferait encore plus l'affaire que moi, car il ressemble bien davantage à son ex-ami gay de Manchester. Eh bien, on va voir combien de temps James prendra à lui parler, le problème est que lorsqu'il me voit en dehors du travail, c'est toujors en secret. Personne ne doit savoir. Donc, s'il parle à l'autre, ce sera dans le plus grand des secrets, puisque justement chez l'autre c'est évident, alors que chez moi cela ne l'est pas. Par contre, tout le monde le sait pour moi, alors que personne ne le sait pour l'autre... eh bien cela m'encourage le deuxième gay de la compagnie, enfin je ne serai plus une bête à part. Depuis que la folle du personnel a enfin pris sa retraite, je crois que l'on verra finalement autre chose que des jeunes mariés tout frais sortis du trou de cul d'une poule et qui viennent de s'acheter une maison et une automobile. Enfin on en verra des difformes comme moi pour qui toutes ces choses sont effrayantes. Bon, je vais me coucher, demain c'est le grand jour, le zombi sort de sa caverne.

 

14th March 2000, Congress Hall, Hilton Prague

 

Tout a bien commencé ce matin, tout le monde sait que j'étais malade, personne ne peut me reprocher quoi que ce soit. Le ministre des Télécommunications de la République Tchèque parle en ce moment. La bitch de Nicola m'oblige à demeurer dans cette salle jusqu'à ce que mort s'ensuive. Pour qui se prennent-elles ces co-ordinatrices,  pour croire qu'elles ont tant de contrôle sur moi et m'ordonnent d'agir. Cette Nicola, pour qui donc se prend-t-elle ? Si je n'étais pas dans le pétrin déjà au travail, je te la détruirais au travail, et tout cela provient de cette conne Suzi qui a crié partout que je m'impliquais trop dans mes conférences.

            Enfin, tout le monde est parti au lunch. Je suis seul à tout surveiller et c'est ma première sinon ma seule heure tranquille. D'autant plus que ce soir nous allons tous au Château Jemniste pour le Dîner Gala des Vampires et j'espèere que ce sera bien. D'habitude mon seul obstacle lorsque nous allons dans de tels endroits et que nous devons faire 40 minutes en autocar (sans compter le retour) est que je ne puis endurer mes collèegues, ils sont tous comme des vampires près à nous sucer le sang. Ils s'inventent des raisons pour nous embarrasser, nous faire chier. Ce soir cependant, j'ai quatre collègues qui sont très bien. Ce qui m'inquièete bien plus est de me retrouver par exemple à côté de ce conférencier de Matav, Hongrie, qui me radote des choses que je ne comprends pas et qui ne sait plus s'arrêter. Dieu merci je ne travaille pas toute la journée avec de pareils cons, je deviendrais fou. On se demande comment ces gens sont capables d'accomplir quoi que ce soit dans leur compagnie respective. Je me demande si on on ne me les envolie pas à mes conférences à l'autre bout du monde juste pour se débarrasser d'eux pendant une semaine.

            Ici les gens parlent ou bien Tchèque ou bien l'Allemand. Et moi je ne parle que l'anglais et le français. Tous, chaque personne que je rencontre, c'est une barrière infranchissable. Et ce n'est que ma première journée.

            Oh, le méchant d'hier vient de passer. Je n'ose pas relever la tête. Mes collègues ne sont pas allés manger avec eux, et l'autre publicitaire a invité Simon a aller manger hier. Mon Dieu, vais-je être capable de survivre la semaine sans être courtisé par tout et chacun et invité moi aussi quelque part ? Je l'espère, car je devrai  m'inventer une bonne raison. De toute manière, ils ont déjà tout ce qu'ils veulent parce qu'ils paient de gros montants d'argent. Que veulent-ils de plus de moi ? Ils feraient bien mieux de courtiser les compagnies de téléphones qui eux risquent de leur donner de l'argent plutôt que de leur en demander comme moi.

 

(Après le Dîner Gala Vampire)

 

            Mon dieu, je crois que je n'avais jamais compris les responsabilités qui pesaient sur moi et quelle sorte d'emploi très haut placé et bien en vu j'ai. Aussi impressionnant que cela puisse paraître, j'ai une salle remplie d'ingénieurs, de Managing Director, qui tous semblent m'admirer juste parce que je suis le producteur-recherchiste de cette conférence à Prague. Je sais bien que cette idée est ridicule, pourtant, je suis le roi de ces cinq jours, bien que le premier je me sois effacé complètement. Mais tous savent que j'étais très malade, donc je suis sauvé. Le dîner des vampires dans ce chateau était d'un exquis incroyable. J'étais tellement fier de ma conférence à ce moment, j'aurais pu mourir sur place. Il y avait 70 personnes qui se sont donnés la peine de venir, nous avons fait face à une mise en scène très professionnelle de vampire et choses d'horreur. Et le repas dans les écuries rénovées, un charme indescriptible. La soirée, et la journée, ont été un tel succès, qu'à mon avis cela ne se reproduira plus de ma carrière de conférencier. Ah Prague, je t'adore pour m'avoir donné cette journée de répis et de gloire. Jamais auparavant dans ma vie je ne me suis senti aussi fort et puissant, comme quelqu'un de très important. Pourtant, de retour à l'hôtel, alors que je chiais sur les toilettes et qu'un miroir en face de moi reflétait mon image, je me disais : you fat bastard, tu as encore du poid à perdre, tu es gros. Et j'ai compriws que cette vie de puissance et de glorioles est vaine et inutile si je ne me sens pas bien dans ma peau, si je suis gros et laid, et que j'abandonnerais tout, l'argent et le succès, si c'était pour être laid. Et pourtant je wsuis bien plus beau qu'avant, bien plus mince. Mais ce n'est pas suffisant, bon dieu, il me faut apprendre à devenir anorexique.

            Et demain j'ai de quoi être fier, les quatre premières présentations sont tous des opérateurs ! Slovaquie, Bulgarie, République Tchèque et UK. Mais plus tard dans la journée j'ai la Pologne et la Roumanie. Personne n'est assez fou sur cette planète pour manquer une telle journée, rarement sur une conférence dans un coin aussi reculé on peut assister en une journée à six présentations de compagnies de téléphones. Malheureusement la troisième journée est plutôt pourrie. J'aurais peut-être dû baancer un peu. Bof... ils me louangeront encore le deuxième jour, et comme dans la Bible, le troisième jour ils me cruciefieront.

            J'ai même eu le temps et la chance de lancer le beau Toni dans les bras de la belle Louise. Celle qui m'a fait chier lorsque je travaillais pôur ma première compagnie de conférence et que lorsque je suis entré dans la troisième tout de suite a décrié mon orientation sexuelle à tout le monde. Pourtant je m'entends bien avec elle et je lui ai donné son Toni qu'elle aimait tant. Après lui avoir boosté les oreilles avec combien épatante sa présentation pourrie était, et combien tous les délégués l'avaient adorés (alors qu'un seul pe5rdu est venu me dire que c'était intéressant), je l'ai invité a parler à ma prochaine conférence à Londres. Après cela j'ai dû me pincer à plusieurs reprises et me dirfe qu'il n'en avait pas après mon cul, mais plutôt sa carrière. Et que de m'aventurer davantage détruirait tout. Alors je lui ai demandé s'il avait été présenté à Louise, celle qui avait fait le Marketing de cette conférence. Demain sans doute elle me remerciera, mais elle a déjà un copain à Londres. Pourtant cela ne l'a pas arrêtée de le draguer toute la journée sans oser faire quoi que ce soit. Elle a même envoyé Simon lui poser des questions assez personnelles comme es-tu marié et quel âge as-tu ? Ce que d'ailleurs Simon a bien fait, car il devait comme si de rien était apporter le sujet sur la conversation. Bon, cela est sans intérêt, cette journée, bien qu'elle était bien, était exténuante. Et je ne la répéterais pas pour tout l'or du monde. Mais voilà, demain c'est la même chose, et le jour d'après. Aussi bien se tirer une balle.

 

16 Mars 2000, Prague

 

            Well, la journée d'hier semble avoir été toute une expérience pour Simon. Bof...

 

17 Mars 2000

 

Prague

 

            Je suis dans un club assez vide, ils ne semblent pas avoir de patience pour les étrangers à Prague. Au bar il m'a traité comme de la merde, et l'autre du vestiaire, même chose. Bon Dieu, ça fait même pas dix ans que ça a découvert que dehors existait, et déjà ils ont adopté l'attitude Gay 100% "Oh Darling !". Parce que je n'imagine pas que cette musique directement importée de Londres et ces hommes à moitié nus agissaient ainsi avant leur révolution de 1989 où ils se sont débarrassés de leur communisme. Stupide mondialisation, je suis en république Tchèque, je pourrais aussi bien être n'importe où ailleurs dans le monde. Dans le fond, le communisme a cela de bon, qu'il est différent. Je suis venu bien trop tard. Je voulais les voir en train de crever de faim, sans emplois, pauvres comme Georges, et regarder la différence lorsque je marche dans la rue. Eh bien non seulement ils sont britannisés, mais en plus, ils ont plus de style que moi. Aujourd'hui en habit cravate, j'étais le seul jeune habillé ainsi, en fait, la seule personne habillée ainsi. Ce soir je suis en jeans noires, mais des souliers assez quétaines. Ils m'auraient fallu mettre mes souliers noirs. Je ne pense pas qu'une seule personne ne m'ait encore regardé, au club Privat L. Tiens, c'est pas Tchèque ce nom. Et bande de chiens, la musique que vous jouez, c'est pas Tchèque ! Qu'avez-vous donc contre les touristes ? Je crois que je vais les aborder en français à l'avenir plutôt que l'anglais. Ils ne comprennent ni l'un ni l'autre de toute manière et l'exercice sert plutôt à leur signifier que je ne comprends pas leur charabia. La première chanson que j'ai entendue à Prague était la première chanson que j'ai entendue à New York : New York City Boy de Pet Shop Boys. Mon Dieu le gars à côté ressemble comme deux gouttes d'eau à celui que j'ai rencontré dans un café à Cannes.

 

Eh bien, je ne suis pas impressionné. Ils ont deux personnes qui dansent, une fille et un gars, et j'impression qu'ils sont payés pour danser. Ils dansent tous deux pareillement et un  peu trop bien. Ah moins que ce ne soit comme ça qu'ils dansent ici. Il y a un jeune si jeune dans la place, et si beau et prétentieux, que j'ai l'impression que c'est un prostitué. Well, je ne suis pas encore aussi désespéré. Un autre s'est mis à danser, et celui-là barbu mais tout de même mince, n'est certes pas un danseur professionnel. Et il danse un peu comme les autres. Une sorte de Mimouchka russe... Enfin un m'a regardé, le deuxième plus beau de la place après le jeune. Le jeune aussi me regarde, mais cela m'inquiète. Aussi, nu je ne suis pas si beau, peut-être je devrais faire comme Louise au travail qui a flirté toute la soirée avec Toni et le pauvre le lendemain était enragé parce qu'il n'avait pas couché avec elle. La musique dégénère, ça fait six chansons assez espagnoles, La Margarita, lalalalala, de la musique de plage et de mariage. Ah non, je ne peux pas coucher avec l'un ou l'autre, je suis bien trop décevant au lit. Ils doivent être habitué à ce qu'il y a de mieux. Pourquoi n'y a t-il que les plus beaux qui s'intéressent à moi ? C'est que ma graisse ne transparaît pas... Ils ont tous l'air de se connaître, mais la ville a bien un million deux cent mille personnes, ils ne devraient pas se connaître... à moins que les gays ici s'acceptent moins et donc sont tous encore dans le placard. Avec pareille musique, ils ne manquent rien. Arrêtez cette musique espagnole pourrie ! Vive la musique britannique !

            La première chose que j'ai faite après avoir recouvré ma liberté, je suis allé faire mon lavage. Le mythe dira : "Faire son lavage en République Tchèque !" Wow, j'y ai rencontré un super de beau gars, juste pour cela ça en valait la peine. Un peu magané, on aurait dit qu'il a eu la vie dure. Très gentil. Je lui ai demandé s'il connaissait Milan Kundéra, il m'a sorti de sa table L'Immortalité ! C'est ce qu'il lisait ! Et moi qui croyais que l'on tombait en amour à Prague après avoir rencontré quelqu'un lisant Anna Karénine... Nous avons parlé, entre les nouvelles de CNN, car c'était ce qui jouait. Au club ce soir, c'est MTV. Ces Tchèques, on dirait qu'ils n'ont aucune personnalité, ils n'ont fait qu'adopter tout ce qui vient d'ailleurs. Cela me rappelle ce conférencier qui disait à ma conférence que son fils voulait désespérément être connecté à l'Internet. Et lorsque son père impuissant (l'Internet était inaccessible dans son pays perdu) lui a demandé pourquoi, le fils a répondu qu'il voulait être un citoyen du monde. Eh bien, si cela signifie juste d'adopter l'extérieur pour sien, c'est triste. Et il n'y a rien de plus impersonnel que l'Internet. En plus, c'est d'une platitude extraordinaire. On s'en lasse tellement vite que l'on ne l'utilise plus que comme outil de recherche. Car il s'agit là d'une base de données, rien d'autre. Un autre beau c'est celui qui m'a arraché mon manteau des mains et qui exigeait 10 Korunas. Les voilà tes 10 Korunas... tu sais ce que ça vaut 10 Korunas à Londres ? Ça ne vaut plus rien parce qu'il n'existe rien, même chez le marchand de bonbons, qui coûte moins de 10 Korunas. De toute manière, je sais bien que cette bière m'a été trop chargée, car elle est exactement le prix de celle que j'achète à Londres. Or, on sait bien que tout coûte moitié prix sinon un tiers du prix à Prague. Voleur ! En plus il a le culot de paniquer parce que je n'ai pas laissé de pourboire la première fois. Va donc voir si les Anglais et les Français en laissent du pourboire eux ? D'autant plus que ses bières sont surchargées ! Gardez-les vos clubs et pubs pourris ! Je suis bien trop content de vous chier dessus par écrit... Quelque chose va survenir, sinon je commence vraiment à croire que j'ai perdu mon temps à demeurer ici deux jours de plus. Le jeune définitivement me regarde sans cesse, et moi j'écris plutôt que de le regarder. Je pense qu'il revient d'une back room... qu'y faisait-il donc ? Eh bien je ne vais pas dans ces endroits-là, bien que c'est ridicule, je fais tout le reste, mais j'ai des principes qui me viennent j'ignore d'où. Pas de sauna, pas de back room... et probablement qu'un jour j'irai et je me demanderai pourquoi j'ai attendu aussi longtemps. Mystère.

            N'ont-ils pas de littérature gay ici ? Et j'ai besoin des toilettes, et d'une nouvelle bière. Tout vient en même temps.

            Ici ils ont trois types de toilettes. Pour les femmes (alors que seuls les hommes ont le droit d'entrer), pour les hommes, et pour les hommes back rooms. Le jeune me regarde toujours, je me demande quel âge il a, l'âge légal ici pour avoir du sexe est 15 ans et je ne suis pas certain s'il les a. Je ne crois plus qu'il soit un prostitué, son ami à l'air bien trop...

 

Oh mon Dieu, dans quel pétrin je me retrouve. Je suis tellement con, il devrait y avoir une loi contre les cons. Bien sûr qu'il y avait bientôt une dizaine de jeunes super beaux qui me regardaient ! Tous sont des prostitués et je porte un chandail anglais ! Comment j'ai pu me flatter à croire qu'ils s'intéressaient à moi ! Un vieux croûton de 40 ans avec un jeune de 19 ans sont apparus et il était bien heureux de me parler car le vieux venait de la Suisse. Il a tenté de m'embarquer dans une histoire de prostitution à long terme ! Toute notre conversation avait un double sens, et il m'en a fallu du temps pour comprendre ce qui se passait. Selon lui je ne trouverai jamais ce que je cherche à Prague, seule la prostitution existe, m'attend. Et lui ne pouvait me comprendre, puisque cela fait 4 ans qu'il a son prostitué personnel. J'ignore même si ces jeunes sont vraiment gays ! Cela m'a tellement écœuré que je suis sorti en courant ! Puis je cherchais le premier taxi qui me ramènerait à l'hôtel, car véritablement, j'ai peur ! Une société où la prostitution et la maffia règnent, est quelque chose d'effrayant. Et ces gens se croient libérés ? Je suis dans une panique absolue. Le vieux croûton m'a demandé si j'étais allé en Thailand, car là on n'y va que pour la prostitution. Eh bien je viens de rayer ce pays de ma liste. J'aime mieux demeurer avec les miens, ceux qui sont comme moi. Pourtant il était Suisse. La peur soudain me prend. Juste pour être conscientisé sur cette question valait tout l'argent que j'ai jeté au feu pour rester ici deux jours de plus. Prague, ville pourrie jusqu'a l'os, tu ne me reverras plus jamais de ta sainte vie.

 

18 Mars 2000

 

            Bon, je me suis remis de mes émotions d'hier. 12% d'alcool dans leur Pilsner, je crois que ça explique bien des choses. J'étais comme un peu devenu ou. Tout ce que j'ai vu hier à Prague existe à Londres et même Toronto. Je me suis tout simplement retrouvé dans les deux pires clubs de la place. Et je suis mal tombé sur ce gros porc de la Suisse qui se paie des prostitués à long terme. Je me fous qu'il me dise que c'est partout la même chose en ce qui concerne les touristes, apparemment plusieurs viennent ici avec cette intention, mais j'ai aussi vu hier qu'entre eux les Tchèques sont bien normaux, comme on peut l'être au Canada. Comme d'habitude on traite les touristes différemment. J'ai tellement de préjugés envers la République Tchèque, j'ignore comment m'en débarrasser. Je les vois comme des arrières et tout devient un prétexte à prouver mon point. Je suis entré chez McDonald par exemple, et deux femmes achetaient un Big Mac et un coke. Et les frites, elles ? Dans ma tête je me disais qu'elle n'en avaient pas les moyens ! Mais quelle prétention j'ai ! Il me faudra plus d'une semaine et éviter les trappes à touristes avant de juger la République Tchèque. Aujourd'hui je dirais que je ne vois pas vraiment de différence entre Prague et Paris, niveau de vie. Pourtant, je sais bien que ce n'est pas tout à fait la même chose, et aussi, je sais que ça n'a pas toujours été ainsi. Bien, je ferai quelques cafés aujourd'hui, mais je ne sortirai certes pas. Et je ne crois pas non plus que je coucherais avec qui que ce soit, l'idée que cela pourrait être de la prostitution me tue. (Et ce gros Suisse laid qui me répétait de toujours discuter prix avant ! Gros écœurant !) Bon, midi trente, c'est le temps d'aller visiter le château.

            Belle visite, belle histoire, je savais bien qu'il y avait des influences françaises voila longtemps, bien que ces traces aient été un peu effacées avec le temps. Je suis maintenant assis dans un cafe non gay mais invitant, CocoLoco. Invitant parce que c'est grand, c'est vide et je suis complêtrement isole. La femme est en train de me faire deux sandwiches toastees et j'ai une Pilsner a 12%. Je dois être a l'aeroport demain matin a 8h et c'est parfait, je ne voudrais pas rester plus longtemps, c'est un peu triste lorsque l'on est seul. Et jeuis mort, et encore malade. Leur metro est fait en Russie (les wagons). Detail. J'en suis maintenant a analyser ou dans le monde ont été fabriques les objects qui m'entourent. Très triste en effet.

            C'est bien beau l'isolement, mais ca n'inspire pas beaucoup. Drole comment un coup de poing dans le front m'inspire une vingtaine de pages. Une mise a pied, et tout le processus avant et après au mons une soixantaine de pages. Et je suis encore a la recherche de quelques evenements qui frappe et marque tant qu'ils puissent inspirer au-dela d'une centaine de page. C'4est peut-être ce que j'aui ecrit depuis Cannes jusqu'a Prague via New York, mais aussi je suis tombe en amour entre-temps, et maintenant je ne crois pas retourner quelque part de sitot. De toute maniere je suis bien heureux de demeurer a Londres. Vaut meiux que je travaille sur mes conferences autrement je serai en retard et cela est inacceptable. Avant la fin de la semaine prochaine il me fudra avoir ecrit un nouveau programme et j'espère bien avoir deja commence a inviter. Je suis devenu une veritable machine a produire des conferences. Et la j'ai atteint le summum, je n'en peux plus. Je n'aurai pas le courage de partir si tout se stabilise, mais il le faudrait. Et eux ont manque leur chance de me mettre a la porte, car j'ai encore accompli un miracle en terminant cette conference cette semaine. Sera-ce l'universite qui me sauvera de cet enfer ? La Physique ? (Et les maths... je vais être malade...) Je m'en vais sortir au Kirmafa, quelque chose du genre sur Kozi, et je me demande si cela changera quoi que ce soit, si je parlerai a qui que ce soit. Comme je ne le savais pas, j'ai decide de quitter ma chambre. Eh bien, allons-y, et laissons cette biere trop forte...

            Eh bien, le Firmana, c'était assez terrible. C'était un petit carre plein de monde et pas une seule place de libre. En refermant la porte ils ont vu que j'ai vu le signe "Gay Prague Recommended" et je me suis rendu compte que je ne pourrais m'asseoir alors je suis ressorti tout aussitôt sous leurs regards amuses. Ils ont du croire que je ne savais pas ou j'étais. Dernier chance, je suis maintenant au pub appele "Friends Prague" ou ils se targuent d'être bien gentils et je dois avouer qu'il est vrai qu'ils sont tous gentils. La place est belle en plus, et le monde, enfin, a l'air normal. Ce qui me laisse a peser que très peu sont peut-être gays. Certes le couple dans le fond ne l'est pas. En entrant j'ai transfere mon petit ordinateur portatif de poche, ils ont cru que c'était peut-être quelque chose de dangereux et ils étaient bien surpris de voir un tel ordinateur. Mais il faut comprendre que même a Londres ils ne l'ont pas encore. Or, ce qui m'a surpris c'est leur connaissance de ce genre de gadgets, et leur connaissance du taux de change britannique. Finalement ils ne sont pas plus arrieres que nulle part ailleurs. Et leur histoire, ce Charles 4 qui voila 600 ans deja tentait de faire de la Tchecoslovaquie un centre imperial europeen important, et a demeure en France et en Italie pour planifier son royaume.

            Well, bien que ce soit assez gentil, et les gens ont l'air bien et normal, ca rassemble bien trop a un restaurant ordinaire, personne n'osera me parler, et je serais bien deplace de faire de même. Je n'avais qu'une idee en tete aujourd'hui en visitant le chateau. Je me demandais pourquoi ils ne nous foutait pas toute cette fvisite eprouvante ou il faut marcher des kilometrès sur un DVD, alors on pourrait faire la visite en virtuel. Ca m'a donne envie de rouvrir mes CD a la cour du Roi de France et de me debrouiller dans les magouilles du jeu. Aussi extraordinaire que cela puisse paraitre, j'aime mieux la realite en virtuelle qu'en realite. Aussi je me demandais si les photos que je prenais pourraient être dolwnloadees sur un CD plutôt que sur papier, au Canada ils font cela depuis au moins 6 ans. Finalement je me demandais si les holodeck de Satr Trek pourraient être jamais inventes. P8uis soudainement, dans toute ma sagess je me suis rendu compte qu'une fois que tout sera sur un ordinateur, tout digitalise, qui dira quelle realite est la vraie ? Et deja je m'étais lance dans un grand debat philosophique sur l'univers et la place de l'homme sur cette boulette dans l'espace lorsque... lorsque... justement j'ai perdu le fil de mes pensées. Il est 22h00, je crois que je prendrai peut-être une deuxieme biere et je partirai. C'est Celine Dion qui chante dans le bar, mon dieu, elle doit bien jouer dans le monde entier, elle doit être riche a craquer, triste que son mari soit mort, mais elle en trouvera un autre. Je ne crois pas qu'elle ait jamais fait l'amour a un autre homme dans sa vie. Je me demande si elle pourra. Quand elle comprendra l'impact de ses nouvelles rencontrès dans les medias, je me demande comment elle va reagir. Mon Dieu que je suis capable de radoter. Aussi bien connecter l'ordinateur dans mon cerveau et laisser écrire tout ce que je pense. C'est peut-être la même chose. Je suppose que cela ne sera jamais d'aucun intérêt pour personne, m'entendre penser. Sans doute je devrais perdre mon temps a écrire de vrais romans plutôt. Sans doute. Je pense que les quatre a cote de moi qui semblaient si normaux sont tous quatre sourds et genre muets. Seraient-ils gays par-dessus le marche ? J'en doute. A moins qu'il existe dans une le monde une organisation gay-muete. Je crois qu'ils sont d'Allemagne. Celui avec la chemise bleue semble me regarder assez regulierement, l'un d'eux, ou deux, doit être gay... mais qui sait. Il fera pas de move... un seul est sourd et parle comme un meteque, et un autre a une petite machine amplificatrice. Les deux autres ont l'air normaux. Semblent tous gays,  ou l'un des sourds ne l'est pas. Ils s'en vont maintenant. C'est fini. Il y a deux Tcheques en arriere maintenant, le premier m'a donne un coup d'œil tout a l'heure, mais je ne pouvais pas le regarder, je regardais l'autre. Maintenant que l'autre est parti, je pourrais le regarder, mais il regarde l'autre, celui habille en hopital qui pourrait vaguement être un prostitue car trop beau.  Je vais l'ignorer, je ne me sens pas d'humeur a discuter les prix ce soir. Le bar est un peu trop international pour qu'il se passe de prostitues, du moin si je puis en croire mon Suisse d'hier, tous les bars ont leur gigolos. Et celui-la semble avoir spotte que dans tout le bar je suis le seul qui est seul, il sait que je parle pas Czech et je ne me surprendrais donc que je sois une cible revee. Il semble qu'il soit l'employe du bar, je crois que l'on vient de lui donner un verre de vin rouge et un sac de chips gratuit. Qui a dit que ma paranoia ne fonctionnait pas bien ? Hier je pense que les deux cons, maitre et escalve, le Suisse et le Czech, croyaient que j'était la nouvelle competition, un nouveau prostitue, et je pense qu'ils étaient la pour en ramasser un de plus a la fin de la dure semaine de travail de notre ami. Et lorsque j'ai sorti mon ordinateur portatif, ils se sont mis a rire aux eclats et tout de suite sont venus me parler. Je venais de leur montrer que je n'étais pas un prostitue. Ils ont dit que cela était plutôt rare ici d'avoir quelqu'un sortir un ordinateur miniature et commencer a ecire un livre. Eh bien, ce sera courant dans trois ans, deux si vous etes chanceux. En tout cas, mon gigolo tout habille de blanc a la grippe, il a un sac de kleenex en face de lui. Des papiers-mouchoirs si vous aimez mieux. Mais quelqu'un va-t-il me parler ? Le seul qui semble vouloir, c'est ce priostitue. Je ne pense plus que je sois si beau que les plus beaux cedent sous mon charme. Peut-être je suis laid maitnenant et je ne m'en suis même pas rendu compte. Cette stupide biere a 12%, tu ne t'en rends pas compte, et soudainement, ca         tourne et tu ne veux que dormir. Je lutte pour ne pas m'endormir, c'est ma troisieme. Trois pintes a 12% n'offre pas le même effet que douze pintes a 4%. Jamais je n'aurais pu boire douze pintes, ainsi je suis complètement saoul bien avant. En ce moment, trois pintes a 12% ne provoque qu'un effet. Je n'ai pas le temos d'être saouol avant de tomber de ma chaise endormi sur la plancher. E6t ca cogne fort. Mon prostitue est parti. J'espère que je ne me trompe pasm car si je me trompe, je viens de perdre la quelque chose de très beau. Et le pire est que je n'ose plus regarder les beaux car ils sont peut-être prostitutes, et je n'ose plus regarder les vieux laids, de peur qu'ils croient que je sois un prostitue. Je ne voudrais pas commencer a discuter combien je coute avec des Allemands. Encore que cette idee est plus interessante et moins scandalisante que de me voir moi payer pour la chose. Somme toute, je coucherais avec n'importe qui par plaisir, s'ils veulent me payer en plus, pourquoi pas ? Je blague bien sur, je ne pourrais jamais accepter de l'argent. Je ne puis même pas accepter l'idee que du monde puisse penser que moi et Stephen... mais je ne crois pas qu'ils puissent penser cela. Et même Stephen, jamais il pourrait avoir vu cela ainsi. Il ne voulait même pas coucher avec moi au départ, je l'ai force, il avait perdu son chat. Ensuite, il a toujours été clair que je payais l'epicerie et autres choses, et mon salaire qui est bien plus eleve que le sien... impossible. Mais il est vrai que lorsque l'on s'est rencontre je venais juste d'être jete a la rue et je n'avais plus d'emploi. Et il a souvent repete a outrance comment il m'a donne tous les vêtements Dunhill que je porte, et comment il m'a aide a me remettre sur pied jusqu'a ce que je trouve un emploi. Oh God, et ces Bean Burgers qu'il me payait alors que je ne mangeais plus quand j'habitais ma chambre d'hôtel a Victoria. On pourrait bien voir cela ainsi. Mais il m'a toujours aime. Je en lui ai jamais demande de venir a Bruxelles me rejoindre, trois fois il est venu, nous avons visite la Belgique en entier ensemble. Et cela s'est termine avec Paris ou avec moi il a marche chez tous les editeurs des 18 arrondissements de Paris. Il m'aime tant, qu'il sait que je l'ai trompe l'autre vendredi mais ne dit rien. Il sait aussi que nous ne faisons plus jamais l'amour et c'est sa faute, je le ferais tous les jours et il le sait. Pourtant, en quatre ans, jamais il n'a suggere quoi que ce soit d'autre que le fait qu'il m'a beaucoup aide au debut. et cela m'a toujours ecœure car sans cesse il repétait que je n'aurais jamais reussi a me hisser au niveau ou je suis sans son aide. Ce qu'il ne comprend pas est que je me serais rendu a ce niveau avec ou sans son aide. Mais c'est peut-être tout ce qui lui reste, se contenter de dire qu'il est responsable de mon succes. et moi je le repousse en lui disant que tout le potentiel était en moi et qu'a Londres comme au Canada, en quelques annees je me serais rendu haut dans la hierarchie sociale. Wow, j'ai un très grand super beau qui vient de s'asseoir a cote de moi, mais il me tourne le dos. J'ai toujours eu un faible pour les très grands qui pourraient me squezzer dans leurs bras. J'ai eu des très grands avant, mais toujours très minces. Ils doivent être grands, hors proportions, et en tchecoslovaqui, pardon, en Republique Tcheque, ils doivent être pas Allemands, ou Czech, et ne pas être prostitues. Aucun des cinq ne me parlera. J'acheve ma deuxieme pinte. Je me tiens a peine debout. Je vais partir dans moins de cinq minutes. Probablement mieux ainsi, il est 23h07, heure de Prague. Il est 22h07 a Londres et 17h07 au Québec. Le temps est relatif, c'est bien connu. Triste, ils avaient l'air a des gays normaux. Sans personalites peut-être, mais je les aime mieux ainsi.

            Je suis a la station de medtro Staromestska, je prends le metro illégalement, je n'ai pas achete de billet. Mo excuse sera que je parle français, vaguement l'anglais, et pas le zech. Et franchement ma vraie excuse n'est pas que je refuse de leur donner 10 pennies pour me rendre a l'hôtel, c'est que je ne comprenais rien de ce qui était ecrit sur les distributrices. Bonne excuse... au moins je sauverai la face avec une telle histoire s'ils me prennent.

            Ils sont très beaux les Tcheques, triste que je n'en aurai pas tenu un dans mes bras. Ce n'est pas que je n'aurai pas essaye. Même a Ottawa j'en ai rencontre un beau jeune et avec lui non plus ca n'a pas fonctionne. Tant pis.

 

20 Mars 2000

 

            Encore dix jours de mars, puis c'est le mois d'avril. Le mois de mars est toujours un mois horrible, et aujourd'hui est moln premier jour de retour au bureau depuis Prague. J'ignore a quoi m'attendre, mais je doute que ce soit positif. Quand bien même j'ai accompli un miracle et termine cette conference dans les delais, ils ont trop eu peur que je ne reussisse pas, aussi, ils ont deja été trop méchant. Quand on est aussi méchant, c'est qu'un declic s'est produit quelque part et maintenant j'attends la suite. Je sais aussi que le mois avril, du 1er au 4 est la ou les pires choses surviennent. J'ai l'air de croire en l'astrologie ici, mais pas du tout. Ce n'est que de l'expérience empirique. Depuis 1991 chaque mois de mars ma vie entiere a été remise en question, je me suis retrouve dnas le pire des enfers, et en plus je l'ai partage avec tout et chacun. Sans doute la fin de l'hiver qui pese trop lourd sur le peuple. C'est certainement animal, sexuel, bien bas. Le printemps agit sur les humains comme il agit sur les fleurs, les humains ont envie de sortir, tomber en amour, d'avoir du sexe, et comme ils sont rpis dans leur relation insignifiante, ils se rallient tous pour nous faire subir l'enfer qu'ils vivent : un simple manque de cul. Personne ne l'admettra, ils sont bien trop ternes et poignes.

            Au Canada ce genre de crise du mois de mars se fait bien plus sentir, car la l'hiver est tellement rigoureux que le reveil est sans limite : on va aller conquerir une planete ! Mais certes n'en avaons pas la chance. Alros notre rogne est infinie.

            Enfin, je ne crois pas retourne dans ce bureau en roi (le roi Charles 4 en l'occurrence), mais plutôt en petit vermicel qui attend son sort. J'aime bien mieux les gens qui sont directs, comme la bitch du Seven Dials au The Box. Elle m'a annonce ca un matin, que je ne faisais pas l'affaire. Deux mimutes plus tard j'etqais dans la rue, deux heures plus tard l'autre m'avait jete dehors de son appartement. C'est ca la vie...

            Je divague, je parle de tout et de rien, je parle au passe, sans doute parce que je ne sais pas voir le futur. C'est peut être qu'il n'y en a pas ? Ce matin j'ai envie de lire Sherlock Holmes, et surtout Arthur C. Clarke. Mais ce matin je m'en vais travailler. J'aimerais plutôt mourir. Un accident de train avant d'arriver a Waterloo peut-être, un avion qui s'écraserait sur mon wagon, un fou avec un fusil qui tire dans le tas ? Inondation ? Asteroide ? Merde, toutes ces choses ne surviennent jamais au bon moment.

            Je viens d'apprendre que ma merveilleuse camera digital que j'ai brisee l'autre soir et dont je n'ai jamais recu de recu dans ce magasin assez bizarre a New York, ne fonctionnera plus de sitot. Je dois l'envoyer a New York sans recu, alors ils ne vont rien faire.

            Enfin, première journée terminee. Même si je vois et sais que mon manager voudrait bien se debarrasser de moi mais a les mains liees parce que j'ai termine mon programme, je me sentais mieux aujourd'hu. Une semane loin des monstres change quelque chose. Je vois qu'il ne m'offre aucune aide et même tente de saboter ma dernier conference. Mais je l'ignore. James lui est a bout de nerfs, il est pret a exploser pour n'importe quelle raison, tout comme j'étais avant de partir pour Prague. A mon avis ni lui ni moi ne travailleront encore dans trois mois. J'en suis maintenant a tout envoyer chez l'imprimeur sans l'avis de mes conferenciers, car il faut bien que ca parte un jour ! Je me donne trois jours avant d'en revenir au point ou j'en étais avant Prague. Le manager va trouver un moyen de me faire chier au-dela de tout et moi je ne tiendrai plus. Encore ce soir je vais travailler toute la soiree sur cette foutue conference, il y a de quoi se tirer la tete première dans un mur.

 

           

21 Mars 2000, Londres (Boston Manor)

 

Je suis dans l'Underground, m'en vais travailler. J'ecoute Tori Amos, une musique tellement inspiree qu'elle m'emporte loin dans les champs du Nord (la prochaine station est Northfields, voyez combien terre a terre je suis devenu).

            Oh my God... quelle soiree

 

22 Mars 2000

 

            Oh my God quelle soiree ! J'aimerais bien savoir ce qui est arrive, mais cela ets bien difficile a cerner. Disons que c'était assez intense et que j'en ai été change. J'ai compris des choses, sans doute, mais puis-je les identifier ? James m'a confronte hier au travail, me disant franchement et assez betement qu'il n'était point satisfait de nos deux dernières rencontrès car je tentais toujours d'en savoir plus sur ses problemes, pourquoi il est malheureux. Il m'a pratiquement envoye promene en disant que nous étions tous deux trop absorbes par nous-mêmes pour être des amis. Nous avons eu une sorte de chicane par e-mail ou je lui ai lance que je ne pouvais pas m'asseoir et parler de temperature et de football alors que mon ami me lance l'idee du suicide. Il s'est senti coupable et m'a emmene au Wagamama après et il a paye car c'est moi qui ai paye les deux dernières fois. Puis au pub ensuite, au Cocq Tavern, il m'a confronte. Il cherchait cette confrontation. Il disait que j'étais un faux, que j'avais ecrit tous ces livres sur le suicide et que jamais je ne le ferais. Il m'a propose que nous allions tout de suite nous tuer. J'ai bien sur refuse, affirmant que chaque fois que j'avais vraiment atteint le fond du baril et vraiment considere le suicide, j'étais saoul avec des circonstances intenables, et que je ne considererais jamais le suicide a froid, sans être au fond du baril et que j'étais certes bien heureux le lendemain de ne pas l'avoir fait ! Et que je n'avais certes rien a oprouver a qui que ce soit et surtout pas a lui. Libre a lui de m'appeler fake, en faire toute une histoire et me quitter ensuite comme on abandonne un chien degueulasse que l'on ne veut plus. Well, ca m'a donne un choc. Qu'il puisse me tester ainsi avec presque un fusil sur ma tempe, m'accuser d'être faux et me proposer un suicide collectif. Et puis quoi encore, un chausson aux pommes avec ca ? J'ignore comment il se sent ce matin, s'il regrette quoi que ce soit ou si au contraire il a renforce ses idees que je puisse être faux et ne desire plus me parler. Il m'a laisse la au pub sans me dire qu'il partait, il s'est connecte a sa musique et je l'ai rejoint dans la rue. Comme il ne m'avait pas entendu venir, il s'est retourne terrorise, comme s'il ne me reconnaissait pas et croyait sans doute que j'allais le frapper. Je n'avais plus eu de telles confrontations depuis mon adolescence et jamais elles n'ont eu grand impact sur moi. Mais cette fois la cela a eu un grand effet et dans le train ensuite, j'étais comme en etat de choc. Je lui ai envoye des messages par téléphone : Testing me like that, you should feel ashamed. I have nothing to prove to you and you have nothing to prove to anyone. What are you playing at ? Et j'ai envoye au moins trois fois les deux premiers messages. Je viens de lui en envoyer un autre, mais ca ne fonctiionne pas. Je dis : How do you feel this morning ? Still speaking to me even if you think I am a fake ? Serait-il capable de m'empecher de lui envoer des messages ? S'il en est rendu la, aussi bien dire que c'est bien termine. Je m'en vais visiter l'universite Queen Mary and Westfield ce matin, pour voir comment seront mes quatre prochaines annees a etudier Physique et math en supposant que je pourrai demeurer au pays aussi longtemps.

            Premierement je ne suis pas impressionne par le transport. Un train jusqu'a Waterloo, puis Waterloo and City Line jusqu'a Bank, et Central line jusqu'a Bethnal Green. Le tout me prend exactement une heure. J'aurais bien aime que cela prenne de temps, car alors cela aurait été inacceptable. Mais en dans d'une, pas sur heure de pointe, c'est bien. Mais la le train vient de nous arrter a Liverpool street et je n'ai pas l'impression que le prochain sera la de sitot. Je puis encore aller a Royal Holloway plus près de chez moi, mais ils veulent absoluemnt me rencontre. Leurs stupides rencontrès ne se font que les mercredis et je ne peux justifier prendre un jour de conge pour cela. Or, ils sont tant desespères qu'ils ont organise une journée le samedi mais j'étais a Prague. Tout me pousse vers Queen Mary, même cet Indien que j'ai rencontre un soir a Q-Dos. Il me confirmait que QM&W était bien mieux. Certes ils ont l'air plus fous... ou illumines. Et puis ils ont un vrai département de Theorie de la Physique, Holloway n'a pas cela.

            Bon, enfin termine. Quel calvaire, je déteste ces journées ouvertes. Je ne suis pourtant pas decourage par cette visite. Mais parfois je me demande si les phyhsicistes n'ont pas perdu le nord. Ils m'ont semble plutôt ingenieurs passionnes a construire des detecteurs capables de voir plus loin dans l'espace et l'infini petit. Or, tout ce travail de laboratoire ne m'intéresse pas. Heureusement seuls les etudiants de plus haut niveau travail sur ces projets. Moi tout ce que je veux c'est bouffer des maths et de la physique jusqu'a ce que ca me sorte par les oreillesm, que ca pete et que je comprenne l'image globale de ce qui se passe en ce tournant de second millenaire. Aussi, je suis tant habitue de voir de la haute technologie, que leurs petits laboratoires m'ont sembles bien peu futuristique, plutôt arrieres. Tout est en decomposition et d'une simplicite enfantine. Je n'aime pas l'idee que tout ce qu'ils font, je pourrais le faire dans ma chambre. Je veux des machines tellement compliquees, et des expériences très chers qui risquent d'apporter des resultats. A moins que c'est un fait que l'histoire de la science est plutôt simple et que ce n'est pas par la complexite que l'on atteint des resultats. Dans mon cas je ne voudrais même pas voir un laboratoire, la pratique me tue, car ca bouffe ton temps, c'est repetitif, et je n'ai aucun intérêt a reproduire ce que d'autres ont deja prouve. Si un jour mes proprès theories m'apportent des raisons de croire que le laboratoire pourrait m'aider a prouver quelque chose, alors, oui, peut-être. Alors ils m'ont effraye plus qu'autre chose. Je ne pourrais m'imaginer perdre mon temps a construire un appareil photo qui se retrouvera dans une fusee. Je suis vraiment pour la theorie, rien d'autre. Je crois que j'irai etudier la. Holloway sera encore plus terrible. Comment savoir ? Assez de tout cela, je suis mort.

 

23 Mars 2000

 

Aujourd'hui James m'a parle pour me dire qu'il avait enfin avoue a son  ami Chris de Newcastle quel était son probleme, apparemment Chris is shocked. Ce a quoi j'ai repondu que rien n'était vraiment surprenant aujourd'hui et que j'étais bien heureux qu'il ait parle a quelqu'un. Je lui ai d4emande s'il se sentait mieux, mais il n'a pas repondu. Il semble me faire la gueule, et m'a seulement avoue qu'il a tout dit a Chris parce qu'il pense que c'était important pour moi de le savoir et que je devrais sans doute me sentir bizarre parce que ce n'est pas a moi qu'il l'a dit, mais a Chris. Son message est le suivant : comment aurais-je pu t'avouer quelque chose que je n'ai jamais dite a personne alors que je ne l'ai même pas avouee a mon meilleur ami qui n'est pas toi ? Ainsi j'accepte cette façon, je comprends aussi. Je lui ai dit que sans doute si nous n'avions pas pousse les choses a leurs limites ce lundi, sans doute il ne l'aurait jamais dit a personne. Ce midi il n'est pas venu au pub. Je ne m'aventurerai pas a l'inviter prendre une biere, après ce qui s'est passe et sa reaction actuelle. Pourtant il a vraiment besoin de moi et je dois jouer tout ses mind games. Je dois sans cesse être la s'il me dekmande quoi que ce soit et je ne dois pas le pousser a aller prendre un verre, suggerer peut-être. De toute maniere il ne se gene pas pour m'envoyer chier si cela ne l'intéresse pas. Je dois être un bon psychologue car il me déteste pour mourir et a finalement crache le morceau, a un autre. Pourtant je ne voulais pas jouer ce role. Je n'ai polse que de petites qu4estions bien simples et ca l'a bien marque car il en a fait tout un plat. Je me demande bien ce qui peut vraiment surprendre son ami, a mon avis c'est de l'abus sexuel. Ce ne peut tout de même pas juste être son pere et le manque de communication, son ami n'aurait pas été en etat de choc alors. Enfin, je ne le saurais sans doute jamais et je n'ai plus le droit d'insister, de demander quoi que ce soit. Je m'en fous, je suis bien content qu'il ait parole a son ami, car maintenant je crois que ce sera plus facile. Il devra changer, les choses vont changer, parce que maintenant sa configuration de la realite a changee. Quelqu'un sait, le monde sait son secret. Il n'y a plus de secret, plus de raison de souffrir en silence, incompris et seul au monde. Maintenant c'est le temps d'agir. Je me demande si un jour il me remerciera ou si au contraire je suis tout a fait brule a ses yeux pour toujours.

            La semaine prochain je pars en Espagne, Tenereefe, pour une dizaine de jours avec Stephen. Et croyez-le ou non, la journée d'avant, jeudi, je m'en vais a Amsterdam pour une journée eclair avec Simon pour discuter affaires avec une des compagnies qui exposaient a Prague. Moi qui voulait demeurer bien tranquille a la maison, au chaud, la periode des voyages ne semble plus vouloir se terminer, se multiplie a une vitesse eclair, et moi qui pensaient que Prague c'était la fin.

 

24 Mars 2000

 

            Les deux personnes que je pourrais potentiellement aimer a l'heure actuelle sont deux mysteres complet. Je ne conais rien de ce qui leur passe a travers leur cerveau. J'en ai un, James, qui pourrait être gay mais est trop coince pour l'avouer, mais il pourrait plutôt avoir un autre probleme, et c'est cela mon probleme. Ensuite j'ai Alex, le copain de Patrice, qui m'a toujours un peu drague sous pretexte que je ressemblais comme deux gouttes d'eau a la seule personne qui a aimee, et maintenant que Patrice est parti en Chine, qu'il se promene a Shangai avec Caroline la Parisienne, Alex veut maintenant me voir. Mais nos horaires ne fonctionnent pas, et c'est maintenant a deux heures de l'après-midi ce samedi (demain) que nous nous sommes donnes rendez-vous au National Gallery a Trafalgar Square. Well, il a certes du style, qui jakmais ne donne 5renedez-vous au National Gallery ? Pourtant, malgré tout ce romantisme et ses messages electroniques parf téléphone qui me m'appellent baby et qui me disent je t'aime (et je me demande si ce n'est pas la barriere du langage bresilienne avec l'anglais), il me dit aimer Patrice et qu'il va aller le rejoindre au Canada cette annee. C'est louche et bizarre. Est-il seulement intéresse a moi par amitié ? Pourquoi ces messages d'amour alors que c'est de l'amitié ? Peut-être dit-il la vérité, il m'aime, mais aime Pat avant tout ? Et James, pourquoi me donner tant d'attention, si vraiment il en avait mare de mes interrogatoires, ne serait-il pas plus simple de me jeter par la fenêtre ? Pourquoi m'inviter au restaurant après m'avoir envoye chier ? Pourquoi m'avoir tant courru après, avoir tant desire mon amitié que je ne voulais pas donner, pourquoi tourner autour du pot a propos de ce grand secret alors qu'il l'a maintenant avoue a Chris ? Si son secret était d'être gay, ce que je doute, me l'avouer changerait notre relation, je serais pret a lui sauter dessus. Je ne lui laisserais pas une minute tranquille. Je le courtiserais jour et nuit, et maintenant je n'ai plus de complexe, je suis presque mince, enfin, je n'ai pas été plus beau depuis longtemps.

Peu importe leurs secrets, ce qu'ils pensent, ce qu'ils veulent, s'ils m'aiment ou non, je n'ai qu'a continuer a avancer, les voir, attendre. J'ai fait tout ce que j'ai pu, je leur ai tout deux annonce que je les aimais (alors que j'étais saoul) et cela ne les a pas effraye. Alors soyons patient, de toute maniere, je ne peux rien pousser, je suis avec Stephen et en plus, le sexe detruirait des situations interessantes. J'aime bien cette zone grise ou nous ignorons ce qui se passe, ou l'amour a le temps de prendre forme, le lit detruriait ce beau reve romantique. Pour la première fois je puis dire que je suis heureux d'être avec deux hommes pour une rencontre, et cela est plus interessant que de me retrouver avec eux dans un lit. Pour l'ijnstant du moins. Peut-être parce que j'ai peur qu'ils ne me trouvent pas si attirant, mais je ne crois pas. Peut-être aussi que j'ai peur des consequences, ou alors c'est que j'ai trop experimente de ces sessions de sexe sans lendemain et que cela ne m'encourage pas. Si jamais je couche avec l'un d'eux, ce sera une relation along terme que je commencerais. Ca voudrait dire laisser Stephen, tenter de demeurer en Angleterre le plus longtemps possible. Mais cela, même avec Stephen c'est un probleme.

            Eh bien, James ce matin a termine notre amitié sous pretexte qu'elle ne va nulle part et qu'elle est mauvaise pour lui et moi. Aussi, après les evenements de lundi, il ne peut plus être mon ami. J'en suis encore a me demander quels sont ces evenements qui sont survenus ce lundi qui a tout detruit. Sans doute je l'ai encore trop presse de questions et j'ai tout detruit. Pourtant il m'a avoue ce matin que j'étais de la meilleure sorte d'amis, mais qu'il ne fallait point continuer. Rien de nouveau, comme d'habitude je finis toujours par détruire mes amitiés, car je suis trop exigeant, surtout si j'ai une chance de tomber en amour. Mais ces choses ne surviennent pas. Je me demande comment cela a pu m'arriver dans le passe. Enfin, c'est vendredi, la semain prochaine je n'ai qu'une semaine de trois jours, c'est confirme je m'en vais a Amsterdam jeudi et le lendemain je pars pour l'Espagne pour une semaine. Merveilleux, et je pars la conscience tranquille, car je ne suis point en retard sur ma conference. Comment ai-je pu être si bas dans cette compagnie pour revenir autant en surface ? Et vais-je replonger dans les enfers ? Cela ne dépendrait-il que de moi, a savoir, s'agit de travailler fort... et tout ira bien. Le gros probleme de James en ce moment, c'est son interminable conference qu'il doit finir...

            Well, well, well... qui est venu me rejoindre sur l'heure du midi ? James. De quoi avons-nous parle ? De la pluie et du beau temps. Qui voulait aller prendre une bier a Ryans après le travail ? James. Cela, avant d'attraper son train a Euston une heure plus tard. Comment interpreter cela ? Je ne sais plus. Il s'amuse sans doute, sans le savoir. Enfin, cela m'a permis de le voir et de lui parler deux fois plutôt qu'une, alors qu'il avait mis un terme a notre amitié. Je crois que si j'evite de parler de ses problemes, tout va bien. Ainsi je n'ai qu'a me taire. Ma relation avec James semble loin d'être termine, mais elle n'est point sans rebondissements...

            Je ne le comprends pas. Ce n'est pas la premier fois qu'il tente de terminer notre amitié, mais chaque fois il revient en force pour une amitié durable. Puis il m'a fait lire ce passage de ce livre bizarre, impossible de me souvenir, ou c'est mentionne que la personne aimee n'est pas toujours la bonne personne mais c'est une des raisons pourquoi on l'aime. Elle existe pour nous punir et nous faire souffrir et c'est peut-être cela l'amour. Or, de cela je suis parti en trombe, enfin il me parlait, tentait de me faire comprendre quelque chose ! Arrive au Ryan, avec le livre comme il m'avait demande, il m'a lance qu'il n'y avait la aucune signification autre que le fait que j'aimerais ce passage. Maintenant je me demande sk ce n'était pas juste une façon d'eviter de parler du sujet. Est-il intelligent ou juste con ? Incapable de me parler, de communiquer comme son pere qui est sourd, tenterait-il de me faire comprendre des chosesl, les faits, autrement ? Nul doute. Donc il m'aimerait car je le confronte avec sa vie, avec ses problemes... bien que cela n\'impliquerait pas qu'il soit gay, mais plutôt que je le pousse a agir, a confronter son destin. Oui, je l'ai aide aujourd\'hui au travail, je l'ai encourage, je lui ai fait comprendre que rien n'était perdu, qu'il s'en sortirait, que le tout semblait merveilleux ! Well, moins pire qu'il ne le croyait du moins. Je lui ai botte le cul, sacre un bon coup de pied au cul pour qu'il se reprenne en main et termine sa conference. Il semble être reconnaissant. Je crois qu'il a besoin de moi pour survivre au travail, sinon c'est un enfer impossible. Mais je crois qu'il voudrait se distancer de moi, pourtant il est venu me rejoindre au Cock Tavern et m'a invite au Ryan's Bar. Incomprehensible. J'aimerais bien qu'il se branche. Que veut-il au jutse ? En sortant de la taverne, je lui ai dit qu'encore une fois il n'était venu au pub que parce qu'il se sentait coupable de ses messages, mais cela va bien au-dela, sinon il ne m'aurait jamais invite au Ryan. Et ce n'est pas que pour passer le temps avant d'aller prendre son trai , car il avait la chance d'aller avec les autres au Mortimer Pub, et que nous avions deja confirme que nous irions pour une pinte. Il voulait definitement être avec moi seul au Ryan's. Peut-être aujssi est-ce qu'il ne peut sentir personne d'autre que moi au travail. Certes, je ne puis sentir personne d'autre que lui. Et cela devient inquiétant car aujourd'hui je ne faisais que penser a lui, je ne puis le regarder sans que tout le monde me voit, alors je pense a lui et il demeure juste a cote de moi sans que je ne le regarde. Mais lui est situer de sorte qu'il peut me voir en tout temps. Heureusement ce n'est pas le contraire. Car je suis vraiment attache a lui, franchement j'eprouve des sentiments. J'aimerais bien juste le prendre dans mes bras, l'embrasser, lui avouer mon amour et combien je voudrais mourir dans ses bras. Quelle gaffe cela serait... et demain je vais voir mon Alessandro ! Merveilleux ! Ma vie est remplie ! De desirs et d'emotions, qui demande mieux ? James n'est pas fou, au contraire, il est très intelligent. A mon avis il savait ce qu'il me faisait lire, je comprends donc qu'il m'aime, ne peut l'avouer et que je le pousse a bout et c'est pourquoi il m'aime. Merveilleuse traduction des evenements, j'aime bien croire cette version.

 

25 Mars 2000

 

            Je m'en vais au cafe de la crypte en-dessous de St Martins in the Field Church. Et je m'en vais ecouter la petite histoire d'Alessandro. C'est la première fois que nous serons seuls, et après tout nos messages e-mails, je me demande bien s'il a quelque chose a me dire, ou si cela sera tout simplement une rencontre de plaisir entre amis. L'un ou l'utre est possible, Patrice revient de Chine dans moins d'un mois pour une dizaine de jours. Je doute qu'il me suate dans les bras. Je ne comprends pas pourquoi je ne me sens pas mal a l'aise face a cette rencontre avec le copain de Patrice alors que Pat s'inquiétait justement que nous pourrions nous voir et m'a dit de ne pas le lui voler. Mais Pat m'a litteralement lance dans les bras son ex-copain Steph alors que jamais je n'aurais considere coucher avec le copain en titre d'un ami et je sais également que Patrice n'a jamais été fidele et ne sera jamais fidele. Après les back rooms a Paris et partout dans le monde, et les saunas chauqe semaine, je suis desole, mais tout cela ne me donne guere l'envie de posseder une morale a toute epreuve. J'aimerais mieux pourtant que rien ne se produisse nêtre moi et Alex, a cause de Pat, aussi je ne ferai rien moi-même et attendrai de voir si Alex lui a des intentions. Des sentiments aussi peut-être... Mais des sentiments pour Patrice, il en a, il l'a dit plusieurs fois. Alors je ne m'inquiète pas, ce n'est sans doute qu'une rencontre amicale.

            Touristes, le dimanche on penserait avoir la paix, mais non, c'est encore plein de touristes dans les trains et les metros. Et ils sont pires que les Londoniens de durant la semaine sur heure de pointe, car les touristes avancent comme des tortues. La seule façon d'arriver quelque part c'est de les pousser par terre et passer.

            Bon, je me souviens quelque chose que James a dit, c'était qu'il devrait demenager en Allemagne, qu'il aurait un success rate plus eleve. Car la-bas ils aiment les grands blonds aux yeux bleus, mais pas a Londres. Ca resonne comme si franchement son probleme est qu'il n'a pas encore de relation stable avec une fille. Il pense qu'en Allemagne il aurait plus de chance. Ainsi, ca ne med semble plus qu'ikl soit gay... mystere.

            Enfin, j'ai passe une journée merveilleuse au dome du millennium avec Alex, et bien que j'ai été insistant, il n'a pas semble importune. Mais pour lui la fidelite represente tout et si Patrice en Chine (il est a Beijing en ce momnet) l'a trompe, c'est clair que c'est termine. Or je sais que Pat est incapablle d'être fidele. Alors c'est une question de temps et peut-être que j'aurai ma chance. Mais mon Dieu, que ferais-je de Stephen ? Enfin, je n'en suis pas encore la.

 

 

27 Mars 2000, Chiswick

 

            Nous arrivons a la fin du mois de mars, comme d'habitude je crois toujours que c'est la fin de mon calvaire, mais aussitôt que le mois d'avril commence, je comprends que le pire s'en venait. Or, cette folis-ci je pars pour l'Espagne pendant 8 a 10 jours, aussi je me demande si je serai frappe avant mon départ (cela leur laisserait 4 jours) ou après (mais alors ils auraient manque la date fatidique du debut d'avril, a moins que cela puisse s'etendre plus longtemps et même que tout le mal se produise alors que je ne serai plus la). James hier m'a encore raccroche au nez, après m'avoir demande a nouveau si je desirais le rencontrer pour aller se lancer devant un train. La chanson devient assez stupide et même risible, et lorsque je lui ai dit que non, je n'allais pas faire cela, il avait encore raccroche. Mais il faut noter qu'il venait juste d'arriver a la station Euston et qu'il s'en allait dans l'Underground. Enfin, je me suis retrouve beat après qu'il m'ait dit qu'il lui faudrait trouver quelqu'un d'autre (a-t-il donc besoin de quelqu'un afin de se suicider ?). Je me suis retrouve a discuter du probleme avec Stephen. La jalousie de Stephen ne lui faisait dire qu'une chose : ouiblie-le, ignore-le, il joue avec toi. Sans doute cela est vrai, et Stephen me disait qu'il a eu des anmis qui lui disait que si Stephen ne venait pas tout de suite, ils seraient morts avant le lever du jour, et certains ont pris des overdoses de drogues... et malgré tout cela il me disait de l'ignorer. Or, je ne piouvais pas faire cela. Peut-être s'amuse-t-il, peut-être pas. Peut-être s'amuse-t-il mais que si je ne joue pas le jeu il passera a l'action et se suicidera. Enfin, c'est un cri cette histoire, un cri a l'aide, et sa façon d'attirer l'attejntion sur le sujet, alors qu'il est incapable de m'avouer quel est le probleme, est ces jeux. Et finalement il existe une autre signification a tout ce qu'il dit. Quand il dit : vient on va se tirer en face d'un train, en fait il me demande si je suis aussi deprime que lui, et il veut parler de cette deprime, il veut du reconfort, que je lui dise que tout va bien aller, que cette conference il la terminera cette semaine et qu'une stupide bitch de girlfriend, il en rencontrera une eventuellement, enfin, cela je ne lui ai pas dit, car je commence a me douter que c'est la tout le probleme. Je ne m'étais pas imagine que pour un straight cela pouvait tout aussi deprimant et suicidaire de n'être point capable de trouver quelqu'un pour partager sa vie, mais je ne pensais pas qu'un si beau jeune homme puisse actuellement souffrir de cela. Encore que, il y a peut-être autre chose que j'ignore. Peut-être la separation de ses parents, qui a laisse son pere sourd seul, une chose qu'il aurait pu ne pas pardonner a sa mere. Lorsque je lui ai demande s'il aimait sa mere l'autre jour, la reponse n'était pas très clair. Enfin, puisuq'il est incapable de m'avouer quoi que ce soit, il utilise des stratagemes afin de communiquer avec moi, mais il semble s'y prendre mal et il serait bien simple pour moi de tout interpreter de travers et de l'envoyer promener, car enfin, je n'ai pas besoin de cela dans ma vie en ce moment. J'ai assez de problemes comme ca sans avoir a dealer avec un suicidaire qui ne veut rien me dire. Mias je m'accroche, je joue le jeu, je suis deja trop avance pour reculer, et puis il a besin de mon aide et cela me fait plaisir de pouvoir aider quelqu'un. Enfin. je ne serais pas très surpris s'il me disait encore aujourd'hui qu'il ne veut plus jamais me parler. Peut-être est-ce la honte et les regrets qui parlent ? Mais alors il me dit que c'est parce que nous n'avons plus rien a nous dire, que notre amitié s'en va nulle part. Je commence a me demander comment son autre ami gay a Manchester a survécu a l'affaire. Peut-être même s'est-il finalement suicide, après tant de betises. Enfin, encore trois jours et je suis parti ! Les Pays-Bas, puis l'Espagne...

            Il a reitere son invitation par e-mail au travail. Il est très persistant. Peut-être est-il serieux et tente de me convaincre. Peut-être devraqis-je lui demander comment il desir proceder avec le suicide collectif, a part se lancer en face d'un train, ce qui est peu original. Je voudrais bien savoir combien serieux il est. Enfin, je lui ai dit qu'il se sentirait bien mieux aussitôt qu'il aurait termine sa conference et qu'un jour il serait heureux, lorsqu'il aura trouver une blonde et peut-être quitte son emploi. Il n'a pas repondu, peut-être ai-je touche dans le mil, peut-être que je suis a des kilometrès de la cible. Alors il doit bien s'amuser a me voir me debattre a tenter de comprendre pourquoi l'homme est obsede par le suicide et aussi que je me suicide avec lui. S'il s'agissait de romantisme au moins, s'il m'aimait a mourir et qu;il voudrait que nous mourrions ensemble pour être ensemble de l'autre cote ou dans la mort, je dirais peut-être oui, allons-y, mais je sais qu'il ne m'aime pas (le sais-je vraiment ?) et que la seule façon de voir cela est qu'il a peur de mourir seul ou alors il a quelque chose a communiquer, un cri d'alarme, ou alors il me teste, ou alors il s'amuse. tout cela n'est pas très encourageant. Deprimant, oui. J'aimerais qu'il m'en dise davantage, mais le pousser a me parler ne fait que l'eloigner davantage. Je dois pretendre être malheureux et cela l'aide je crois. Alors il n'est pas seul au monde dans sa misere, il la partage avec le monde au travail. Mystere.

 

28 Mars 2000, Barnes Bridge

 

            Je commence d'être très fatigue de James, je ne croyais pas qu'il serait possible pour moi de flancher avant lui. Well, après lui peut-être, m'enfin. Il est insupportable, méchant, et agit tel un enfant. Pourtant, tous ces defauts, il les a en qualité également, il est attachant, gentil, sensible et intelligent. Il semblerait qu'il cumule et est très hypocrite. Il semble se retenir pour ne pas exploser ou tous nous envoyer promener et parfois il n'en peut plus et ca sort. Et cette constante attention qu'il desire, et parfois il devient fou, maniaque, dans ces temps-la je pense qu'il pourrait faire des choses imprevisibles. Je n'aime pas tellement ca, bien que je me reconnaisse beaucoup en lui. En fait, je ne sais plus quoi penser de lui, mes vacances me seront très utiles, j'ai vraiment besoin de m'eloigner de tout.

 

29 Mars 2000, Kew Bridge

 

            Hier le beau Alessandro était saoul et m'a téléphone. Il m'a dit être assez direct parce qu'il était sous l'influence de l'alcool. Il me demandait si mes plans se resumaient bien a ceci : on  attend que Patrice revienne, on lui demanede s'il a été fidele en Chine, sinon, c'est termine entre lui et Alex, et moi et Alex commencons une nouvelle relation a long terme. Je me suis retrouve bien embarrasse, et Stephen qui dormait depuis 5 minutes deja pouvait entendre, alors ma reponse vague. Ensuite il m'a lance que mes messages et le son de ma voix lui manquait et que c'était la raison qui l'avait pousse a m'appeler. Il veut me vioir samedi avant que Pat ne revienne, mais moi j'aurai Stephen dans les pattes et impossible de le planter la ou de l'inviter non plus. Ce serait une indelicatesse. La veille je lui avait envoye des messages comme quoi on ne pourrait se voir ce samedi-la après mon retour d'Espagne. Et que l'on se verrait lorsque Patrice serait revenu. Que cela était bien car Pat était son copain en titre jusqu'a ce qu'il commette un peche. Hier les messages que je lui ai envoyes se resument ainsi :

1) Tu devrais être direct (saoul) plus souvent. J'admire ta fideolite envers Pat... et j'adore entendre que mes messages t'ont manque et que tu desirais entendre ma voix.

2) J'aimerais que l'on puisse parler davantage en apprenant a se connaitre. Je ne veux pas détruire ta relation avec Pat bien que je sais que je pourrais tomber en amour qavec toi facilement

3) Ma seule qualité est peut-être qu'il est très facile pour moi d'être fidele, c'est également essentiel pour moi. Et j'adore être avec la personne que j'aime tout le temps.

4) Bonne nuit Bebesito

 

Lui il m'a repondu un message, mais je dormais deja :

 

1) Je suis encore debout !

 

Et ce matin je lui ai envoye mon premier vrai message en Espagnol (il vient du Venezuela) :

 

1) Buenos Dias ! Como dormistes amigo ? Muy bien ? (Bonjour ! Comment as-tu dormi mon ami ? Très bien ?)

 

Et tout cela ne provient que des messages qu'il m'a envoyes, alors il sera surpris.... et je l'ai envoye a James aussi. Je m'amuse comme un petit fou. Et demain matin je m'envole pour Amsterdam ! Et le lendemain pour l'Espagne. Mais aujourd'hui je vais travailler bien des heures supplementaires, et je me suis couche a 1h du matin hier. Ce sera difficile de faire des heures supp si James veut aller prendre une biere, ce sera notre dernier chance.

 

           

5 Avril 2000 Tenerife, Spain

 

Enfin, un 5 avril pris a tenerife pour des vacances non desirees, dans le club de l'hôtel Adeje Palace, seul, avec un paquets de couples de plus de 130 ans. Je tente de comprendre comment des chanteurs incapables de parler l'anglais entre les chansons, sont capables d'imiter Elvis Presley trop bien. Le tout est enregistrer et ils pretendent jouer. C'est encore pire que je ne le croyais. Enfin, c'est le moindre de mes soucis. près tout ce qui vient de m'arriver. J'ai passe un merveilleux mercredi soir avec James au Ryans. Il a été d'un gentil extraordinaire, et ouvert, et a la fin de la soiree il m'a remercie pour cette soiree, et moi j'ai pris un visage rigide, car je ne voulais pas laisser supposer que j'avais de quelconques intérêts. Et c'était parfait. Mais alors a mon arrivee a la maison, j'avais Alessandro qui m'avait téléphone et qui voulait que je le rappelle. Il s'est vraiment prepare a me prendre sous son aile si Patrice le trompait ou que le Canada s'averait une impossibilite. Et moi, croyant que la fin de mon calvaire avec Stephen tirait a sa fin, je lui lance en plein visage que je le laisserais la si jamais Alex était intéresse a moi. C'est qu'il avait entendu notre conversation au téléphone et qu'il savait maintenant que quelque chose se passait. En effet, c'était très romantique et amoureux et le sujet de la conversation était comment se voir le samedi lorsque je serais de retour d'Espagne sans que Stephen ne soit la et avant que Pat ne revienne de Chine ? Et nous ne parlons même pas de sexe, il s'agit ici d'une rencontre amoureuse et romantique, comme lorsque nous sommes alles au merveilleux Dome du Millennium au Docklands. Il sera fidele a Pat tant et aussi longtemps qu'il n'aura pas la preuve ou un aveu que Pat n'a pas été fidele. Merveilleux n'est-ce pas ? Qui pourrait rever d'un copain qui agirait autrement ? Mais aussi que pour moi il serait bien simple d'être fidele, il est le plus bel homme que j'aie jamais rencontre dans le monde gay dans n'importe quel pays. Pauvre Patrice, attrapper un tel poisson cinq mois avant d'être jete en dehors du Royaume-Uni. Enfin, je ne pouvais pas faire croire a Stephen que rien ne s'était dit. J'ai du lui avouer que je flirtais, mais qu'il n'y avait pas d'avenir parce qu'Alex était fidele a Pat. Et je lui ai avoue que j'en avais assez de lui, de ses problemes de drogues, d'emploi, que nous ne faisions plus jamais l'amour et ses lamentations, ses inrterminables sautes d'humeur et lamentations. Que je le laisserais la sans pitie si Alex me voulait, parce que j'en avais assez. En fait, je venais juste de terminer une soiree inoubliable avec James et voila maintenant que j'avais Alex qui tentait de me voir, je n'étais plus sur terre. Et voila que je revenais a une terrible realite, Stephen qui vient de se faire mettre dehors de son emploi et n'est plus parlable depuis. Oh bien sur que je devrais le supporter dans la dêtresse, mais il ne rend pas les choses faciles, il ne cesse de me cracher dessus et de me rendre coupable de mille et une choses, et moi je n'en  peux plus. Aussi, le lendemain alors que j'étais aux Pays-Bas, je ne pensais qu'a lui. Il faut dire que la nuit même nous partions pour les Iles Canaries, alors que moins de 24 heures avant je lui avais avoue que je ne voulais plus de lui, que j'en avais assez. Pourtant nous avons en ce moment les meilleures vacances du monde. Nous rions tellement que plusieurs fois j'ai manque vomir de rire. Maintenant que le stress de nos emplois n'est plus, nous nous entendons a merveille, nous rions sans cesse, nous faison l'amour tous les jours. En six jours a Tenerife, nous avons fait l'amour au moins 8 fois. A Londres, faire l'amour 8 fois = 8 semaines = 2 mois, if I am lucky. Drogues, stress au travail... tous ses problemes se resument a cela.

            Ainsi le lendemain, après n'avoir point du tout dormi, je me retrouvais a Amsterdam pour le plus ennuyant et embarrassant jour d'affaires. Je m'y suis ennuye pour mourir et au lieu de m'avoir rapproche du client, je ferais maitnenant tout en mon pouvoir pour ne plus jamais les revoir, en commencant par ne plus jamais les inviter sur aucune de mes conferences. Même s'ils investissent £30,000 en publicite. Ils n'auront rien sur ma prochaine conference SDH & WDM, Transport Networks a Paris, que je ne verrai jamais car je ne travaillerai plus la en septembre.

 

7 Avril 2000, Tenerife

 

            Enfin le départ, après une soiree infernale avec le monstre. Lui ne me propose pas un suicide collectif, mais me proposait d'aller voler le contenu de chambres d'hôtel, de faire des choses dangereuses et illegales, parce que c'était notre dernière soiree a Tenerife. Ensuite il s'est saoule comme un dechaine et est alle dire au cuisinier du restaurant ou nous étions que son copain (lui) voulait coucher avec lui, et lui a demande s'il était straight. Revenu dans la chambre d'hôtel, il n'en avait pas encore assez bu et il voulait retourner au bar de l'hôtel. J'ai tout fait pour l'arrêter car il est clair qu'il aurait fini en prison. Il n'est plus sorti mais m'a lance qu'il avait appele ses amis de drogues a propos de moi, une clique prete a tuer ou envoyer a l'hopital n'importe quel indesirable. Soudainement j'ai bien compris que de sortir de cette relation sera une chose impossible. Ca ressemblait drôlement a du chantage son histoire et j'ai bien passe près de lui dire que si jamais je me ramassais a l'hopital a cause de ses amis, j'irais directement a la police pour denoncer tous ses crimes, mais cela aurait été signer mon arrêt de mort. Je lui ai plutôt dit que je ne m'empecherais pas de faire ce que je veux faire et que si ses amis me tuait, je les remercierais, et s'ils m'envoyaient a l'hopital, je m'en balancais, et que je j'esperais que lui-même s'en sentirais mieux, mais que j'en doutais. C'est alors qu'il m'a pris dans ses bras, m'a écrase trop fort en me disant qu'il m'aimait tant qu'il en avait peur.

 

12 Avril 2000, South Kensington

 

            Paul. Et je le disais comme s'uil s'agissait de Paul Atreides dans dans le film Dunes, version française. Paul. Que faisait-il la ? En arriere du comptoir de Old Compton Bar du Old Compton Street de SoHo ? Il s'est vite justifie pour me dire qu'il s'agissait la d'un emploi a temps partiel, qu'en fait il était un Customer Service Manager de 9 a 5 ou 8 a 4 chaque jour. Que j'aie pu laisser Stephen pour ce con voila trois ans, cela est incomprehensible. Il était beau lorsque l'on travaillait ensemble a Victoria, aujourd'hui il me meprise. Pourtant, j'ai 20,000 plus de raisons que lui de le mepriser. Qu'il meurt, la mon souhait. Est-ce que je meriterais tant de mepris, après tout ce que nous avons traverse ensemble ? Cela est le point Aucun regret, que Paul meurt.

 

 

5 Juillet 2000, Portiragnes

 

Cela fait quatre jours que je suis sur le canal du midi avec Stephen, j'ai emporte une vingtaine de CD Audio, six livres sur la Relativite, Quantum Mechanics et Superstrings, puis j'ai tente d'écrire, malheureusement je n'ai pas eu la chance de faire quoi que ce soit. Il s'agit ici de journées horribles qui commencent a 8h le matin et se terminent a 8h le soir. Stephen ne veut pas prendre le temps d'arrêter nulle  part, de respirer, d'observer le paysage malgré toutes les preparations d'avant notre arrivee. Je lui av ais fait promettre qu'il se calmerait cette fois, mais au contraire. Voila deux ans il avait un remplacement de sa drogue, mais pas cette annee. Il n'a rien pour deux semaines. Alors après le quatrieme jour il n'en peut plus, il ne se comprend plus, il ne fait que gueuler, paniquer, promener le bateau a très haute vitesse enrageant tous les vieux croutons Francais de Trebes jusqu'a Portiragnes maintenant. Même pas une minute il ne peut arrêter, il se leve, saute dans la douche et part le bateau. Il dit qu'il ne lui faut pas le temps de penser et c'est moi qui en souffre les consequences, car moi qui venais ici pour penser, me retrouve complètement mort a 21h et je dois aller dormir. Je gracie mon mal de dent de voila 2 ans qui m'a permis toutes ces nuits blanches qui m'ont permies de penser et d'écrire. Cette fois-ci cela ne fonctionnera pas. Et j'ai compris également que mon mal de dent de voila deux ans a été cause par les pains baguettes qui sont bien trop durs. Je me souviens seulement aujourd;hui que non seulement mes levres étaient toutes coupees, mais il a fallut m'arracher trois dents a mon retour en Angleterre. Cela peut sembler drôle, mais est un fait et je me fous bien de la mauvaise publicite faite aux pains baguettes français. Ils sont horriblements tranchants, ce qui me laisse penser que les français doivent avoir de bonnes levres et de bonnes dents. Voila, il est 23h30 et je suis mort. Je ne saurais pas surpris si ce paragraphe est tout ce que j'ecrirai dans mes onze jours dans le sud de la France.

 

6 Juillet 2000, Agde

 

Je viens d'envoyer chier mon premier vieux tabarnack de Francais. Stephen m'a pousse a bout car il n'a plus aucune patience pour rien et m'a dit de me la fermer plusieurs fois et maintenant que j'ai explose il me fait une morale infernale, alors devant tout le monde je l'ai envoye promener et je lui ai crie plusieurs fois to shut up. Je me suis connecte a ma musique pour eviter de l'entendre et j'espère qu'il va maintenant decrisser pour aller visiter le terrain de camping. Je jure qu'il reviendra dans moins de 5 minutes pret a repartir sans respirer. D'habitude je suis tellement poli, moi l'ambassadeur des Québecois a l'etranger, je ne voudrais pas que l'on se fasse une mauvaise opinion de nous en France, mais la j'en ai ma claque de les voir paniquer outrageusement lorsque l'on passe en bateau a 10 RPM seulement et leur curiosite qui n'en fini plus, tellement que d'attacher un bateau est suffisant pour qu'ils arrêtent tout pour nous regarder se demerder avec les cordes. Je plains le prochain qui se mettra a gesticuler parce que Stephen va trop vite, car Stephen a dit que celui-la il debarquerait du bateau pour lui flanquer un coup de pied au cul. Le probleme est que eux ne savent pas que nous sommes au seuil de l'intolerance. La merde que j'ecris au lieu de ce que je devrais écrire ici... misere...

 

11 Juillet 2000, Trebes

 

Voila, nous sommes a Trebes, fin de notre second voyage sur le Canal du Midi qui est en fait dans le sud de la France. Quelque chose me dit que ce n'est pas la dernière fois que je fais ce voyage, et pourtant je connais maintenant toutes les villes et villages par cœur. Stephen est en train de lire The Moving Accident de Sheila MacLeod et moi je ne l'ai même pas lu. Sans doute cela me motivera a le lire, somme toute Sheila semble être une auteure exceptionnelle, triste et honte que je n'aie jamais pris le temps en deux ans de la lire. Alors que Sheila m'a lu ! 

 

 

Londres 15 Mai 2000

 

Je ne sais plus trop ce qui se passe dans ma vie a l'heure actuelle. C'est l'heure des changements je crois, de bouger, de changer de place, pourtant ma porte de sortie est dans quelques mois seulement, mais c'est deja très pres. Je suis bien heureux que ce ne soit pas trop près de moi, mais tout de même dans des delais qui m'empechent de trop souffrir au travail. Gu-gus vient de doubler son salaire, comme la plupart des autres producteurs. Moi je suis encore en attente, sans doute parce que l'on m'a donne les pires conferences a produire. Pourtant je dois m'assurer un bon salaire avant mon départ, car je vais tenter de travailler a temps partiel. La physique devient ma raison majeure a exister, je ne sais plus quoi d'autre je pourrais ou voudrais faire sur cette planete, sinon écrire des romans, mais je ne vois pas ce jour très rapproche. Une etincelle pourrais changer ma vie, car j'ai deja beaucoup produis et que tout est la sur l'Internet, pourtant cette etincelle ne vient pas, comme une vieille voiture tot le matin, l'etincelle n'allumme pas le moteur. C'est sans dout4e mieux ainsi, car je ne crois pas que j'aurais commence la physique a l'universite de Londres si je ne devais pas travailler a faire des conferences qui me tuent ou que j'aurais des contrats avec des editeurs. En fait, le plus difficile serait de ne point devier de mes cours de physique si jamais quelque chose survient dans les prochains mois. Le Soleil est apparu sur Londres, l'ete sera chaud. Mon seul obstacle, cet emploi de malheur. Mais, aurai-je le courage de reviser tolutes mes maths et ma physique avant de commencer l'universite ? Il le faudra, je n'aurai pas le choix. Je vais m'enfermer quelque part et y passer des journées entieres. J'ai retrouve ma vieille calculatrice, elle fonctionne toujours après 10 ans. Pourtant je n'ai jamais change la batterie. C'est phenomenal. I wish I was at the stage where I finished my first year university with the guarantee that I have enough money to survive the second year. Oh God, quel challenge cela est, je me demande si cela sera possible. Rien n'est plus important pour moi que de découvrir les limites de ce qu'Einstein signifie par sa distance relative, pourtant, personne ne peut cracher sur un salaire de £100,000 par annee. Vaut mieux ne pas dire a mes parents combien eleve sera mon salaire lorsque je quitterai mon emploi, ils ne me le pardonneront jamais. De toute maniere mon pere m'a deja indique qu'il ne m'aiderait pas financierement, alors... Who cares anyway...

 

            J'ai un gros fatty... a cote de moi en ce moment...

 

fatty... je crois qu'il a vu cela... et finalement il est sorti du train...

            Et maintenant la fille a cote s'imagine devenir une grande actrice a cauase d'une lettre qui dit rechercher des gens de talent... bull shit, bull shit, bull shit... elle n'a aucune chance de deboucher nulle part. Triste monde, j'espère qu'elle suicidera ce soir. Car je n'en ai rien a foutre...

            En plus je suis saoul en ce moment et je suis ecœure de vivre, autant que James qui n'arrête pas de me dire qu'il va se suicider. Eh b ien j'espère qu'il va se suicder etg me laisser tranquille, car j'en ai marre...

 

17 mai 2000

 

Hostie de calice de christ de tabarnack. Je n'ai bu que deux pintes de bières et deja jne suis en tabarnack, pret a tuer tout le monde et a mu tirer une balle par la même occasion. bJ'ai écrase le pied d'un vieux christ dans le train et il s'est mis a paniquer et voila que je suis enrage également. Ce que je me retiens de lui lancer par la tete : "Ma jounee a été infernale, ma vie est un enfer, et je me fous de toi et de tes caprices. Si tu cherches la bagarre, je vais te sacrer un coup de poing parce que je n;'en ai pl,us rien a foutre, de toit, de moi, de ma vie.  Je suis ecœure de tout, je n'ai plus la chance de respirer, et de retourner en physique ne me semble pas une solution ce soir, au contraire, c'est une excuse pour lacher un bon emploi. Or, je vais m'emmerder tout autant dans cette excuse. 'ai besoin d'une autre solution, une solution qui m'isolera de tout le monde, peut importe s'il me faut continuer a travailler comme un dechaine, je veux juste ne plus rien avoir a faire avec autrui. C'est la mon seul ideal de vie a atteindre, ne plus afvoir affairwe qavec personne. 

 

24 Mai 2000

 

Je viens de passer la soiree la plus ennuyante depuis très longtemps. Non pas que Sheila était ennuyante, mais que Tony l'était. Que j'ai pu avoir les mêmes soirees une a deux foisn par semaine depuis deux ans après les cours a Birkbeck College me surprend, mais alors j'étais saoul et ce soir je ne l'étais pas. Alors quand Tony s'est mis a parler de son discours de Baudrillard et de la modernite et que nous étions tous des materialistes victimes des grandes corporations et bladibla, j'ai explose et je lui ai dit que c'était a whole lot of bollocks et que c'était shit. Je crois que je l'ai traumatise complètement, mais christ, qui donc en l'an 2000 est encore coince sur le Marxisme et les annees 70 ? Bon Dieu, ca m'a donne envie de prendre un fusil et de l'exterminer, ou bien de me suicider. Je n'ai plus aucune patience pour rien et j'aimerais tant m'isoler loin du peuple. Mais voila, comment faire ? Si je ne reussis pas cela bientot, je crois qu'ils vont devoir m'enfermer. Je suis devenu gors et laid et tout le monde me déteste et je me sens mal dans ma peau et je travaille trop pour rien alors que me reste-t-il ? L'isolement ou le suicide. Je serai de retour a minuit passe, demain sera encore une journée infernale ou je dormirai debout. Pas etonnant que je n'ai plus de patience. Et je suis tellement en manque de sexe, je coucherais avec n'importe quoi. Pourtant j'avais la chance a l'instant d'aller dans Russell Park, mais je n'y suis pas alle. Je suis content, mais je suis en manque. Quelque chose devra bientot survenir dans ma vie, car a l'heure actuelle elle ne va nulle part. Je dois laisser mon emploi dans trois mois, et leur annoncer cela dans deux mois. Je crois que je vais leur annoncer le mois prochain et terminer toute cette merde a la fin juillet. Il me resterait deux mois pour reviser mes maths et physique avant de commencer. Un mois ne sera peut-être pas suffisant et un mois de plus a venir a Londres tous les jours pourrait me couter la liberte, car j'en tuerais bien quelques-uns.

 

 

Londres 15 Mai 2000

 

Je ne sais plus trop ce qui se passe dans ma vie a l'heure actuelle. C'est l'heure des changements je crois, de bouger, de changer de place, pourtant ma porte de sortie est dans quelques mois seulement, mais c'est deja très pres. Je suis bien heureux que ce ne soit pas trop près de moi, mais tout de même dans des delais qui m'empechent de trop souffrir au travail. Gu-gus vient de doubler son salaire, comme la plupart des autres producteurs. Moi je suis encore en attente, sans doute parce que l'on m'a donne les pires conferences a produire. Pourtant je dois m'assurer un bon salaire avant mon départ, car je vais tenter de travailler a temps partiel. La physique devient ma raison majeure d'exister, je ne sais plus quoi d'autre je pourrais ou voudrais faire sur cette planete, sinon écrire des romans, mais je ne vois pas ce jour très rapproche. Une etincelle pourrait changer ma vie, car j'ai deja beaucoup produit et que tout est la sur l'Internet, pourtant cette etincelle ne vient pas, comme une vieille voiture tot le matin, l'etincelle n'allumme pas le moteur. C'est sans doute mieux ainsi, car je ne crois pas que j'aurais commence la physique a l'universite de Londres si je ne devais pas travailler a faire des conferences qui me tuent ou que j'aurais des contrats avec des editeurs. En fait, le plus difficile serait de ne point devier de mes cours de physique si jamais quelque chose survient dans les prochains mois. Le Soleil est apparu sur Londres, l'ete sera chaud. Mon seul obstacle, cet emploi de malheur. Mais, aurai-je le courage de reviser toutes mes maths et ma physique avant de commencer l'universite ? Il le faudra, je n'aurai pas le choix. Je vais m'enfermer quelque part et y passer des journées entieres. J'ai retrouve ma vieille calculatrice, elle fonctionne toujours après 10 ans. Pourtant je n'ai jamais change la batterie. C'est phenomenal. I wish I was at the stage where I finished my first year university with the guarantee that I have enough money to survive the second year. Oh God, quel challenge cela est, je me demande si cela sera possible. Rien n'est plus important pour moi que de découvrir les limites de ce qu'Einstein signifie par sa distance relative, pourtant, personne ne peut cracher sur un salaire de £100,000 par annee. Vaut mieux ne pas dire a mes parents combien eleve sera mon salaire lorsque je quitterai mon emploi, ils ne me le pardonneront jamais. De toute maniere mon pere m'a deja indique qu'il ne m'aiderait pas financierement, alors... Who cares anyway.

 

            J'ai un gros fatty... a cote de moi en ce moment...

 

fatty... je crois qu'il a vu cela... et finalement il est sorti du train...

            Et maintenant la fille a cote s'imagine devenir une grande actrice a cauase d'une lettre qui dit rechercher des gens de talent... bull shit, bull shit, bull shit... elle n'a aucune chance de deboucher nulle part. Triste monde, j'espère qu'elle suicidera ce soir. Car je n'en ai rien a foutre...

            En plus je suis saoul en ce moment et je suis ecœure de vivre, autant que James qui n'arrête pas de me dire qu'il va se suicider. Eh bien j'espère qu'il va se suicdier et me laisser tranquille, car j'en ai marre...

 

17 mai 2000

 

Hostie de calice de christ de tabarnack. Je n'ai bu que deux pintes de bières et deja je suis en tabarnack, pret a tuer tout le monde et a me tirer une balle par la même occasion. J'ai écrase le pied d'un vieux christ dans le train et il s'est mis a paniquer et voila que je suis enrage également. Ce que je me retiens de lui lancer par la tete : "Ma jounee a été infernale, ma vie est un enfer, et je me fous de toi et de tes caprices. Si tu cherches la bagarre, je vais te sacrer un coup de poing parce que je n'en ai plus rien a foutre, de toi, de moi, de ma vie.  Je suis ecœure de tout, je n'ai plus la chance de respirer, et de retourner en physique ne me semble pas une solution ce soir, au contraire, c'est une excuse pour lacher un bon emploi. Or, je vais m'emmerder tout autant dans cette excuse. J'ai besoin d'une autre solution, une solution qui m'isolera de tout le monde, peu importe s'il me faut continuer a travailler comme un dechaine, je veux juste ne plus rien avoir a faire avec autrui. C'est la mon seul ideal de vie a atteindre, ne plus avoir a faire avec personne. 

 

24 Mai 2000

 

Je viens de passer la soiree la plus ennuyante depuis très longtemps. Non pas que Sheila était ennuyante, mais que Tony l'était. Que j'ai pu avoir les mêmes soirees une a deux fois par semaine depuis deux ans après les cours a Birkbeck College me surprend, mais alors j'étais saoul et ce soir je ne l'étais pas. Alors quand Tony s'est mis a parler de son discours de Baudrillard et de la modernite et que nous étions tous des materialistes victimes des grandes corporations et bladibla, j'ai explose et je lui ai dit que c'était a whole lot of bollocks et que c'était de la bull shit. Je crois que je l'ai traumatise complètement, mais christ, qui donc en l'an 2000 est encore coince sur le Marxisme et les annees 70 ? Bon Dieu, ca m'a donne envie de prendre un fusil et de l'exterminer, ou bien de me suicider. Je n'ai plus aucune patience pour rien et j'aimerais tant m'isoler loin du peuple. Mais voila, comment faire ? Si je ne reussis pas cela bientot, je crois qu'ils vont devoir m'enfermer. Je suis devenu gors et laid et tout le monde me déteste et je me sens mal dans ma peau et je travaille trop pour rien alors que me reste-t-il ? L'isolement ou le suicide. Je serai de retour a minuit passe, demain sera encore une journée infernale ou je dormirai debout. Pas etonnant que je n'ai plus de patience. Et je suis tellement en manque de sexe, je coucherais avec n'importe quoi. Pourtant j'avais la chance a l'instant d'aller dans Russell Park, mais je n'y suis pas alle. Je suis content, mais je suis en manque. Quelque chose devra bientot survenir dans ma vie, car a l'heure actuelle elle ne va nulle part. Je dois laisser mon emploi dans trois mois, et leur annoncer cela dans deux mois. Je crois que je vais leur annoncer le mois prochain et terminer toute cette merde a la fin juillet. Il me resterait deux mois pour reviser mes maths et physique avant de commencer. Un mois ne sera peut-être pas suffisant et un mois de plus a voyager au centre de Londres tous les jours pourrait me couter la liberte, car j'en tuerais bien quelques-uns.

 

19 Juin 2000

 

J'allais écrire ce matin, et puis je me suis mis a lire ce qui precede. Eh bien, j'allais écrire la même chose. La preuve que je suis dans une stagnation des plus effrayantes malgré que je sois a Londres. J'ai besoin de ce changement et je l'aurai dans deux mois, pourtant cela est trop loin. Je me languis comme si c'était la une liberation absolue de l'enfer de ma vie, pourtant je serai loin de cette liberte, je vais remplacer un enfer par un autre tout aussi pire.

 

20 Juin 2000

 

Une journée avant l'ete, tu aurais cru que quelque chose d'interessant allait se produire, mais non, a part la chaleur insoutenanble qui fait perdre connaissance a bien des passagers dans les trains de Londres, rien ne survient. Demain une conference, Corporate Access to Mobile Intranet. Le nom seul me fait vomir, et j'ai moins de 60 delegues. Rien d'epatant ne surviendra. Et le pire est que si un genie sortait de sa bouteille et me demandait ce que je voudrais qui se passe, je ne crois pas que je saurais quoi repondre. Peut être que la vie manque de piquant, de surprises agreables, ce genre de chose. L'imprévu, le changement de la routine. Hier j'ai enfin elabore une idee scientifique a poursuivre, mais c'est trop vague, je suis trop ignorant, et les moyens pour prouver mes choses sont plutôt maigres. J'aurais besoin de penser davantage, mais voila, je ne pense que dans le train qui m'emporte au travail, car je deprime tellement qu'il me faut une evasion. Et je decourvrirais une nouvelle equation révolutionnaire comme E=mc2 que cela ne me rendrait pas plus heureux.

 

23 Juin 2000

 

Aujourd'hui c'est la fete du Québec et je suis au bar a Richmond pour feter cela, ou plutôt feter la fin de ce qui pourrait être ma dernière conference. En effet, je ne serai peut-être pas a Paris pour Transport Networks Forum en septembre prochain. Stephen travaille ce soir et il revient tard. Les deux prochains jours également. Je devrai travailler sur ma conference de toute maniere...

 

 

Londres 8 Septembre 2000

 

Je suis en ce moment assis dans le restaurant Wagamama sur Wignmore Street et Duke Street et j'attends que mon ordinateur soit réparé. Ma première semaine de travail à la maison a été un échec lamentable, je n'ai absolument rien fait d'autre que de tenter de réorganiser mon ordinateur alors qu'il était brisé. En plus, même si l'ordinateur aurait fonctionner, le téléphone lui ne fonctionne toujours pas, ni ma connection à l'Internet. Maintenant c'est un cauchemar, je ne sais pas ce que je vais dire à mon employeur lorsqu'il me téléphonera pour me demander comment ça va. Et la semaine prochaine je ne pourrai pas travailler non plus, je suis àa Pariks pour ma conférence Transport Networks. Ma première confrence à Paris. Bref, une semaine que j'attends avec impatience...

 

10 Septembre 2000

 

Voilà, je suis en route pour Paris. Je viens de rencontrer Simon et Nicola, ils semblent heureux et sont gentils. Nous étions ensembles à Prague alors nous avons comme fait un bonding comme disent les British et comme il semblait important pour la compagnie que nous fassions. Je crois que nous n'aurons pas de problème, d'autant plus que la grande directrice ne vient plus, bien que mon autre directeur sera là. Je vais tenter d'oublier que je suis en retard sur ma prochaine confrence et aussi oublier cette conférence qui m'amène à Paris. En fait, je m'en fait refaire mon bonding avec Paris. Ce que Paris doit être dans une chambre d'hôtel 5 étoiles sur le Champ de Mars avec vue sur la Tour Eiffel, au lieu de ma misérable chambre d'étudiant pauvre de lorsque j'y étudiais. Aussi je m'en vais officiellement travailler à Paris, ce qui est une première. Mais je ne reviens pas en vainqueur, malgré mon salaire je retourne aux études moins de 3 jours après mon retour. Retourner en vainqueur serait de revenir non pas en auteur à succès, mais en auteur publié qui aurait vendu au moins 300 copies d'un de ses livres. Mais attendre après cela est également ridicule. En fait, je ne fais que retourner à Paris, voilà tout, et je m'en vais prendre au moins un millier de photos.

 

 

Barcelone, 19 Octobre 2000

 

Je suis au Punto BCN (Barcelona) sur Muntaner. Ma conférence est enfin terminée et après avoir terminé ma boîte d'aspirines, je me suis enfin levé pour aller visiter la ville. C'est une chance que j'aie eu le temps de visiter, car j'allais repartir avec tous les préjugés du monde et rayer Barcelone de ma liste pour toujours. Maintenant j'ai une opinion différente. J'ai sué toute la journée, j'ai des feux sauvages sur les lèvres (comme d'habitude cela ne survient que lorsque j'ai une importante conférence comme celle-ci, WASP Forum à l'Inter-Continental de Barcelone). Et bien que je suis bien moins gros que je l'étais voilà un mois, je suis encore un peu gros. Alors je n'ai comme pas l'envie de sortir et rencontrer du monde, je suppose que je veux juste voir à quoi ressemble les bars de Barcelone. C'est la ville préférée de Patrice alors qu'il a voyagé partout, même en Chine. Il doit bien y avoir quelque chose d'extraordinaire, car enfin, comment peut-on préférer une ville à Paris, Londres ou New York? Eh bien, c'est simple, Barcelona est comme un deuxième Paris, c'est propre, haut en standards, les gens y sont bien habillés et distingués et en plus ils sont gentils et non prétentieux. Après cela, on voudrait presque dire que c'est mieux que Paris, mais ils ne parlent que l'Espagnol. C'est la première fois en Europe à part l'Italie que je me confronte à un  pays en entier qui ne parle que leur langue. Or, Patrice parle l'Espagnol, donc pour lui c'est le paradis. Je pense que je me plairais ici, à apprendre l'espagnol.

 

            Il y a plusieurs couples qui s'embrassent, pas un ne m'a encore regardé. J'attends plus tard pour me rendre à l'Alternativ sur Villarroel, puis Frivolité et Médusa sur Casanova. Je ne ferai rien d'autre et je repars demain vers 14h. J'ai payé ma compagnie £128 pour garder la chambre jusqu'à vendredi matin, je pense qu'ils se sont rendus compte que j'ai pris une journée de plus à Paris lors du Transport Networks Forum. Un message s'est promené cette semaine de la grande directrice à propos des journées supplémentaires. J'ai appris une leçon, ne jamais tenter de voler sa compagnie, ils savent tout, ils voient tout, le seul risque est de perdre son emploi. Cela n'en vaut pas la peine. Pourtant au lieu de venir me voir et me demander de payer, ils ont lancé un message général. Ils ne s'en sont peut-être pas rendu compte, mais je ne prendrais pas de chance la prochaine fois.

 

            Ma prochaine conférence est deds semaines en retard, elle devrait déjà être imprimée. Tout va mal, l'association principale a décidé de ne plus avoir son meeting en même temps que la conférence qui aura lieu à Amsterdam en février, juste avant le congrès des téléphones mobiles à Cannes. Ce mois là je ne serai jamais à Londres, nous allons à Chamonix ensuite pour skier, et moi qui n'a jamais skié de sa vie.

 

            Je suis mort, complètement mort. J'avais les deux plus fatigants délégués à ma table la dernière journée, celui qui a détesté la conférence complètement et s'est lamenté a tout le monde, puis l'autre con qui ne parle que sa langue qu'il parle à Uruguay, est tout mêlé et ne parle que de conneries. Eh bien celui-là je l'ai rencontré aujourd'hui lorsque je visitais cette affrosité de cathédrale non terminée. Bon dieu, je ne puis même pas visiter la ville sans rencontrer mes délégués. Et puis ce bar gay me fait chier, tout le monde est beau, et moi je suis laid, j'ai envie de tous les tuer. Je pense que je vais rentrer très bientôt.

 

            Hier j'ai eu ma soirée Scottish, avec ma co-ordinatrice et son chum qui sont tous deux de Glasgow. Ils étaient le couple parfait, tous les deux en amour, tos les deux beaux, mois les Écossais je les trouve irrésistibles. Ils sont tous très beaux. Un autre Écossais s'est assis à notre table lors du Gala Dinner à l'Opéra de Barcelone, et Dieu qu'il était beau. Mais il a insisté pour être pris en photo avec cette fille à robe rouge que James avait déjà spotté auparavant. Tous deux se sont fait prendre en photo avec elle et en plus elle s'intéressait à James. Quand je repenserai à Barcelona, je reverrai en ma mémoire le beau Jameshew et les endroits que nous avons visités ensemble (surtout le stupide plus grand stade de football d'Europe juste en arrière de l'Inter-Continental). Il avait sa chambre juste en face de la mienne au 14ième étage, et j'ai dormi dans sa chambre la première nuit. Je l'ai vu a moitié nu mais je ne pouvais pas le toucher, et le lendemain il est venu dans ma chambre en robe de chambre. Il savait quel effet il causait et cela il aimait. Mais il est straight, et maintenant je n'en ai aucun doute. Toute cette romance juste bonne à jeter à la poubelle, c'Est triste comme jamais. Et puis, il n'a aucune manière ou d'amour propre. Il s'écrasait à l'arrière de la salle de conférence et ignorait qu'ils s'aliénait tous les délégués. Pendant mon discours d'ouverture, il sautait à l'arrière et je me demandais si certains des 160 délégués l'apercevaient. Et puis quand l'ordinateur s'est mis à flancher et que les bannières décollaient (le décor tombait en pièce pendant que les conférenciers parlaient), lui il riait, il répétait sans cess comme un cinglé que bientôt l'écran principal s'écraserait sur le sol et que les caisses de sons assommeraient les délégués. Et il riait pratiquement haut et fort à propos de tous les problèmes de la confrence, dans la salle de conférence. Ah, j'ai manqué l'envoyer promener et lui dire que son incompétence était flagrante et qu'il était incapable de quoi que ce soit. Je lui ai demané de recoller les bannières alors que je devais courir dans ma chambre au 14ième chercher mon ordinarteur car aucun des trois de la compagnie ne fonctionait (!) et lorsque je suis revenu 10 minutes plus tard, il en étyait encore à tenter de figurer quoi faire. Et ce gars-là produit des conférences? Et je suis en amour avec? God!!! Le seul moment mémorable de sa présence à Barcelone est lorsque je suis remonté dans ma chambre juste avant son départ, que j'ai vu ses vêtements là car il n'avait plus sa chambre et que je me suis masturbé à sentir une de ses chemises sales. Quelle honte! Bref, mon moment le plus mémorable avec lui, a été celui ou il n'y était pas. Je pense que quelque chose de grave s'est produit, suffisamment pour que mon amour pour lui se termine. Comment peut-il raconter au déjeuner que je regardais cet Écossais qui parlait français et vivait en Irelande avec des yeux attendris dedvant une collègue qui ne me connaît même pas? J'aurais voulu le tuer! Enfin... il est vrai que cet Écossais à la chemise rose m'a fait perdre la tête.

 

            Merde, m'asseoir dans un pub avec mon ordinateur de poche et écrire toute la soirée sans attirer l'attention de personne n'est pas ma première expérience. La dernière fois c'était à Prague, car à Paris j'avais Franck et ses amis, je ne me suis jamais retrouvé seul car mon collèegue gay sortait avec moi. C'est toujours très triste et désespéré, je ne fais audcun effort pour rencontrer du monde, mais personne n'en fait non plus. J'imagine que Patrice ne s'emmerderait pas d'un ordinateur, il boirait en regardant tout le monde jusqu'au moment ou finalement il peut passer à l'attaque. Sans doute il aurait choisi un bar avec une back room et aurait fait cela sur place comme la dernière fois que nous étions à Paris ensemble. Et puis j'ai trouvé une liste de saunas bien que je n'ai pas l'intention de m'y rendre. Pat y serait en ce moment, encore qu'il pourrait aussi déjà être à Sitges, la plage gay... Je ne suis plus aussi risky qu'avant, aurais-je perdu l'intérêt ou je me sens laid? Et que se passera-t-il lorsque je serai mince à nouveau? Car je n'ai pas l'intention de m'arrêter là. Ma motivation cette fois c'était que je me retrouverais à Barcelone avec James et qu'il voulait partager une chambre avec moi. Well, il m'a avoué que cela était une blague (le con! Mais était-ce vraiment une blague? C'est facile à dire après coup...)

 

            Enfin, il y en a un qui me regarde. En plus il semble beau, et pour une fois, il n'est pas seul avec son copain en train de se manger. Il a deux amis avec lui. C'est presque gênant s'il vient me parler, je sens le touriste qui vient de redescendre du Montjuic après avoir grimpé la Pedrera Espal Gaudi, non je veujx dire la Sagrada Familia. Il est un  peu gros et a l'air tapette. Enfin, il me convient dans les circonstances. Mais il a besoin de faire un  move dans les 5 minutes, car moi je m'en vais à l'Alternativ. L'histoire de ma vie. 21h26. Je pense qu'il a du crayon noir dans les yeux. Il est vrai que je ne me suis jamais plein lorsque Robert Smith des Cures en portait, mais je suis incertain lorsqu'il s'agit de quelqu'un avec qui je couche. 21h27. Il ressemble à ce Patrice que j'ai connu avant de resacrer le camp de ma ville natale voilà 4 ans. Ça me donne envie de vomir. 21h28. Un nez de cochon aussi. 21h29. Il parle maintenant au téléphone... 21h30. Voilà, j'ai fini ma bière. 21h31. Je décrisse d'icitte hostie!

 

            Je suis maintenant au Dietrich, je me suis remis à l'écriture. À l'Alternativ c'était trop vide et j'étais incapable de trouver les deux autres sur Casanova. Ainsi je suis allé au Oui Café, et il jouait Star Trek Generations sur deux télévisions à la fois. Alors je me suis mis à regarder la TV, et le monde, et j'ai parlé avec un Catalan qui m'a raconté l'histoire des Catalans. Environ 8 millions le parlent, 4.5 millions le parlent comme langue maternelle, et depuis toujours, même aujourd'hui, les Espagnols tentent de les assimiler. Je dirais qu'ils ont réussis puisque tous les Catalans parlent très bien l'Espagnol. Or, bien qu'il m'a laissé au Ditrich car il ne m'a pas tout dit sur sa vie et je crois que c'est un homme marié, il m'a éclairé sur certaines choses. Je pensais que les Catalans ressemblaient énormément aux Canadiens-Français et que même leur accent était bien similaire aux Québécois, c'est-à-dire l'ancien français. Je me sens pratiquement chez moi à Barcelone tellement je trouve que le monde ressemble aux Québécois. Et lorsque je marche dans la rue, je crois entendre du québécois jusqu'à ce que je réalise que c'est Espagnol ou Catalan. Or, les Catalans sont des descendants Français et je pense que la rupture date du temps ou justement les Français se rendaient au Québec. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi je n'avais jamais entendu parler de ces Catalans jusqu'à hier... suis-je responsable d'un tel manque à mon éducation? Aurais-je dû moi-même par curiosité sur les Espagnols faire une recherche sur les choses les plus basiques les concernant? Ou au contraire devais-je attendre d'être enfin ici pour apprendre le tout à leur sujet? Bref, la situation Catalan est très similaire à la situation Québécoise, et partout ou je vais je pense que les Catalans, les Écossais, les Irlandais, les uatres colonies de l'Empire comme l'Algérie peut-être ont raison de se révolter. Mais je trouve bizarre qu'au Québec je ne suis pas d'accord avec cela. La vie est complexe.

 

            Peut-être que je ne suis pas aussi laid que j'ai l'impression de l'être, beaucoup me regardent. Mais c'est une place bizarre ce Dietrich... les bars sont beaux, modernes, chics et propres, j'aime bien. Mais ils n'ont certes jamais vu de petits ordinateurs portatifs avant, du moins celui que j'ai, car comme à Prague ils semblent bien impressionnés par ce gadget qui coûtent pourtant une fortune. Ah, je m'emmerde, je pensais avoir trouvé la personne que j'allais ramener à l'hôtel, Juan, mais voilà il devait repartir pour Dieu sait qui... le con, lorsque l'on est pas intéressé à coucher avec quelqu'un, on ne le regarde pas pendant 30 minutes, car moi avant de me décider à parler avec quelqu'un, il me faut bien qu'elle m'ait regardé pendant 30 minutes sans arrêt sans s'être intéressé à quelqu'un d'autre. Ils sont tous en admiration devant mon ordinateur, ils sont vraiment cons. Même à Prague ikls feignaient avoir déjà tout vu, de peur que l'on pense qu'ils n'étaient pas si développés que les journaux Européens le laissent entendre. Ici ils n'ont aucun complexe, honte, un peu comme les Britanniques du Nord, un peu comme Jameshew. I could shoot the guy. So pensons à autre chose. Bon, 12h26, mon club est ouvert, Arena. Juan m'a donné un billet d'entrée gratuit. Si je m'emmerde, je saute au Métro. 1,500 Pesatas au Metro comparé à 600 Pesatas pour l'Arena, j'aurais tendance à croire que le Metro est mieux. Mais le Metro a ce labyrinthe Back Room de sexe ou l'on te vole ton argent pendant que l'on te fait un blow job, comme dans Russell Park à Londres, aussi cela m'intéresse moins.

 

            Voilà, je suis au Médusa, un endroit supposément très populaire. C'est intéressant, très moderne, des ballons-lumières pourpres, verts et rouges. Les barmans sont en bedaine et musclés, j'ai un suppert de beau gars à ma droite, je ferais n'importe quoi pour lui sauter dans les bras. Mais il me semble trop niaiseux pour comprendre autre chose que l'Espagnol. Je saigne dela lèvre, je devrais vraiment rentrer... mais je reste...

 

            Je suis à l'Arena.... lorsque je suis entré c'était Final Countdown d'Europe. Cette chanson était populaire voilà 15 ans. Et puis toutes les chansons suivantes sont toutes aussi kétaines, passées date. Plusieurs m'ont regardé lorsque je suis entré, mais j'ai tant perdu confiance en moi, je n'ai retourné aucun regard. De toute manière la musique est si horrible, je vais quitter dans les 5 minutes pour ma dernière destination. Un autre club appelé Metro. Je ne crois pas rechercher quelqau'un pour la nuit, mais j'ai certes fait un tour complet des bars et clubs pour un jeudi soir.

 

            Je vois tous ces tapettes ce soir, programmés comme des androids, ils dansent à la Star Trek. Ce qui me rappelle que durant ma conférence James avait décidé de se décrotter le nez dans les profondeurs inatteignables, et j'ai dû lui dire d'arrêter, cela n'avait pas de bon sens durant la conférence. Mais maintenant que je suis à travers tous ces robots, je pense que je ne ferais confiance à personne d'autres que quelqu'un qui ose se dédrotter le nez à deux mains en public. Une telle personne n'a, à mon avis, rien à cacher.

 

 

Entre Barcelone et Londres (France?), 20 Octobre 2000

 

            Enfin, je suis rentré seul à l'hôtel et cela m'a ravi. Je n'aurais pas voulu m'encombrer de quelqu'un, ne pas dormir de la nuit et être en état de panique le lendemain alors que je devais faire mes bagages. Je suis égélément bien heuruex de retourner à la maison à Londres. Ces voyages deviennent de plus en plus compliqués et longs, et stressants. J'ai tellement de travail en retard, enfin j'aurai le temps de m'y mettre. Quelle belle rencontre j'ai faite avec ce Catalan, et si je regrette une seule chose, c'est bien de l'avoir invité à venir à l'hôtel... ça a détruit la romance. Il me rappelait beaucoup Ed, mon amour new-yorkais, car ils ont tous deux le même accent. Et j'ai hâte de retrouver Mark...

 

Océan Atlantique 16 Décembre 2000

 

Ils ont fait beaucoup de bruit l'an dernier car c'était l'an 2000. Maintenant nous arrivons à la fin de cette année 2000 et rien n'a changé. Rien? Je ne dirais pas cela. En ce qui me concerne, tout a changé. Je suis devenu vieux, gros et laid, pas vraiment, mais

j'ai perdu de ma vigueur, ma jeunesse, ma face d'enfants. Pratiquement du jour au lendemain

Bon Dieu, j'écris dans l'avion, et j'ai au moins trois lecteurs qui regardent mon écran et potentiellement ce que j'écris. Nous ne serons jamais tranquilles. Enfin, je retourne chez moi après deux ans et demie d'absence, et je n'ai aucune idée de la réception que l'on me prépare. Si je me souviens bien la dernière fois ça a mal tourné et cette fois nous verrons. Je commence à écrire maintenant car je saisn que j'en aurai long à dire. Enfin, oui l'an 2000 a changé des choses, j'ai une dizaine de gadgets électroniques qui font à peu près tout et une connection rapide à l'Internet qui a changé bien des choses. L'ère futuriste que nous attendions s'opère lentement mais certainement. Ma grand-mère est morte, mais je me demande si cela aura changé bien des choses. Ce sera drôle de ne plus la voir, mais elle était devenue tant silencieuse, si enfermée dans sa bulle que nos seuls échanges étaient les quelques questions qu'elles me posaient, surtout sur mes études. J'imagine qu'ils m'emmèneront voir son urne, cela sans doute m'affectera, de comprendre qu'on a brûlé ma grand-mère et que l'on a mis les cendres de son tombeau et de sa personnes dans une boîte en métal. J'ai une conférence à faire pendant les fêtes, vous vous rendez compte? Quel enfer. Je l'ai voulu,j'ai tellement oerdu de temps depuis que j'ai commencé à travailler à partir de la maison. Encore trois heures d'avion avant Montréal, ensuite un autre avion jusqu'à Bagotville. Je n'arrive pas à comprendre comment je pouvais prendre un autobus dans le passé pour faire un autre six heures jusqu'au Saguenay, juste pour épargner deux cent dollars alors que le bus devait bien me coûter un autre cent dollars en tout. Je suppose que je voulais bien comprendre combien loin dans le nord ma famille habite et combien loin j'habite d'eux. Je crois que j'ai accepté l'existence maintenant. Je crois que j'ai, après 28 ans, accepté que je n'étudierai plus, que j'aurai un emploi stable dans les conférences et que je ne ferais plus que faire passer le temps parce que rien d'intéressant ne se produiit dans ma vie à l'heure actuelle. J'accepte tout cela avec l'impression enfin qu'un jour je mourrai et que l'attente ne sera pas si longue. J'ai survécu 28 ans et cela ne m'a pas semblé si long. Un autre 28 ans est endurable, si jamais j'atteignais les 70. Mais c'est drôle que j'aie pu accepter ces choses. Enfin, je ne crois pas que cela va durer. Sans doute je ne pourrai pas demeurer à Londres toute ma vie, j'aurai un désir de trouver un nouvel emploi, changer de ville peut-être. Avec mon emploi actuel je crois que je pourrais être transféré n'importe ou. J'impression que je n'ai plus vraiment de raison de continuer sinon que de faire passer le temps. Enfin, peut-être que la famille et les amis me changeront les idées. M'insuffleront quelque chose de motivant. J'ai presque peur après tant de temps de revenir. Peur de voir que tout a changé et que je n'en fait plus du tout partie, peur de voir que rien n'a changé et que leur vie est d'une stagnation encore pire que la mienne. Encore une fois il me faudrait qualifier la dernière année comme ma meilleure jusqu'à date. Sur quoi je base une telle affirmation. Davantage d'argent et de dettes, une position plus stable que je n'ai jamais eu dans un emploi, et un emploi plaisant et facile à faire à partir de la maison. Quatre de mes livres figurent sur un site Internet de Paris professionnel et commercial important, j'ai habité à Londres plus longtemps que n'importe quelle autre ville sauf Jonquière, j'ai acquis plein de gadgets et de jeux d'ordinateurs, tant que j'en ai perdu l'intérêt, les DVD ont fait leur entrée complète dans notre existence, cela a changé bien des choses. Enfin, j'ignore pourquoi, mais je pense que c'est mieux que c'était. Plus de confiance en moi, un meilleur anglais, je reconfirmerai le tout lorsque l'année sera effectivement terminée.


Aéroport de Montréal

 

            Je viens d'arriver à Montréal et comme prévu j'ai manqué mon transfert. Heureusement il y a un autre avion dans trois heures et Air Canada m'a donné 20 dollars pour manger au restaurant. Une serveuse très sympathique comme on en voit seulement au Québec m'a donné un accueil chaleureux et m'a servi pratiquement un pichet de Molson  comme entrée. Mes parents et mes amis m'attendront longtemps à Bagotville, j'espère qu'ils comprendront que je serai dans le prochain vol. J'ai tenté d'appeler tout le monde, avec une vieille carte de Bell Canada qui marche encore, après trois ans. Mais ils sont tous déjà partis à l'aéroport. Je me demande quelle réception ils me réservent, mais cette attente construira un build-up comme on dit et les retrouvailles causeront une explosion tellement nous serons heureux de nous revoir. Ce qui est bien avec la famille et les vieux amis c'est que l'on s'aime sans condition, et ils m'accepteront peu importe mes défauts et peu importe tout le blabla que je lancerai durant mes périodes d'ébriété aigues. Eh bienm, je suis assis en plein milieu de la place dans un restaurant, seul, pourtant je me sens à l'aise, je suis chez moi.

 

Un con s'est assis à côté de moi avec une humeur massacrante et a rendu ma serveuse d'une humeur massacrante également. Son steak qui m'a semblé parfait ne l'étais pas suffisamment à son goût et maintenant nous avons tous perdus le sourire Non seulement j'ai manqué le vol qui est parti selon moi avant l'heure, mais maintenant une tempête de neige effrayante s'est levée et tous les avions sont détouirnés à Toronto et Québec. Tous les vols d'ici vont partir dans quatre heures et nous, on nous annonce que les avions sont puitchés avec du sel et que ce sera au moins une heure de retard. J'ai l'impression que je ne quitterai jamais cet aéroport déprimant. Et je suis crevé, et je me sens mal, et ce stupide dessert que j'ai pris parce que je voulais dépenser les 20 dollars d'Air Canada m'a coûté 12 dollars car le tout a sauté amplement les 20 dollars. Ou bien c'est des prix d'aéroports ou alors l'inflation au Canada n'a pas perdu son temps depuis quelques années. Ça me surprendrait pas que l'avion s'écrase, mais qu'au lieu de mourir nous soyons perdus dans le parc des Laurentides pour quelques jours, à marcher dans la tempête. On revgient dans soln pays de pôle nord ou on ne revient pas. Mère nature ne manque jamais son coup. Chaque fois que je retourne chez moi, c'est la même histoire, une tempète se lève et je suis incapable d'atteindre ma région. De tous les aéroports que j'ai vu dans le monde, Dorval est le plus déprimant, vieux, non pratique et des douanes infernales qui n'en finissent pas. Et les Québécois commentcent à me tomber sur le systèeme et je me demande ce que je fous ici et j'ai bien jujste envie de reprendre le premier avion pour Heathrow, ma vraie demeure. C'est sans doute que je suis fatigué et que je ne sais pas à quoi m'attendre, mais je méprise le Canada et les Canadiens, qu'ils soient anglophones ou francophones. Pourtant nous osmmes riches, c'est propre, nous sommes classés comme meilleur pays au monde ou habiter. Peut-être que c'est cela qui m'énerve, cette perfection. Et le tout ne fait pas sérieux. Cette gentilesse, cette parure que nous sommes mieux, que nopus sommes beaux, que nous sommes fiers d'être Canadiens ou Québécois. Et je le suis, fier, lorsque je suis à Londres. Mais je cesse d'être fier aussitôt que je suis de retour. Toutes leurs histoires ne m'ont jamais concernées, et ne me concernent certainement pas davantage aujourd'hui. Et j'ai tant écris de livres que je remplis dews sites Internet en entier, et aucun doute que c'est de la qualité, mais ils m'ont toujours ignorés, et en plus j'ai été refusé en maîtrise à Ottawa et Montréal. Mon avenir au Canada aurait été noir, je n'aurais pas eu d'avenir au Canada. Ni en littérature, ni dans les conférences. Encore que, qui sait ce qui aurait survenu si j'étais demeuré ici... ce ne sont certes pas mes anciens copains de classe qui m'aurait aidé ou encouragé. À part mes 4 ou 5 bons amis, on m'a toujours méprisé attaqué, ridiculisé. Qu'ils aillent tous se faire foutre. Ou est ce tabarnack d'avion christ! Si je parle encore avec ujne vache qui s'impressionne que je vis à Londres parce qu'elle est jamais sorti de son trou, je pense que je vais oublier mon titre de québécois têteux qui est hyper-gentil et je vais royalement l'envoyer chier. Je vais lui dire que je suis un ti-gars de Baie-Comeau ou de Shawinigan et cela sera tellement sans intérêt qu'elle me laissera tranquille.

                                                                      

            Un groupe de personnes viennent de sortir d'un avion qui apparemment attendait là depuis trois heures. C'est l'avion que j'ai manqué! Il n'est jamais parti et vient d'être annulé. Je savais bien aussi que la destinée s'organisait toujours pour m'émpargner le calvaire ou du moins s'organisait pour le mieux. Au lieu d'atteindre dans l'avion à me geler les couilles, je bouffais comme un malade aux frais d'Air Canada. Merveilleux. Mais maintenant je me pose la question, cet avion décollera-t-il? Les avions pour Wabush, Sept-Îles, Rouyn-Val d'Or, Moncton, Fredericton ont tous décollés, mais c'est le mien, le dernier de la soirée, qui sera annulé. Et cela serait un grand problème, car la dernière fois qu'Air Canada a cancellé mon avion lors de mon départ de Bagotville voilà deux ans, ils ne m'ont pas offert l'hôtel, ils m'ont offert un 200 dollars de rabais sur un futur vol, et comme j'ai dû acheter un billet en Angleterre, je me suis retrouvé avec un rabais de 75 livres sur un billet de 700 livres. C'était le double d'un billet normal d'avion. Donc c'était de la fausse économie. Je sens que je vais finir dans un coin noir de l'aéroport à travailler sur ma conférence toute la nuit.

 

23 Décembre 2000, 1h29 am

 

            Je suppose que cela est normal, mais ce soir, notre souper de noel s'en terminé en désastre. Mon père aurait couché avec ma grand-mère morte et aurait cru bon l'annoncer à ma soeur ce soir, alors qu'elle était saoul...

 

24 décembre

 

il dit que c'etait une blague.

 

 

Amsterdam, 12 Février 2001

 

Voilà, enfin terminé cette conférence du calvaire. Je pensais que ça ne finirait jamais. Le problème aussi est que j'ai à peine dormi 5 heures durant toute la semaine. Non seulement je suis en retard avec ma prochaine conférence, comme d'habitude, mais en plus je dois terminer la lecture de mes livres avant qu'ils ne soient publiés. Je marche dans Amsterdam aujourd'hui, je dois relire L'Attente de Paris, le dernier des quatre. Dans deux jours ça part chez l'imprimeur.

 

 

 

 

Cannes, 16 Février 2001

 

Bien des choses se sont passées depuis mon dernier voyage à Cannes l'an passé. Encore une fois cette année nous voilà tous réunis ici pour le Congrès des téléphones mobiles. Ils sont tous, mes collègues, dans le bar Irlandais du coin, appelé Morrison. Toujours ils trouvent LE pub Irlandais de la ville où nous sommes (même New York l'an passé juste après Cannes où nous dormions dans un hôtel Irlandais) et ils boivent comme des malades jusqu'à ce que quelques-uns commencent à faire des choses qu'ils regretteront, mais qui alimenteront les rumeurs pendant tout le congrès. Nous étions tous coincés au deuxième étage où le plafond est très bas et là j'avais mon hôtesse préférée avec qui j'ai passé tout mon temps à Prague l'an dernier, et je pense qu'elle a dû me trouver ordinaire, j'ai sacré le camp de cet endroit une minute plus tard. J'ai même laissé ma pinte pleine sur le bord du comptoir en espérant que personne de la compagnie me verrait. Je m'excuserai demain, lui disant que ma vision de l'enfer ressemble beaucoup à ce pub irlandais de Cannes, avec tous tes directeurs et managing directors qui font semblant d'avoir du fun alors qu'aucun d'eux ne souhaitent y être.

 

Ce matin je me suis assis avec mon chat Myrmicat, je l'ai pris dans mes bras pour cinq minutes en lui expliquant que je ne voulais pas y aller, que l'an dernier ça a été infernal et que j'en suis encore traumatisé. Mais elle n'a rien compris et j'ai dû partir. Et cette hôtesse me disait que l'an dernier j'étais tant malheureux qu'elle s'était inquiétée depuis ce temps. Je lui ai dit qu'en ce moment je n'ai jamais été aussi heureux et ça lui a fait bien plaisir, mais je pense que je suis encore plus déprimé que l'an dernier. Et cette fois-ci je sais que ce congrès est un enfer, alors que l'an dernier je ne soupçonnais pas l'étendu de ce calvaire, alors je suis parti bien heureux vers le sud de la France. Maintenant je suihaite me farie renverser par une automobile et que je me rende à l'hôpital pour le reste du congrès. Mais alors il me faudrait soufrir tous les employés qui viendraient me voir… ce serait encore pire. Ma grande managing director m'a fait un grand sourire, ça m'a bien embarrassé, je ne savais plus quoi faire ou quoi dire et je l'ai ignorée pour parler à quelqu'un d'autres. Ils doivent tous être convaincus que je suis "rude" mais en fait ce n'est que je suis incapable de jongler avec ces directeurs. Et je n'en peux plus, et je n'en veux plus rien savoir. L'an dernier Tom Jones chantait au congrès, cette année je crois que ce sera Elton John, cela donne une idée de l'argent investi dans ce congrès où 20,000 personnes viendront dans les prochains jours. Nous aurons à remplir 8000 sacs et nos doigts seront tous en sang avant même d'en avoir terminé 10 %. Alors je me suis acheté deux boîtes de pansements.

            James, celui que j'aime encore, qui m'a parlé pour la première fois de sa vie voilà exactement un an à Cannes, il est ici aussi. Mais cette fois il partage sa chambre avec trois autres de nos collègues. Moi, ancienneté oblige, je suis seul dans mon appartement. Au lieu de nos payer l'hôtel Majestic comme l'an dernier, ils ont pris la décision de louer des appartements dans toute la ville. Sans doute cette pratique à Cannes s'est développée à cause des festivals de film et du manque de chambres d'hôtel. Alors moi je jouis de ce bel appartement sur la rue Hoche et j'ai donné mon deuxième set de clés à James. Nous sommes devenus très bons amis bien qu'il ne soit pas gay, et il viendra travailler sur sa conférence dans ma chambre. Je l'aime énormément, mais c'est sans avenir. Je l'ai évité dans la dernière année, bien qu'il était avec moi à Barcelone et que nous avons visité cette ville d'Espagne ensemble. Apparemment il va prendre de la cocaïne car une autre employée lui a dit qu'elle en emporterait, oubliant les conséquences de transporter une telle substance via les frontières, et maintenant James est tout heureux d'en avoir. Et j'ai cru entendre qu'un autre de nos collèques allait en prendre. Well, moi je suis vraiment hors du jeu. James tremblait à l'aéroport de Luton, il dit qu'il tremble sans cesse et je comprends bien. Il était incapable de me verser un verre d'eau à Barcelone àl'hôtel Sofia. Il dit que pour arrêter de trembler il doit ou boire, ou fumer des joins, ou n'importe quelle drogue fera l'affaire. Au moins mon copain lui ne tremble pas ainsi, mais sans doute il mourra de son problème d'héroïne. Mes deux meilleurs amis sont dépendants des drogues, et moi je suis trop aveugle pour m'en rendre compte, il leur faut me le dire pour que j'avale de tels concepts. Je suis bien heureux de ne pas appartenir à cet univers. Ce pauvre James, 24 ans, si beau, bon emploi qu'il a finalement accepté sans doute grâce à moi, mais maintenant pris d'un problème de drogues et d'alcool à cause du stress relié à son emploi. Même chose pour mon copain. Nous vivons dans une société terrifiante, où le stress nous tuera tous. J'ai beaucuoup cru ces derniers temps que le seul moyen de régler mes problèmes avec mes conférences en retard serait le suicide. J'ai longuement contemplé cette solution, mais j'ai toujours rejeté cette option à la dernière minute car j'ai certaines choses non reliées au travail qui me motivent encore. Certainement pas le sexe en tout cas, ni l'amour. Ah, si seulement James était gay, mais il est non seulement hétéro, mais en plus je ne crois pas qu'il ait fait l'amour une fois depuis l'an dernier. Je plains de toute manière la fille qui ramassera ce déchet humain qui tremble comme une feuille et qui est incapable de se contrôler comme jadis j'étais. Demain sans doute il sera le sujet de discussion de tout le monde car il a commencé à boire à Luton, a continué dans l'avion, puis n'a pas arrêté de la soirée. En plus il est vraiment con et égoïste, ça prend un fou comme moi pour aimer de tels énergumènes. Ce que je donnerais pour le prendre dans mes bras ne serait-ce que 5 minutes, mais au moins je ne suis pas un cas désespéré. Si l'on s'est perdu de vue depuis que je ne travaille plus au bureau, c'est bien ma décision et non la sienne. Quel est son intérêt d'avoir un ami gay comme moi? Je l'ignore, je ne me l'explique pas. N'aime-t-il pas mieux parler football avec mes collègues qui sont tous maniaques du sujet et qui même ont organisé des équipes dernièrement au bureau pour jouer? Je l'aurais cru, et oui il s'amuse beaucoup en ce moment avec eux, il partage leur appartement. Heureusement je n'y suis pas, et heureusement je ne suis pas jaloux s'il passe du temps avec eux. J'apprécie ma solitude, mon univers, ma bulle. Je vis bien plus dans ma tête, dans mes idées, même lorsque je suis assis à leur table à parler "bollocks".

            Je souffre, je souffre en collectivité. J'Aimerais bien juste mourir seul sous un pont. JE voudrais bien juste ne plus jamais à avoir à regarder un seul autre être humain de ma vie. Je ne puis plus souffrir leurs histoires, leur calvaire. Même James disait qu'il a dû se conditionner pendant deux jours avant de venir ici, et qu'il ne peut passer au travers qu'en étant saoul pendant tout le congrès. Et moi aussi j'ai cru la même chose aujourd'hui à Luton alors que j'avais déjà deux bières dans le corps. Je me suis entendu dire que si je filais ainsi, un peu saoul, pendant tout le congrès, alors je le survivrais. Mais rien n'y fera, nous y mourrons tous. Et le pire est que la semaine prochaine nous allons tous faire du ski alpin à Chamonix, et cette fois je partagerai ma chambre avec 5 collègues. James n'y sera même pas et déjà je cherche des raisons, je souhaite que quelque chose survienne pour justifier mon absence.

 

 

 

            Mon Dieu, j'espère que personne ne m'a vu sortir du pub. Enfin, j'ai vraiment sorti avec style, trois personnes me parlaient, je me suis retourné pendant qu'ils parlaient, j'ai descendu l'escalier comme un zombi devant leur air ahuris et embarrassé, j'ai pratiquement jeté ma pinte de bière sur le comptoir et je suis sorti sans demander mon reste. Il est 1 heure du matin, on se lève à 7h30 demain. J'ai l'intention d'écrire tous les jours de mon séjour à Cannes. Cela servira au moins à quelque chose.

            La semaine dernière j'étais à Amsterdam pour la deuxième fois de ma vie. J'ai bien aimé, mais cela ne m'a pas impressionné outre-mesure. J'ai toujours évité d'y aller car d'habitude on y va que pour le sexe et la drogue. Or, comme je suis un peu gros ces temps-ci, je suis tout à fait fidèle. Et la drogue ne m'intéresse pas. Étant gay, même les vitrines à lumières rouges où l'on voit ces femmes presque nues ne m'impresionnent pas. Et toute la ville a comme été décorée par des étudiants en arts plastiques incapables de peindre ou de produire quoi que ce soit de beau. Résultat, on dirait une ville pleine de coffee shops mal décorés où une senteur épouvantable en sort. À mon avis la Hollande reçoit 50 millions de touristes de plus que ses pays voisins à cause de la drogue et le sexe légalisés, et cela oui je le qualifie de coup de génie. Mais il faut voir ces gens stones vers 23h le soir dans les rues, ils ne sont pas saouls, mais ils sont incapables de marcher et j'ignore s'ils sont davantage dangereux. Ils sont différents qu'ailleurs. Mais une choses certaine, ils finissent tous par tomber en bas d'un escalier et se foule les chevilles souvent sans même s'en rendre compte. Cela est arrivé à ma collègue qui y est demeuré le weekend comme moi, mais je suis resté éloigné d'elle et sa meilleure amie qui était venu de Londres. L'univers des drogues est un univers bizarre et malsain, et tous mes amis s'autodétruisent en ce moment à cause de ses drogues. Et moi je ne suis pas mieux, l'alcool me tue, je n'ai aucun contrôle. Je bois jusqu'à ce que je tombe et je raconte tellement de niaiseries, et j'insulte tout le monde. Souvent je souhaite tellement que ni l'alcool ni la drogue existe, comme ma vie serait meilleure. Mais malheureusement tout cela existe et l'on est à deux mains là-dedans et il n'y a plus de salut.

            Je tente de comprendre c'est quoi l'an dernier qui nous a tous tués lors de ce congrès et je n'arrive pas à comprendre. Chose certaine, j'ai bien l'intention de disparaître complètement des journées entières. Et si l'on me demande où j'étais, je dirai que j'avais du travail sur ma conférence.

            Quand je pense que d'ici un mois ou deux je leur dirai que c'est fini, je quitte le boulot, je n'en revient pas. Mon ex-copain Bruno m'a contacté voilà deux jours, et après que je lui ai décrit en long et en large tout ce que je pourrais faire en Europe au niveau Marketing afin de promouvoir sa nouvelle compagnie dont il est le Managing Director, il était prêt à débarquer à Londres la semaine prochaine pour ouvrir son bureau. Ainsi moi et Stephen risquons soudainement de nous retrouver à la tête de la branche Européenne qui est en train de faire de mon Bruno un nouveau millionnaire dans les prochains six mois. Apparemment, les commissions que nous allons recevoir seront tellement grandes que nous aussi pourrions être millionnaires dans le temps de le dire. Mon nouveau titre qu'il veut me donner est celui de Vice Président Business Development Europe, mais je lui ai dit que l'on ne pouvait pas être des présidents et des VP en Europe. Qu'il me faudrait être General Manager ou Managing Director Europe. Et Stephen serait Business Development Director. Et voilà comment on devient des Managing Director. C'est tout à fait ridicule. Voilà même pas 5 ans je me morfondais à WH Smith à l'aéroport d'Heathrow comme caissier sous payé, et maintenant je pourrais bien être un managing director dans moins de deux mois. Ça m'a comme pris hier dans mon lit, ce paradoxe. Comment moi, un poète, un littéraire, pourrait-il être un Managing Director d'une compagnie capitaliste à souhait? C'est impensable. Quelque chose va survenir à temps pour empêcher cette folie, je n'aurai jamais atteint un tel bas-fond de toute ma vie, la plus grande misère jamais connue. J'en aurai des choses à dire si jamais cela survient. Le pire est qu'en ce moment, à tort, je vois cela comme une délivrance du monde des conférences que je ne puis plus supporter. Je pense que ce sera facile de faire un tel emploi pour mon ex-copain qui n'en finit pas de me demander pardon pour toutes ces choses de mal qu'il m'a fait dans le passé, surtout à Toronto avant mon retour à Londres où il refusait de me voir. Comment pourrais-je lui en vouloir? Je lui dois tout. Mon départ pour Paris en premier lieu, car sans son argent pour m'aider à l'époque (que je lui ai d'ailleurs remboursé), je n'aurais pu partir. Ensuite c'est grâce à son emploi à Maidenhead en Angleterre que j'ai atterri à Londres. Et s'il ne m'avait pas tant rejeté à Toronto, je ne serais jamais reparti pour Londres. Je suis bien heureux de l'entendre me dire que je suis la seule personne qui lui a appris des choses, que j'ai vraiment marqué sa vie, cela m'a vraiment fait chaud au cœur. Et lui aussi a marqué ma vie complètement, je l'ai toujours aimé et je l'aime encore. Il me dit qu'il a changé, qu'il est fidèle maintenant, qu'il a compris ce que c'était avec son ex qui avait lui aussi un grave problème de drogue et qui ne rentrait plus à la maison. Comme je serais heureux de le reprendre dans ma vie, mais il a un copain maintenant, depuis plus d'un an. Il est de la Suède, grand et fort, blond, 26 ans. Moi, malgré mes 28 ans, je suis devenu un monstre, conséquences du stress des conférences où ta seule porte de sortie est de bouffer sans arrêt. De toute manière j'ai mon copain à Londres, et je l'aime aussi, et nous ne vivons plus dans le même pays. Mais comment seront nos relations alors que nous travaillerons ensemble? J'ai l'impression qu'il est nostalgique de ce que nous avions, il a toujours été un nostalgique de ce qu'il avait. Peut-être aussi que son Suédois manque de personnalité, et cela ne me surprendrait point. J'ai de la difficulté à comprendre toute sa nostalgie qu'il me déballait en conversation électronique avant-hier. Je n'ai plus rien à attendre de lui au niveau affectif, c'est mort définitif. Pour que cela puisse reprendre il me faudrait perdre du poids, que nous vivions dans la même ville, ou du moins sur le même continent, et que nous marchions sur nos mauvais souvenirs. Il m'a tant fait souffrir, mais aujourd'hui il s'en ronge de remords. La vie serait tellement plus simple sans conscience. J'admire ceux capables de l'oublier dans le fond des égouts. Il me dit qu'il veut faire profiter ses meilleurs amis de son succès actuel. Je me demande si toute l'idée du bureau à Londres ne serait pas justement pour racheter ses fautes, sa culpabilité. Et si c'est le cas le tout sera voué à la faillite, c'est certain. À moins que le marché de la construction de sites Internet assez évolués est si en santé que l'argent entre par les fenêtrès sans trop d'efforts. Et que restera-t-il de notre relation ensuite, à quoi ressemblera ce nouveau chapitre dans nos vies ? Suis-je donc voué à passer ma vie avec lui, sinon en amour, en affaires ? Maintenant que j'ai 28 ans, je vois davantage ma vie se dérouler devant mes yeux, enfin j'ai un passé et je construis ou vois mieux mon avenir. Je suis dans le feu de l'action, ce qui se passe maintenant risque d'être jusqu'à la fin de mes jours. Or, ce Bruno ne disparaît pas de ma vie, mieux, il redeviendra bien plus prêt de moi que nous ne l'avons jamais été alors que nous vivions sous le même toit. Il y a des acteurs dans nos vies qui seront là du début jusqu'à la fin, comme mes parents et ma sœur, et ma meilleure amie Christiane avec qui j'ai partagé de très bons moments à Noël à Jonquière. Pendant un instant alors que j'étais saoul le jour de l'an, j'ai bien cru que j'allais faire l'amour avec elle. Nous étions couchés dans le même lit, et si elle avait osé me le demander ou me toucher, ou se coller contre moi, s'en était fini, nous l'aurions fait. Elle aussi je l'aime vraiment, il est tellement bien à 28 ans de se découvrir de vrais amis, des amis qui ne sont plus des amis de jeunesse, mais bien des amis pour la vie. Je comprends Bruno maintenant, qui se voit millionnaire d'ici six mois et qui doit employer tant de nouvelles personnes, et il veut aider ceux qu'il aime. Cela dénote vraiment d'une vraie philosophie de vie, quelqu'un capable de transcender l'existence quotidienne, de prendre un recul et de constater: voici ma vie à l'heure actuelle et voici mes priorités, mes amis, mes relations avec autrui. Et non pas l'ambition, l'argent. C'est vrai qu'il a changé mon Bruno, il semble avoir bien souffert après notre rupture, et il a compris certaines choses. Je pense que tout cela était bien essentiel à son développement personnel et je n'ai plus aucun doute qu'aujourd'hui il pourrait m'aimer et être fidèle jusqu'à un certain point du moins. Mais nous devons accepter ces choses. Je faisais une obsession de la fidélité et j'ai eu pendant 5 ans un copain infidèle. Alors les 5 années suivantes je les ai passées avec un complètement fidèle, mais incapable de bander à cause des drogues. Je suis allé d'un extrême à un autre. Maintenant je cherche une relation qui est dans la fidélité en apparences et la plupart du temps, sauf qu'à l'occasion quelque chose pourra se produire si les circonstances le permettent, mais je ne veux pas que cela soit discuté, ouvert, ou le savoir. Un bon compromis je suppose pour une relation durable en ce nouveau millénaire.

            J'ignore à quoi joue cette existence. C'est plein d'ironie, de paradoxes, cela ne fait aucun sens. Ou plutôt que je commence à voir l'ensemble, un sens, et je juge cela OK. Ce n'est ni mauvais ni bien. Je suis satisfait. Et je suis convaincu que moi et Bruno construisons tous d'eux un avenir et une destinée assez grands, mais que nous mourrons peu longtemps après, après s'être battus si longtemps pour construire cet empire. Et que nous ne saurons l'apprécier autant que lorsque nous étions jeunes et que nous aurions tant voulu le construire cet univers. Je relisais voilà deux jours ma pièce de théâtre La Belle Antonia qui est notre histoire bien au début de notre relation, car une école au Québec m'a proposé de la monter. Et déjà Bruno ne semblait pas m'aimer, tout était tellement simple dans ma tête à cette époque. La pièce semble tellement ridicule et simple, naïve, mais tout cela m'a sortit du cœur, c'était tous mes sentiments d'alors et comment je me sentais. Je me sentais mort alors que toute la vie me tournait autour et m'ignorait. Ça m'a déprimé, mais je suis bien heureux d'avoir pris le temps d'écrire cette pièce de théâtre que Bruno m'a aidé au niveau des idées, car je n'avais pas le temps alors et je n'avais aucune raison vraiment d'écrire une pièce de théâtre à cette époque. En avais-je vraiment besoin ? J'ai suivi trois cours de théâtre et cela a suffit à me motiver à écrire une pièce. Je l'ai relue deux fois, la première fois ça m'a semblé bien léger, la deuxième fois au contraire, bien profond. Et on dirait qu'aujourd'hui encore ma relation avec Bruno n'a pas changé, nous en sommes au même points qu'alors. Y a-t-il quelque chose que nous n'avons pas appris que nous aurions dû apprendre ? Qui fait que la vie doive nous réunir à nouveau pour que l'on puisse enfin comprendre ? Et je comprends bien qu'il faut que la vie y jette des milliers de dollars de potentiel que je puisse en soutirer, car autrement je ne m'associerais jamais à Bruno à nouveau, et nous manquerions cette chance de comprendre quelque chose, d'apprendre. C'est vrai en fait, c'est un grand point de sa nostalgie, il apprend rien de son copain actuel, il a beaucoup appris de moi. Je suis dans la même situation moi-même, je n'apprends rien de Stephen, mais j'ai beaucoup à apprendre de Bruno. Peut-être qu'il ne s'agit pas d'une chose concrète qu'il s'agit de comprendre, mais d'une multitude de petites choses qui nous fera évoluer un cran de plus. Qui sait ? Et moi qui ne voulait bien juste que m'isoler quelque part autour de Cannes sur une montagne seul… et voilà qu'il est 2 heures du matin, que je dormirai à peine, et que je serai mort demain. Jamais j'aurais cru que Bruno puisse être mon sauveur extérieur qui m'enlèvera de cet infernal monde des conférences. Aussi j'espère que je ne serai pas déçu encore une fois.

 

17 Février 2001

 

            Il est maintenant minuit. Aussitôt que je suis revenu de cette journée de fou où nous avons rempli 9000 sacs avec la documentation des délégués, je me suis couché et j'ai attendu James qui m'a dit vouloir venir pour utiliser l'ordinateur. Mais il n'est pas venu. Ou alors il s'est perdu et n'a pas trouvé la rue Hoche, ou alors il ne savait pas à quel appartement cogner. Je pense cependant qu'après avoir été manger au Café di Roma, là où on mange tout le temps de nos huit jours ici, il était déjà saoul et lorsque les autres ont proposé d'aller au Morrison, notre fameux bar irlandais, il n'a pas hésité. Un anglais ne refusera jamais une bière gratuite. Ça tombait bien, il me fallait dormir. Cette folle journée m'a détruit physiquement et moralement. Il y avait au moins sept millionnaires qui empaquétaient des sacs aujourd'hui, il est toujours bien difficile de travailler si fort à surveiller tes dires, il y a toujours le grand Managing Director de la compagnie autour qui risque de t'entendre. Et ils te font des sourires, et tu demandes après de tels exploits physiques si le sourire que tu crois leur rendre est bien un sourire ou si ta mauvaise humeur se lit très bien sur ta face de bœuf. Ah oui, je suis allé à Monoprix pour une petite épicerie qui m'a presque tué car je devais ramener mes sacs pesants à l'appartement, et qui j'ai rencontré sur place ? Trois collègues qui elles aussi avaient décidé de ne pas aller au Café di Roma et de se faire à manger elles-mêmes. Mais partout où je vais, je les rencontre. Même si j'allais dans les bars gays, je rencontrerais sans doute Dieper, mon collègue australien qui ne cache pas son côté Bear-Leather (sur les sites pornos gays, des photos de lui seraient classées dans la section Ours en Cuir (qui aime la senteur naturelle de l'homme (mais pas de la femme) et qui pue lui-même). À Paris à ma dernière conférence Dieper m'a traîné dans ces endroits avec des backrooms et j'ai dû attendre au comptoir que monsieur finisse de faire éjaculer un vieux porc dans la backroom. Bref, je me surprends que Dieper ne m'ait pas encore invité à le suivre dans le calvaire de Cannes. Je suis bien certain qu'il y est et que contrairement à moi, il invite de beaux jeunes hommes dans son appartement. En tout cas, c'est le gros luxe cet appartement à Cannes, la compagnie me surprendra toujours. Je ne m'attendais pas à un tel endroit romantique. Triste que je n'y ramènerai personne sauf James, et celui-là je sais bien qu'il ne me prendra pas dans ses bras. D'ailleurs j'ai cru comprendre aujourd'hui que James et Dan sont devenus très bons amis et que tous deux sont tellement stressés par leurs conférences en retard qu'ils se sont tous d'eux mis à fumer et à prendre des drogues. Or cela ne semble pas avoir enlevé leur stress, bien au contraire ils sont maintenant davantage dans le trouble. C'est certainement le salaire élevé qui les garde à cet endroit alors que ça les tue. Comme Stephen à l'aéroport d'Heathrow. Mais est-ce que cela en vaut vraiment la peine ? Dieper n'a jamais caché qu'il prend bien des drogues lui aussi, et l'autre australienne en co-ordination non plus. Tout ce monde est sur la drogue ou quoi ? Plus de la moitié peut-être ? Est-ce que je manque le bateau ici ? Ne serais-je pas type grand-mère et de ce fait, hors de ma génération ? Devrais-je moi aussi consommer des drogues ? Quand je vois l'état de Stephen sur l'héroïne que j'ai déjà retrouvé mort une fois et qui m'a dit qu'il avait failli mourir plusieurs fois ensuite, c'est clair que non. Quand je vois James qui tremble tellement qu'il lui faut être saoul en permanence afin de calmer son état, c'est clair que non. James me dit qu'il en achète parfois, mais que fort souvent ses amis en ont. Or ses amis doivent être au bureau ? Dieper peut-être ? Je l'ai trouvé bien près de mon petit James aujourd'hui, bien que cela ne m'affecte point car James est hétéro et aussi que si Dieper réussi à coucher avec James, James découvrira qu'il est gay et donc il couchera avec moi aussi, ou alors il découvrira qu'il est un hétéro qui, à défaut d'avoir une fille avec qui coucher, il peut coucher avec des hommes. Alors Dieper travaillerait pour moi, à moins que James en tombe amoureux. Alors là ce serait hors de mon champ d'action, et je m'en fiche. Je n'attends pas après James pour vivre. Je suis encore convaincu qu'il n'a pas fait l'amour avec une fille depuis notre voyage à Cannes de l'an passé. En parlant de vierge, il y en a définitivement un nouveau dans la compagnie qui vient de Wales et qui est gay. Mais lorsque je l'ai confronté directement un soir que j'étais saoul après ma conférence à Londres en décembre dernier, il s'est senti attaqué et m'a dit non. Mais Dieper m'a dit que lui aussi était convaincu au départ qu'il était gay, et suppose que le gars l'ignore peut-être encore. Il est d'ailleurs très beau avec une belle personnalité. Et demain je me retrouve à travailler avec lui et deux autres collègues un peu en retrait de tout le monde, nous devons prendre un taxi à 9h45 pour nous rendre au Casino Royal ou quelque chose du genre, je pense que nous avons un séminaire là-bas. Je vais tenter d'en apprendre davantage, comme par exemple s'il fera partie de cette équipe de football qui a instantanément révélé tous les hétéros de la compagnie. S'ils jouent au foot, c'est que ce sont de vrais hommes, car il n'y a qu'eux pour apprécier ce genre de sport plate à mourir. Mais je soupçonne que c'est bien moins l'envie de jouer qui les pousse, que cette urgence de prouver qu'ils sont de vrais hommes. Pour cette stupide idée de prouver ma masculinité, je me suis défoncé comme un malade aujourd'hui à ouvrir des boîtes et à déplacer des tonnes de documentations. Je ne voulais certes pas que l'on puisse croire une seconde que je faisais tout pour en faire le moins possible (comme c'était bien évident chez James, que j'ai vu ne pas travailler chaque fois que je me retournais pour le regarder), ou que surtout, parce que je suis gay, je valais moins que n'importe qui d'autre au niveau physique. Comme ma sœur qui me disait que parce qu'elle était une femme qui travaillait dans une shop d'ingénieurs, devait se prouver et déplaçait des tonnes de boîtes pour marquer des points je suppose, des points n'intéressent personne d'autre que notre propre moi intérieur. Or, si moi qui suis gay par définition a le droit de ne pas jouer au foot et que je me sens coupable de ne pas le faire car j'ai cela à leur prouver, que je vaux quelque chose à tous les niveaux, pas seulement au niveau intelligence pour la compagnie, je comprends bien que ce besoin animal est encore plus fort chez mes collègues hétéros qui ont tous quelque chose à prouver. Et cela me fait rire, et pleurer à la fois, car moi aussi je m'y suis laissé prendre. En tout cas, j'ai passé la journée avec une collègue allemande qui est bien bizarre, mais bien gentille. Et demain, j'attaque Ryan, mon petit Ryan de Wales qui est peut-être gay ou non. Et s'il ne fait pas partie de l'équipe de foot, alors que tous les autres en font partie, alors c'est qu'il y a de l'espoir. Quel misérable je fais si chaque fois que je me retrouve à Cannes, je ramasse un perdu de la société qui a tous les problèmes psychologiques du monde et qui vient me vider ça sur moi, mais les malheureux sont hétéros et moi j'en tombe amoureux. Qu'ils aillent donc se vider les entrailles chez leurs blondes, et qu'ils s'en trouvent donc des blondes,  les incapables. Comment peut-on être si beau, si jeune, mais si idiot au point d'être incapable de rencontrer une fille ? Ce sont tous des rejets de la société les employés de la compagnie. Ça se lit sur leur visage, ce sont des gens que l'on ignorerait bien volontiers si on les rencontrait sur l'étage de la faculté. Des monstres d'intellectualité dont leur misère est écrite sur leur visage. Ah, ça me fait vomir de penser que l'on ne leur parlerait pas si on les rencontrait dans les bars, mais voilà que l'on m'a obligé à partager tout mon temps avec eux alors que je voudrais bien juste m'isoler seul bien loin de Cannes et de Londres.

 

 

Cannes, Monday 19th February 2001

 

            Je m'inquiète moins avec cette histoire aujourd'hui, mais hier soir tard durant la nuit je ne pouvais m'enlever de la tête cette pauvre femme qui est propriétaire d'un club appelé Club 7 ou quelque chose du genre à Cannes. Nous sommes entrés moi et Dieper et avons bien apprécié les drag queens qui faisaient leur show Michael Jackson, mais une femme assez importante à l'arrière m'intriguait et je suis allé lui demander qui elle était. Un homme avec un appareil photo à côté d'elle me suggérait qu'elle était encore plus importante que je ne le pensais. Alors j'ai passé 10 minutes à la harceler, à lui demander qui elle était, et comme elle ne voulait pas me dire, je lui ai dit que dans le fond je m'en foutais, "Allez chier". Voilà ce que j'ai dit, deux fois plutôt qu'une. Alors je retourne apprécier le show de ma place, en plein milieu en avant, qui d'ailleurs n'était pas là où nous voulions nous asseoir, et je m'en vais aux toilettes. Qui était là aux toilettes, à côté du gars qui vendait de la gomme (comme c'est la mode en France d'avoir un con qui vend de la gomme dans les toilettes !) elle, cette femme mystérieuse que je venais d'envoyer chier. Que faisait-elle ? Elle prenait des boites de gommes qu'elle plaçait sur les étagères, et quoi d'autres, elle s'affairait à rendre les toilettes plus acceptables. C'est à ce moment que j'ai compris qu'elle était la propriétaire, et je lui ai demandé, et elle m'a dit qu'effectivement elle était la propriétaire. Le cœur m'a levé de terre, moi qui venais juste de l'envoyer chier. Voilà que je m'excusais, que je lui disais que je regrettais, que j'étais un québécois à Cannes avec le festival du téléphone mobile, que je ne savais pas trop ce qui se passait ici. Mon Dieu, sa réaction me montrait qu'elle avait été bien affectée par ma réaction, et qu'elle semblait vouloir me prouver quelque chose, ou m'indiquer qui elle était, et moi j'ai tout à fait tombé dans le bateau, je me suis excusé et j'avais tellement honte que je suis parti à l'instant même. Et tout le retour je me suis lamenté à Dieper du comment je pouvais être con et que j'allais sans doute être banni de tous les bars gays de Cannes. J'étais tellement saoul, j'ai reconduit Dieper jusqu'à son appartement et il m'a offert d'entrer pour un thé, en me signifiant clairement que s'il m'invitait pour faire l'amour il me l'aurait clairement dit. Ainsi je ne suis pas entré, et heureusement, car j'aurais couché avec lui alors qu'il m'écoeure et que sans être saoul, je n'aurais jamais osé faire quoi que ce soit. Tout le chemin du retour je me suis lamenté de ma stupidité, et cela à dû tomber sur les nerfs de Dieper, mais aujourd'hui il me remerciait d'une excellente soirée, alors que la veille il se lamentait que je lui avait fait perdre cette personne qui s'intéressait à lui.

            Ce matin j'étais tellement saoul de boisson, que je n'ai pas été capable de me lever avant 11h30, alors qu'à 7h on m'attendait dans une des tentes pour l'enregistrement des exposants. Je crois que j'ai réussi à leur faire croire que j'étais occupé ailleurs, à ceux de l'enregistrement je leur ai dit que j'étais dans la salle du séminaire, et à ceux du séminaire je leur ai dit que j'étais à l'enregistrement. J'ai ensuite passé le reste de l'après-midi à communiquer avec James dans la salle de conférence avec mon ordinateur portatif…

 

 

 

Je viens de passer une soirée avec James à Londres. Il était très ennuyant, vivant dans sa bulle, son univers. Lorsque nous sommes allés à la joute de football (soccer), je pense que ça ne vaut plus la peine que j'en parle. England won, contre Spain...

 

Je suis en ce moment au rétro bar à Charing Cross, on dirait qu'il n'y a que des straights dans ce bar gay. La musique est bonne. Je dois être à l'aéroport d'Heathrow demain pour aller faire du ski à Chamonix. Aussi bien me tirer une balle. En tout cas, deux gars dans le fond du bar s'embrassent passionnément.

 

Je n'ai que des mauvais souvenirs de ce bar. Mon ex-copain y travaillait, mais il était trop parti, et ça ne fonctionnait pas. Et toutes ces soirées où je suis venu ici mais personne ne m'a même regardé, quel cauchemar. Et ces soirées où je suis venu avec Patrice et son copain Guillaume, et je finissais chez Popstarz seul, à m'emmerder. Ce n'est pas tant vieillir qui tue, mais de devenir laid avec le temps alors que nous étions si beau. Mais cela m'a toujours été secondaire d'une manière ou d'une autre. Je vis dans ma bulle avant tout, dans mon propre univers. Mais je n'attire plus rien, je n'ai su réussir à attirer que des morlocks de toute manière. S'ils sont encore dans les bars aujourd'hui, à mon avis ils n'ont pas évolués. Encore que ce concept ne signifie pas grand-chose. Tant de choses dans ma vie semblent survenir en ce moment, mais cela ne suffit pas. C'est que les seules choses qui comptent sont l'amour, aimer et être aimé. Et cela, je ne l'ai pas trouvé, et ça ne se trouve pas. Je suppose que je venais à Charing Cross ce soir en espérant, mais ça ferme dans 8 minutes, et je ne crois pas aux miracles.

            Deux gars sont en train de se manger dans le fond du bar, c'est beau, et c'est triste aussi, car je n'en suis pas. Mais voilà 5 ans c'était moi dans ce coin qui embrassait le peuple Londonien, et même alors cela me passait 50 pieds au-dessus de la tête. Pourquoi alors aujourd'hui devrais-je souffrir du fait que cela m'est hors de portée? Nous ne vivons que de nostalgies, de souvenirs qui nous importaient guère alors, mais qui signifient le monde aujourd'hui. Quel triste monde. Vaut mieux s'isoler et mourir seul dans son coin noir. C'est là ou j'en suis à 28 ans, je pense qu'il ne me reste plus qu'a mourir, je suis pourri de toute manière. Pourtant, je n'ai même pas encore commencé à vivre. Et quand je commencerai, ou bien j'écraserai tout le monde, ou alors je m'isolerai complètement, car je serai bien au-delà de toutes ces choses. Monde pourri. Je déteste mes semblables, je les détesterai toujours. On souhaite souvent que les hommes straights finissent par coucher avec soi parce qu'ils sont incapables de coucher avec des filles. Eh bien moi je suis prêt à me trouver une blonde, car mon copain ne me donne même pas l'affection minimum que j'ai besoin. J'ai passé près faire l'amour avec une fille à Noël et je regrette presque de ne pas l'avoir fait aujourd'hui. La barmaid du Rétro bar est une noire encore plus intéressante qu'Yvonne qui travaillait à l'aéroport d'Heathrow avec moi voilà longtemps. Je pense que je serais capable de faire l'amour avec elle. Elle a deux petites couettes de chaque côté. God, ma vie ne va nulle part. I am fed up, fed up, fed up.

            Charing Cross Station, à 23h22 du soir. Je pense que mon problème est sérieux. Je ne suis pas heureux, comme d'habitude, que faire?

            Semblerait que je vais aller faire du ski demain matin, à Chamonix en France. Je n'ai pas réussi à m'en sortir, je dois y aller. Au moins je partage ma chambre avec Dieper et Smith, un choix parfait. Ce sont les deux seules personnes après James avec qui j'aimerais partager une chambre. Maintenant je suis motivé à y aller. Mais encore une fois je dormirai à peine, en commençant par la première nuit, je veux dire la veille du départ. Cela ne pardonne pas, mais au moins ce n'est pas comme Cannes ou cela dure 8 jours... trois jours plus tard je serai à la maison. Mais je serai terriblement en retard avec mes conférences...

 

14 mars 2001, Londres

 

Aujourd'hui j'ai démissionné. Dans un mois j'en aurai fini avec les conférences!

 

19 août 2001, Londres

 

Aujourd'hui je mets ce livre que je n'aurai jamais le temps de corriger en ligne. Je me crisse de la planète, elle me fait chier. Je vais recommencer à travailler bientôt et je souhaite un miracle, une manne d'argent qui me tomberait du ciel afin de m'aider à terminer ce livre et les quatre autres sur lesquels je travaille. Mais la planète n'en a rien à foutre. Je devrais mettre un point final à ce site et à mes écrits inutile et enfin me sentir libéré...

 

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à continuer... à retranscrire la partie centrale qui est encore sur papier... désolé !

 

 

 

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