LES ÉLÉMENTS URBAINS LONDONIENS

Roland Michel Tremblay
44E The Grove, Isleworth, Middlesex, Londres,
UK, TW7 4JF
Tél./Fax :
(+44) (0)20 8847 5589, Mobile : (+44) (0) 794 127 1010
www.anarchistecouronne.com rm@anarchistecouronne.com
Résumé
La vie londonienne en long et en large accompagnée d'une
réflexion sur la vie dans le milieu urbain comparée à l'existence dans le
milieu rural (dont mes pensées lors de mon voyage dans le sud de la France en
bateau sur le Canal du Midi). Ça semble plat comme ça, mais c'est peut-être mon
livre le plus intéressant. Le livre est terminé mais la majeure partie est
encore sur papier. Je n'ai pas encore mis en ligne les 200 pages déjà sur
l'ordinateur, alors pour l'instant vous ne pourrez les lire que sur demande.
Cependant j'ai joint un extrait ici.
Les Éléments Urbains Londoniens aborde la vie sociale hiérarchique dans
l'univers des conférences européennes. Le thème principal est: qu'est devenue
la vie de l'humain enfermé à jamais sous la terre à voyager vers le centre de
Londres, une ville faite de ciment, à travailler dans une tour à bureau où la
verdure n'existe plus? Le sens de la vie urbaine londonienne considérée en
parallèle de la vie à la campagne en France. Car le livre a aussi été écrit
lors de deux voyages de deux semaines chacun sur un bateau loué sur le Canal du
Midi où, grâce à un mal de dent terrible, l'auteur n'a pas eu d'autre choix que
d'écrire toutes les nuits la moitié du livre. Le livre raconte également les
aventures de l'auteur lors de ces nombreux voyages à travers l'Europe à cause
de ses conférences: Barcelone, Paris, Amsterdam, Cannes, Rome et Genève.
Préface
Voici le plus simple de mes livres. Le vrai et l'accessible, un
seul niveau de compréhension. À moins de se mettre à l'étudier dans un cours
universitaire. Mais voilà, son intention est d'être d'une certaine humilité,
sagesse, à observer la vie londonienne à son rythme le plus élevé. Car n'y
ai-je pas souffert un enfer que je ne puis me débarrasser qu'au prix de grandes
souffrances ? C'est là l'ironie, le paradoxe. Souffrir de cet enfer, mais
ne pas pouvoir vivre sans lui. Si à la fin de ce livre vous ne connaissez pas
tous les rats qui gisent sur les rails de l'Underground comme on a encore subit
des délais considérables ce matin parce qu'une femme y a été poussée par
mégarde, j'aurai manqué mon coup. Mais là n'est pas l'important. J'avais perdu
ce livre, quelque part dans un pub de Soho au centre ville. Je l'ai retrouvé
par miracle. Ainsi vous souffrirez les quelques pages écrites sur mes heures de
lunch alors qu'il m'est interdit de boire ma pinte de bière traditionnelle,
mais je déroge à la règle, bien entendu. Je bois et j'écris, c'est là la vie.
J'ai remarqué que l'on aimait surtout de mes écrits ce qui parle de ma vie
londonienne, en oubliant ma philosophie de malade dérivant de mon imagination.
Ainsi ce livre sera bien terre à terre à travers le ciment des bâtiments
londoniens. Je provoquerai l'envie de venir ici à celui qui vit à la campagne,
mais je l'aurai prévenu de cet enfer dont on ne peut se passer. S'il apprend
bien sa leçon, il viendra, y travaillera, lira le Daily Mail dans le métro,
mais jouira de ces petits détails qui font souffrir des millions de Londoniens
qui chaque jour se rendent à Oxford Circus pour travailler à Dieu seul sait
quoi. La vie pourrait être si simple pourtant, mais on adore se la compliquer à
l'extrême. On arrive tout de même à trouver la plénitude, je l'espère, sans en
être convaincu. On imagine des flocons de neige s'écraser sur le pavé où les
autobus à deux étages et les taxis noirs les écrasent net, puis on survit, là
l'important je suppose. À vous de juger.
NOTE : Ce livre est majoritairement encore sur papier (bien
que j'en ai déjà 150 pages sur l'ordinateur), je n'ai pas le temps de le
retranscrire ici et je ne croirai pas trouver le temps bientôt. Je mets donc
ici un extrait.
Extrait
Les Éléments Urbains Londoniens
Six jours
avant mon départ pour Prague. Quelle chance ! Je vais tenter de faire allonger
mon séjour de deux jours. Pourtant je sens que cela sera un désastre. Mais je
ne voudrais pas regretter de ne pas l'avoir fait. Et si cela ne fonctionne pas,
au moins j'aurai essayé. Et je pourrai m'acheter un billet de retour moi-même
sur place si jamais je rencontrais là quelque chose d'extraordinaire qui
mériterait que je passe là deux jours de plus. Mais l'image de la
Tchécoslovaquie que j'ai, c'est celle de Milan Kundéra durant je ne sais plus
trop quelle guerre avec la Russie, un État Totalitaire qui m'a rendu malade.
Est-ce bien ce livre où l'homme se sent surveillé dans son appartement et doit
se rendre aux frontières, à traverser une ville morte… ça me donne la chair de
poule… tous ces préjugés. Heureusement que je vais pouvoir me rendre compte sur
place de ces préjugés. Je voulais acheter ce livre de Kundéra avant d'aller à
Prague, mais franchement, c'est un peu cliché, ça fait Américain à Paris qui se
met à écouter Édith Piaf. Pourquoi pas Anna Karénine, si je me souviens bien,
c'est le livre que la femme tenait dans ses mains, ce livre qu'elle ne lisait
pas mais qui fabriquait l'image moderne qu'elle désirait pour attirer
l'attention de ce jeune intellectuel. Ouf, Anna Karénine pour image de la
modernité. Je vais vomir. Ah non, ce sera Kundéra avant d'être Tolstoï.
Enfin, je suis à Londres maintenant, que cela m'ennuie. Ce matin je me disais,
ah, si j'étais à Paris, cela en sortant du train à Waterloo. Voilà cinq ans je
me serais suicidé si je n'étais pas revenu à Londres. Je me noyais dans mon
verre de whisky tous les soirs avec la plus noire des dépressions. Tout me
rappelait à Londres. New York et Toronto n'ont pas suffit à me le faire
oublier… ah, l'idée d'être demeuré à Toronto aujourd'hui me bouleverse. Comment
aurais-je survécu ? Alors que Londres ne suffit même plus. On finit toujours
par attraper le mal de la cité dans laquelle on vit… attraper le mal d'une cité
comme Toronto, c'est le désespoir absolu. C'est être misérable au possible.
C'est comme cette série télévisée tournée à Manchester, et lorsque les deux
héros décident de partir pour la grande cité, Londres, ils comprennent que ce
n'est pas suffisant. On ne part pas de Manchester pour aller à Londres, on part
de Manchester pour aller à Phœnix, Arizona, USA. Et je suppose que les perdus
de l'État de l'Arizona, pour eux, ce qui signifie vraiment sortir de leur trou
signifie Londres, UK. La vie est complexe.
À nous deux
Prague, car tu es certes l'inatteignable en ce qui me concerne. Jamais je ne
pourrais aller vivre et travailler à Prague. C'est comme un rêve si impossible
qu'il n'a jamais été considéré. Car si Londres ne suffit plus, Paris non plus
ne serait pas à la taille. La Chine et le Japon c'est commun, tout le monde finit
par s'y retrouver aujourd'hui. Prague, c'est différent. C'est effrayant, c'est
l'Europe de l'Est, c'est la fascination de Staline, l'État de terreur, la
Russie. L'enfer et la misère. Je suppose qu'aujourd'hui ils ont exactement les
mêmes magasins que j'ai vu à New York et à Cannes ces
derniers mois. Là aussi je pourrais acheter un petit ordinateur portatif, bien
que j'ai crié partout dans le bureau la semaine dernière que probablement qu'à
Prague ils venaient juste de découvrir la télévision. Et est-elle seulement en
couleur ? J'en saurais davantage la semaine prochaine. Il est si bien d'être si
impolitiquement incorrect, et cela je ne puis me le permettre que parce que je
sais que je ne serai jamais publié. Autrement, tout serait pesé au moins quatre
fois par le boucher avant que le prix ne soit établi (1.4 fois le prix normal,
selon combien de pièces de bœuf la folle achète et selon sa naïveté).
Si seulement ce fameux vendredi c'était terminé là, au bar l'Atlantic. Mais au
contraire, c'est là que tous les problèmes ont commencé. J'étais complètement
saoul à Piccadilly Circus et je devais me rendre à l'ouest jusqu'au Parc
Osterley. Eh bien en marchant dans la rue j'ai téléphoné Marco. Quelqu'un s'est
arrête en voiture à côté de moi et me parlait, pour une raison que je ne
comprends pas aujourd'hui, je leur ai donné mon téléphone. Comble de malchance,
le con a refermé la fenêtre et a demandé à Marco s'il fourrait en faisant
l'amour... il a manque en faire une crise cardiaque. Marco se demandait où
j'étais, avec qui j'étais. Hélas, il allait encore avoir des surprises avant
que je n'arrive...
En effet, en descendant le premier escalier roulant à Piccadilly Circus, une
petite fille dont il m'est impossible de me souvenir si elle paraissait normale
ou anormale, peut-être une handicapée, descendait tranquillement avec son père.
À la vue de cette petite fille de 5 ans peut-être, je me suis tourné vers le
père et j'ai crié : Oh Mon Dieu ! Le vieux s'est mis a me poursuivra travers la
foule en criant : qu'est-ce qu'elle à ma petite fille ! Alors j'ai pris peur et
j'ai poussé tout le monde sur les escaliers roulants espérant échapper au vieux
qui semblait prêt à me frapper. J'ai couru tant que j'ai pu sur la plate-forme,
mais quelqu'un m'a poursuivi et frappé au visage de son poing. À ce moment je
n'avais qu'une idée, ne pas tomber sur les rails et sauter dans le premier
train. Je me suis faufilé jusqu'au dernier siège, les deux mains dans le visage
et la rage m'a monté comme jamais elle n'a monté dans ma vie. J'ignore si c'est
le vieux qui m'a frappé ou un autre parce que j'ai poussé tout le monde sur
l'escalier roulant, craignant justement d'être frappé par l'autre. Eh bien, je
ne m'étais jamais rendu compte combien il était facile de recevoir un bon coup
de poing dans le visage. Il suffit d'insulter une petite fille ou de pousser
quelques touristes, et puis quoi encore. Toute ma vie on m'a ridiculisé,
insulté à l'école, et même au travail dernièrement, et jamais personne ne
semble avoir payé pour toute cette souffrance que j'ai endurée. Le lendemain je
me sentais tellement coupable pour cette petite fille, mais plus maintenant. Je
le referais demain matin. Le peuple est tellement pourri et c'est
définitivement une jungle où le plus fort s'en sort. La morale, le respect,
j'ai toujours, semble-t-il, avoir été le seul à éprouver cela et mettre cette
bonté en pratique, et maintenant c'est terminé. La prochaine fois je frapperai
le père avant qu'il ne puisse réagir. C'est lui le problème, pas moi. Au diable
sa petite fille dont dire au père "oh mon Dieu" a failli me coûter la
vie en dessous d'un train et d'être dévisagé pour le reste de mon existence. Je
suis bien prêt à regretter deux jours durant une maladresse irrespectueuse,
mais il y a une limite à ce que je dois payer. J'étais tellement enragé, que
lorsque je suis enfin sorti du train et que je marchais vers l'appartement, il
y avait encore une femme dans mon champ de vision au bout de la rue. Et j'étais
comme fou, je ne pouvais plus concevoir que toujours il devait y avoir
quelqu'un la devant moi qui puisse me juger, qui d'un seul regard me rende
inconfortable, m'oblige à me cacher, à ne rien dire, etc. Je criais comme un
défoncé : ôte-toi de ma vue ! Va-t-en ! Out ! La femme s'est mise
à courir comme une folle. Rendu à la maison, j'étais dans un piteux état, je me
suis mis à pleurer comme un malade. Cela faisait une heure que j'avais déjà
remis toute ma vie en question, j'allais me suicider là sur le coup, j'allais
moi-même me lancer devant les rails du prochain train, et franchement je ne
m'explique pas que je ne l'aie pas fait, car jamais je n'ai eu une telle
conviction qu'il était temps que je meure, que j'en finisse avec les platitudes
de l'existence. Dans le fond, je venais de comprendre que ma vie est d'une nullité
et d'une futilité morne à mourir. Que la vie n'est que cette stupide succession
de terribles événements qui n'apportent que la souffrance et la misère. Que
j'étais incapable de nommer une seule raison au pourquoi je voudrais vivre, à
endurer cet enfer. Et puis je me suis calmé et je remettais en question mon
emploi et Londres. Je retournerais au Canada le plus tôt possible. Je n'allais
plus retourner au travail, je n'allais plus rien à voir avec cette vie
misérable. J'étais traumatisé, complètement terrorisé, enragé. À ce moment et
durant la journée suivante, j'aurais pu me refermer sur moi-même, m'enfermer à
l'intérieur et ne plus jamais en sortir, regretter à l'infini mes actions,
avoir peur du bon peuple de Londres chaque fois que je sors. Mais au contraire,
je suis devenu le pire des monstres. Je ne veux plus de conscience, je ne veux
plus de bonne manière, je veux une guerre et je veux la gagner. Il n'y a plus
personne qui puisse se tenir devant moi, je m'en vais te les anéantir, les
détruire, tous les tuer. Ma patience, je ne connais plus ce mot. Je suppose que
c'est ainsi que les criminels commencent, après avoir été frappé par la police,
il n'existe qu'une issue, comprendre qu'il n'existe point de justice, ou de
morale bonne à suivre. Tout est éclaté et l'on va vivre. You fucking bastards !
Pour qui tu te prends ? Tu pourrais me frapper pour une insulte bien subtile ?
Ou parce que j'ai un peu poussé ta blonde dans la rampe de l'escalier ?
Pourquoi pas me tuer ? Cela suffira-t-il ? Faut-il aussi exterminer la station
en entier ? Well, oui, je le pense.
Je comprends ce soir pourquoi j'ai insulté cette petite fille l'autre soir. Ou
le père plutôt. Après deux pintes de bières seulement je comprends tout. C'est
que lorsque je suis un peu en boisson, je développe un mépris marqué pour tout
et pour tout le monde. Je suis prêt à les tuer autant qu'à me suicider. Je n'ai
plus aucun respect pour rien, sans doute parce que je ne puis voir qui que ce
soit me respecter. En fait, autrui me fait chier comme ce n'est pas possible.
Qu'ils voudraient bien juste ma mort que je le comprendrais très bien. James
m'imitait aujourd'hui, comment ridicule était notre emploi, mimant un appel
téléphonique à Dieu sait qui, que l'on tente d'avoir sur notre programme de
conférence. Cela m'a tout à fait convaincu que je faisais la job la plus
insipide et insignifiante de la planète. Plus inutile que les conférences, cela
ne se fait pas. Pourtant l'on endure la prétention, l'enfer, le calvaire. Dans
le train ce soir j'ai deux Finlandais en vacances devant moi. Swedish, pardon,
je viens d'entendre Sweden. Eh bien. j'ai juste envie
de me lever et de les frapper. Sans doute le vieux travaille pour Ericsson
(alors qu'il travaillerait pour Nokia s'ils venaient de la Finlande). Or, cela
je ne puis plus le supporter. En plus il est gros et laid alors qu'elle est
jeune et belle. L'aime-t-elle ou aime-t-elle autre chose ? Les voyages à
Londres par exemple, le rythme de vie. Sans doute elle s'amuse davantage
lorsqu'il est aux conférences. Peut-être également s'emmerde-t-elle dans ce
temps là... la pauvre, c'est alors qu'elle ne sait pas ce qu'elle manque.
Alors que James semble vraiment savoir ce qu'il manque, pourtant ce n'est pas
là un argument. Il veut mourir, il n'a jamais trouvé le bonheur, pas même avec
une femme, et il est prêt. Pourtant ce soir il a répété qu'il avait besoin
d'une femme (de la sauter sans doute). Pourtant il sait que cela ne le rendrait
pas heureux. Misère...
Tellement de rêves, de choses à voir et à comprendre, tellement de choses
extraordinaires loin de cette réalité quotidienne et infernale je pourrais voir
et accomplir aujourd'hui, que je me morfonds plutôt dans l'amertume et le
désespoir. Entourés cette fois de gens encore plus misérables que je ne le
suis, alors que trop souvent ces dernières années je me retrouvais seul au
monde à mourir dans ma peine.
Prague
Je suis dans un club assez vide, ils ne semblent pas avoir de patience pour les
étrangers à Prague. Au bar il m'a traité comme de la merde, et l'autre du vestiaire,
même chose. Bon Dieu, ça fait même pas dix ans que ça a découvert que dehors
existait, et déjà ils ont adopté l'attitude Gay 100% "Oh Darling !".
Parce que je n'imagine pas que cette musique directement importée de Londres et
ces hommes à moitié nus agissaient ainsi avant leur révolution de 1989 où ils
se sont débarrassés de leur communisme. Stupide mondialisation, je suis en
république Tchèque, je pourrais aussi bien être n'importe où ailleurs dans le
monde. Dans le fond, le communisme a cela de bon, qu'il est différent. Je suis
venu bien trop tard. Je voulais les voir en train de crever de faim, sans
emplois, pauvres comme Georges, et regarder la différence lorsque je marche
dans la rue. Eh bien non seulement ils sont britannisés, mais en plus, ils ont
plus de style que moi. Aujourd'hui en habit cravate, j'étais le seul jeune
habillé ainsi, en fait, la seule personne habillée ainsi. Ce soir je suis en
jeans noires, mais des souliers assez quétaines. Ils m'auraient fallu mettre
mes souliers noirs. Je ne pense pas qu'une seule personne ne m'ait encore
regardé, au club Privat L. Tiens, c'est pas Tchèque ce nom. Et bande de chiens,
la musique que vous jouez, c'est pas Tchèque !
Qu'avez-vous donc contre les touristes ? Je crois que je vais les aborder en
français à l'avenir plutôt que l'anglais. Ils ne comprennent ni l'un ni l'autre
de toute manière et l'exercice sert plutôt à leur signifier que je ne comprends
pas leur charabia. La première chanson que j'ai entendue à Prague était la
première chanson que j'ai entendue à New York : New York City Boy de Pet Shop
Boys. Mon Dieu le gars à côté ressemble comme deux gouttes d'eau à celui que
j'ai rencontré dans un café à Cannes.
Eh bien, je ne suis pas impressionné. Ils ont deux personnes qui dansent, une
fille et un gars, et j'impression qu'ils sont payés pour danser. Ils dansent
tous deux pareillement et un peu trop bien. Ah moins que ce ne soit comme ça
qu'ils dansent ici. Il y a un jeune si jeune dans la place, et si beau et
prétentieux, que j'ai l'impression que c'est un prostitué. Well, je ne suis pas
encore aussi désespéré. Un autre s'est mis à danser, et celui-là barbu mais
tout de même mince, n'est certes pas un danseur professionnel. Et il danse un
peu comme les autres. Une sorte de Mimouchka russe... Enfin un m'a regardé, le
deuxième plus beau de la place après le jeune. Le jeune aussi me regarde, mais
cela m'inquiète. Aussi, nu je ne suis pas si beau, peut-être je devrais faire
comme Louise au travail qui a flirté toute la soirée avec Toni et le pauvre le
lendemain était enragé parce qu'il n'avait pas couché avec elle. La musique
dégénère, ça fait six chansons assez espagnoles, La Margarita, lalalalala, de
la musique de plage et de mariage. Ah non, je ne peux pas coucher avec l'un ou
l'autre, je suis bien trop décevant au lit. Ils doivent être habitué à ce qu'il
y a de mieux. Pourquoi n'y a t-il que les plus beaux qui s'intéressent à moi ?
C'est que ma graisse ne transparaît pas... Ils ont tous l'air de se connaître,
mais la ville a bien un million deux cent mille personnes, ils ne devraient pas
se connaître... à moins que les gays ici s'acceptent moins et donc sont tous
encore dans le placard. Avec pareille musique, ils ne manquent rien. Arrêtez
cette musique espagnole pourrie ! Vive la musique britannique !
La première chose que j'ai faite après avoir recouvré ma liberté, je suis allé
faire mon lavage. Le mythe dira : "Faire son lavage en République Tchèque
!" Wow, j'y ai rencontré un super de beau gars, juste pour cela ça en
valait la peine. Un peu magané, on aurait dit qu'il a eu la vie dure. Très
gentil. Je lui ai demandé s'il connaissait Milan Kundéra, il m'a sorti de sa
table L'Immortalité ! C'est ce qu'il lisait ! Et moi qui croyais que l'on
tombait en amour à Prague après avoir rencontré quelqu'un lisant Anna
Karénine... Nous avons parlé, entre les nouvelles de CNN, car c'était ce qui
jouait. Au club ce soir, c'est MTV. Ces Tchèques, on dirait qu'ils n'ont aucune
personnalité, ils n'ont fait qu'adopter tout ce qui vient d'ailleurs. Cela me
rappelle ce conférencier qui disait à ma conférence que son fils voulait
désespérément être connecté à l'Internet. Et lorsque son père impuissant
(l'Internet était inaccessible dans son pays perdu) lui a demandé pourquoi, le
fils a répondu qu'il voulait être un citoyen du monde. Eh bien, si cela
signifie juste d'adopter l'extérieur pour sien, c'est triste. Et il n'y a rien
de plus impersonnel que l'Internet. En plus, c'est d'une platitude
extraordinaire. On s'en lasse tellement vite que l'on ne l'utilise plus que
comme outil de recherche. Car il s'agit là d'une base de données, rien d'autre.
Un autre beau c'est celui qui m'a arraché mon manteau des mains et qui exigeait
10 Korunas. Les voilà tes 10 Korunas... tu sais ce que ça vaut 10 Korunas à
Londres ? Ça ne vaut plus rien parce qu'il n'existe rien, même chez le marchand
de bonbons, qui coûte moins de 10 Korunas. De toute manière, je sais bien que
cette bière m'a été trop chargée, car elle est exactement le prix de celle que
j'achète à Londres. Or, on sait bien que tout coûte moitié prix sinon un tiers
du prix à Prague. Voleur ! En plus il a le culot de paniquer parce que je n'ai
pas laissé de pourboire la première fois. Va donc voir si les Anglais et les
Français en laissent du pourboire eux ? D'autant plus que ses bières sont
surchargées ! Gardez-les vos clubs et pubs pourris ! Je suis bien trop content
de vous chier dessus par écrit... Quelque chose va survenir, sinon je commence
vraiment à croire que j'ai perdu mon temps à demeurer ici deux jours de plus.
Le jeune définitivement me regarde sans cesse, et moi j'écris plutôt que de le
regarder. Je pense qu'il revient d'une back room... qu'y faisait-il donc ? Eh
bien je ne vais pas dans ces endroits-là, bien que c'est ridicule, je fais tout
le reste, mais j'ai des principes qui me viennent j'ignore d'où. Pas de sauna,
pas de back room... et probablement qu'un jour j'irai et je me demanderai
pourquoi j'ai attendu aussi longtemps. Mystère.
N'ont-ils pas de littérature gay ici ? Et j'ai besoin des toilettes, et d'une
nouvelle bière. Tout vient en même temps.
Ici ils ont
trois types de toilettes. Pour les femmes (alors que seuls les hommes ont le
droit d'entrer), pour les hommes, et pour les hommes back rooms. Le jeune me
regarde toujours, je me demande quel âge il a, l'âge légal ici pour avoir du
sexe est 15 ans et je ne suis pas certain s'il les a. Je ne crois plus qu'il
soit un prostitué, son ami à l'air bien trop...
Oh mon Dieu, dans quel pétrin je me retrouve. Je suis tellement con, il devrait
y avoir une loi contre les cons. Bien sûr qu'il y avait bientôt une dizaine de
jeunes super beaux qui me regardaient ! Tous sont des prostitués et je porte un
chandail anglais ! Comment j'ai pu me flatter à croire qu'ils s'intéressaient à
moi ! Un vieux croûton de 40 ans avec un jeune de 19 ans sont
apparus et il était bien heureux de me parler car le vieux venait de la Suisse.
Il a tenté de m'embarquer dans une histoire de prostitution à long terme !
Toute notre conversation avait un double sens, et il m'en a fallu du temps pour
comprendre ce qui se passait. Selon lui je ne trouverai jamais ce que je
cherche à Prague, seule la prostitution existe, m'attend. Et lui ne pouvait me
comprendre, puisque cela fait 4 ans qu'il a son prostitué personnel. J'ignore
même si ces jeunes sont vraiment gays ! Cela m'a tellement écœuré que je suis
sorti en courant ! Puis je cherchais le premier taxi qui me ramènerait à
l'hôtel, car véritablement, j'ai peur ! Une société où la prostitution et la
maffia règnent, est quelque chose d'effrayant. Et ces gens se croient libérés ?
Je suis dans une panique absolue. Le vieux croûton m'a demandé si j'étais allé
en Thaïlande, car là on n'y va que pour la prostitution. Eh bien je viens de
rayer ce pays de ma liste. J'aime mieux demeurer avec les miens, ceux qui sont
comme moi. Pourtant il était Suisse. La peur soudain me prend. Juste pour être
conscientisé sur cette question valait tout l'argent que j'ai jeté au feu pour
rester ici deux jours de plus. Prague, ville pourrie jusqu'a l'os, tu ne me
reverras plus jamais de ta sainte vie.
Bon, je me suis remis de mes émotions d'hier. 12% d'alcool dans leur Pilsner,
je crois que ça explique bien des choses. J'étais comme un peu devenu ou. Tout
ce que j'ai vu hier à Prague existe à Londres et même Toronto. Je me suis tout
simplement retrouvé dans les deux pires clubs de la place. Et je suis mal tombé
sur ce gros porc de la Suisse qui se paie des prostitués à long terme. Je me
fous qu'il me dise que c'est partout la même chose en ce qui concerne les
touristes, apparemment plusieurs viennent ici avec cette intention, mais j'ai
aussi vu hier qu'entre eux les Tchèques sont bien normaux, comme on peut l'être
au Canada. Comme d'habitude on traite les touristes différemment. J'ai
tellement de préjugés envers la République Tchèque, j'ignore comment m'en
débarrasser. Je les vois comme des arrières et tout devient un prétexte à
prouver mon point. Je suis entré chez McDonald par exemple, et deux femmes achetaient
un Big Mac et un coke. Et les frites, elles ? Dans ma tête je me disais qu'elle n'en avaient pas les moyens ! Mais quelle prétention
j'ai ! Il me faudra plus d'une semaine et éviter les trappes à touristes avant
de juger la République Tchèque. Aujourd'hui je dirais que je ne vois pas
vraiment de différence entre Prague et Paris, niveau de vie. Pourtant, je sais
bien que ce n'est pas tout à fait la même chose, et aussi, je sais que ça n'a
pas toujours été ainsi. Bien, je ferai quelques cafés aujourd'hui, mais je ne
sortirai certes pas. Et je ne crois pas non plus que je coucherais avec qui que
ce soit, l'idée que cela pourrait être de la prostitution me tue. (Et ce gros
Suisse laid qui me répétait de toujours discuter prix avant ! Gros écœurant !)
Bon, midi trente, c'est le temps d'aller visiter le château.
**Le reste n'est pas encore sur mon site, mais ça s'en vient...
____________________
Bon bon, je me suis rendu compte, sans doute à cause du titre, que tout le monde visite cette page plutôt que mes autres livres. Alors voici en vrac ce qui est déjà sur ordinateur. Pas corrigé, pas relu, pas coupé. Je ne suis pas responsable des torts causés à autrui, et inutile de me poursuivre, car tout est vrai, je gagnerais...
____________________
Les Éléments Urbains Londoniens
Non relu, non corrigé
7 Avril 1998
Il existe de ces endroits où je me suis retrouvé dans ma vie et dont je me demande pourquoi j'y étais. Ils me ramènent des cauchemars juste à y penser, et la pensée que je pourrais m'y retrouver un jour me tue. Tous les coins de rue où au Québec j'attendais les autobus scolaires pour m'emporter à l'école par exemple, me traumatisent encore. Les autobus de ville à Hull et à Aylmer aux limites d'Ottawa, jamais rien vue de plus misérable dans ma vie. Où je travaillais à Bruxelles, un quartier mort de Montgomery, ça non plus ne m'apporte pas de bons souvenirs. Par contre il y a des endroits à Bruxelles qui me hantent et m'enchantent. Comme au Québec en dehors de la capitale. Et même dans les environs d'Ottawa, une petite maison d'ex-prostituées que l'on projétait acheter au bord de la rivière me fascine encore. Qu'est-ce qui fait d'un endroit un paradis, et un autre un enfer ? Toujours les constructions humaines, puis les événements qui font que nous y sommes comme prisonniers. Était-ce mon choix d'y être ? Oui et non, dépendant du pourquoi je me devais d'y souffrir. Un hôtel du boulevard Hamel à l'Ancienne-Lorette de la ville de Québec est d'un terrifiant, et le restaurant Marie-Antoinette juste à côté, un calvaire. Mais un petit hôtel sur le fleuve Saint-Laurent tout à côté du Vieux Pont de Québec fait toute la différence. Même dans la forêt profonde j'arrive à distinguer des lieux enchanteurs et d'autres infernaux. Pourtant c'est la nature, des arbres et des rivières.
12 Avril 1998
Une même particule peut se retrouver à deux endroits en même temps. Un humain peut donc se trouver à deux endroits en même temps.
Voilà où j'en suis dans ma retranscription, la suite viendra lorsque l'existence me laissera suffisamment de temps libre et que la motivation me viendra.
J'aurais voulu prendre le temps de parler de mon voyage éclair à Rome lors de la conférence GPRS, mais trop était trop vite. Là déjà j'ai bien souffert de ce monstre
Dernier jour, Cannes, 4 Février 2000
James m'a encore fait subir bien des émotions. Hier, parce qu'incapable de trouver des billets pour le party de Motorola avec Tom Jones, et ignorant que Siemens avait un party également, nous nous sommes retrouvés sous la tente Nokia. La foule, environ 3000 personnes, était à 100% blanche et sans doute la majorité Finlandaise. Pas un Noir, pas un Asiatique. Nous sommes arrivés moi, Gustavo et James, juste le temps de voir Tom Jones arriver par bateau sous une musique de James Bond et deux hélicoptères, et nous rencontrions déjà nos autres collègues. James s'est mis à marcher en long et en large dans tout le bâtiment, il était le seul à ne point être habillé en habit et certes, il semblait être le plus jeune de tous. Moi le suivant partout, nous avions l'air des deux plus jeunes personnes de tout le Congrès, pourtant nous sommes les recherchistes et producteurs. Je me demandais si nous avions l'air sérieux. Bref, il avait les yeux rivés sur cette blonde qui travaille pour Nokia et qui dansait comme une folle alors que nous savions qu'elle n'avait rien bu. Je l'ai reconnue de Genève où là également voilà quelques mois elle dansait de même, en plus, à courtiser un vieux porc à côté d'elle. Hier également elle dansait avec un croûton et je me demandais si ce n'était pas une putain professionnelle dont on a mis un Nokia tag dessus. Tous les hommes de la salle (90%) à Cannes comme à Genève, n'en avaient que pour elle, oubliant la scène où un groupe Finlandais nous chantait des chansons populaires, dont Tom Jones. Si ce dernier pouvait entendre de l'autre tente, il devait bien se demander qui pouvait chanter ses chansons aussi bien que lui, peut-être même mieux ! Enfin, c'était un charmant tableau que ce jeune mince éphèbe qui regardait cette blonde pouffiasse correspondant à la corporate image de Nokia, et c'est vrai qu'elle est remarquable, mais moi je ne pouvais plus le suivre. J'ignore ce qu'il faisait également, il marchait jusque près d'elle puis retournait dans le fond de la salle, puis refaisait ce même chemin sans cesse. Dans la première heure Gustavo a disparu. Ma dernière conversation avec James avant qu'il ne disparaisse lui aussi avait quelque chose à voir avec comment atteindre cette femme. Ses beaux yeux bleus charmants la regardaient et je pouvais distinguer dans le luisant de ses yeux son imagination au-delà de rêves impossibles. Faire l'amour à cette femme qui dansait sur une table (avec toute une rangée d'autre monde, y compris toutes les hôtesses de ma compagnie qui se mettaient bien en évidence) et je les voyais dans le lit, son sourire alors qu'ils se déshabilleraient. Et puis je ne l'ai plus revu pour au moins 45 minutes. Tout ce temps, coincé avec mes autres collègues qui dansaient davantage et cherchaient à m'entraîner. Trois ou quatre filles qui me tournaient autour sans savoir que j'étais marié, divorcé et gay. Je suis parti.
Ah mon Dieu ! La blonde de Nokia vient juste d'entrer dans la salle ! (Je suis maintenant à la conférence track D sur Corporate GSM. Elle a donc un intérêt aux conférences et travaille dans le GSM, elle est arrivée avec une délégation de Nokia qui est venue juste pour entendre Nortel Networks, un compétiteur.)
Vers 3 heures du matin environ ça sonne à ma chambre. Je croyais que c'était Axel, quelqu'un que j'avais rencontré la veille (j'en reparlerai tout à l'heure), mais c'était James. Comme l'autre jour il est entré en grandes pompes et s'est écrasé dans la chaise. Cette fois il était bien déterminé à quitter la compagnie. Il n'en pouvait plus, ce n'est pas lui, il est malheureux, il ne veut pas produire des conférences. Il dit que c'est insignifiant et que cela n'a pas de but. Qu'il se sent comme un plouc avec sa petite cravate à pois à ne rien savoir et à indiquer aux délégués où aller. Dans les salles de congrès, il n'apprend rien, c'est juste de la merde. Tous radotent la même chose et c'est complètement sans intérêt. Well, c'est exactement la raison pour laquelle je veux m'en sortir, mais dans huit mois pour entrer à l'Université en Physique. Lui il aurait rendu sa démission la nuit dernière à 5 heures, complètement saoul, alors que nous avons travaillé tous les jours depuis 12 jours, à commencer à 7h le matin et à terminer à entre 6 et 8 tous les soirs. Et lui a bu tous les soirs jusqu'à au moins 3 heures du matin. À ce rythme, je suis surpris qu'il ne se soit pas encore suicidé. Tous les jours de nouveaux problèmes et conflits l'attendaient et je me reconnaissais dans ses actions, à insulter les mauvaises personnes et à me retrouver le lendemain comme sujet de conversation numéro un de toute la compagnie ! Mais trois ans d'erreurs de plus que lui, mon voyage à Cannes, du moins en ce qui concerne la compagnie, est sans histoire. Enfin, je lui ai fait comprendre de tenir le coup, d'attendre jusqu'à au moins mardi prochain, qu'il ne trouverait pas un emploi qui paie davantage et que sa job n'était point d'aller à des conférences, mais bien d'arriver le matin, envoyer quelques invitations et sacrer son camp ensuite. Je crois qu'il a reconnu cette sagesse, mais ce matin c'était moi qui était la source de ses problèmes qu'il disait, parce que je suis parti sans lui dire aurevoir hier et que j'ai fait cela plusieurs fois. Mais, il disparaît pendant une heure à courir et rêver après des blondes de Nokia, et moi je le suis comme une toupie dans toute la tente, alors que nos autres collègues nous regardent. Il fallait bien que je parte. Et puis lui est resté jusqu'à 3 heures, ils sont allés dans un autre bar ensuite, il a trouvé le moyen de se chamailler avec la directrice de Marketing à propos qu'il voulait acheter une bière, qu'elle avait l'argent, mais ne lui faisait pas confiance parce qu'il était saoul. Well, moi au moins quand j'insulte la grande directrice de la compagnie, comme celui de Campbell Distillers, vendeur de whisky en Écosse, je le fais avec style, et au moins je puis dire que j'avais raison et que j'étais justifié ! Lui c'est des histoires de saoulons, j'étais saoul et je ne me comprenais plus… ouh, ça me donne des frissons.
Hier c'était qu'il était en retard, que le Manager lui a téléphoné pour le réveiller alors qu'il dormait dans sa chambre, cela devant la Directrice. Ainsi lorsqu'il est revenu ils ont joué avec lui le jeu du sentiment de culpabilité. Jaz est venu le voir pour lui dire que il ne fallait pas que cela se reproduise mais que c'était OK. La Directrice l'a regardé de travers (deux jours avant elle avait fait une crise et l'avait déjà fait paniqué, comme avec Gustavo). Et comble de tout, Caroline est venue lui faire une morale comme de quoi qu'il devrait arrêter de boire, il ne devrait plus rien faire de "slightly bad" et devrait aller s'excuser auprès de Sonja, la directrice, ce qu'il a fait aussitôt. Je suppose que du point de vue des directeurs, cette psychologie est efficace, mais ce qu'ils ne comprennent pas est que nous ne sommes point des esclaves vendus à leurs stupides produits, nous sommes capables de les laisser tomber n'importe quand. Et c'est difficile à survivre cette petite psychologie de directeur, tellement que James va lâcher. Je serais curieux de voir leur tête lorsque cela arrivera.
Bref, ce jeune crétin apprend maintenant à ne pas boire en groupe et je souffre pour lui davantage que moi-même je souffrais lorsque je faisais la même chose, car quand c'est moi qui suis en cause, je n'ai qu'à changer d'emploi et je ne souffre point de me voir moi-même m'autodétruire. Si seulement je n'avais pas eu le temps de me demander s'il était gay et de développer disons une sympathie mal placée et des sentiments défaillants chaque fois qu'il entre ou sort de la salle. À peine si je l'ai regardé pourtant au travail ces derniers trois mois, car je n'avais pas envie d'espérer alors qu'il n'y avait point d'espoir. Cela me tue. Bien qu'avant je me disais que ce serait une motivation supplémentaire d'aller travailler, le voir, mais lui se fout de moi, il fait tout pour se faire mettre à la porte. Enfin, il est prêt à se mettre dehors lui-même. Triste que l'autre nouveau lui, fatigant au possible, Daniel, tout semble lui glisser sur le dos et va directement jusqu'au plancher. Tout va bien et il s'est trop bien intégré. Il me parle maintenant comme s'il avait 20 conférences de produites et que moi j'étais un nouveau qui n'y connais rien. Je le laisse faire, car lui aussi il s'agit ici d'une sorte de défense de jeune sans expérience qui tente de se mettre à niveau. Il doit bien souffrir, et ce pauvre James lui, comme moi, n'en veut pas de cette hypocrisie, de ces petites jeux psychologiques et confrontations avec les hiérarchies. Et James en parlait de cela, Caroline qui dit sans cesse : Dan, lui, a déjà fait ça… Il est comparé à Dan en tout temps et pour Dan ça semble facile. Moi, j'ai eu la vie difficile car j'étais comparé à ceux qui avaient dix ans d'expérience et ma vie alors a été un enfer. Maintenant je suis comparé à ces nouveaux et ma vie est facile, on me laisse tranquille.
Enfin, bien que James m'a reproché ce matin d'avoir disparu, j'ignore ce qu'il a décidé de faire, partir ou rester. De toute manière, ce n'est qu'une question de temps. D'autant plus que comme moi il n'a aucune ambition et l'argent est secondaire. J'imagine que la goutte qui fera déborder le vase sera sa facture d'hôtel puisque le minibar dans la chambre, et surtout toute l'alcool qu'il a consommé au bar de l'hôtel, apparaît sur l'addition de notre chambre. Par exemple, moi qui doit avoir une des factures les plus basses, sur les 875 livres à payer, j'ai 210 livres en déjeuners et alcool (et téléphone, dont une fois il s'agissait de l'appel de James qui voulait voir ses e-mails). J'ose à peine imaginer quel sera la montant de son addition, j'espère qu'il a utilisé l'offre des autres lorsqu'ils offraient une tournée. Hier justement il disait que, lorsque l'alcool est gratuit, il va toujours en profiter. Voilà sans doute pourquoi il boit jusqu'à en perdre connaissance. C'est une mentalité assez British, et Stephen mon copain est comme ça aussi. Quand Sonja va voir cette facture, elle va lui parler et user de sa petite psychologie mesquine, et si jamais il avait décidé de continuer malgré ses impressions, c'est sans doute à ce moment qu'il donnera sa démission.
Je ne sais plus quoi penser, je souffre de le voir s'enfoncer et je souffre de le voir. Je souffre également en ce moment car je ne le vois pas. Son regard illuminé sur cette femme Nokia me tue, malgré le charme du tableau. Il me tue.
Voilà également pourquoi j'ai décidé de sortir par moi-même dans les bars gays de Cannes deux jours avant, et que j'ai rencontré quelqu'un lorsque je suis retourné une deuxième fois au Zanzibar. Cette fois il y avait davantage de gens, et le plus beau de tous, celui qui était le plus bruyant, sans même m'avoir parlé, déjà m'insultait à voix haute parlant des Québécois et Londres. Son copain est un des serveurs, mais celui avec qui je n'ai pas parlé. Eh bien j'ai décidé de confronter le monstre et d'aller lui parler. La conversation a dû être à la hauteur de ses standards car il a arrêté de m'insulter. Au contraire nous sommes entrés dans une grande conversation et nous sommes allés Au Divan un peu plus loin, où nous avons rencontré un artiste déchu, du Théâtre je crois. Il y avait un temps, qu'il disait, où sa popularité en tant qu'artiste lui permettait d'habiter Le Majestic Hôtel, et voilà que moi, n'ayant jamais rien fait de grand dans ma vie, j'habitais une des plus belles chambres du Majestic pendant 8 jours. Pour eux ça semblait signifier le monde, sans doute car ils s'y sont bien plu dans le passé en des fêtes qui n'en finissaient plus. Ainsi je les ai emmenés dans ma chambre (trois en tout) et toute la nuit nous avons lu ma poésie avec cette voix extraordinaire de Gérard. Et puis il s'est lancé dans la récital de poésie et chansons, et franchement, après Prévert, Hugo, etc., j'en ai pleuré… je ne l'aurais jamais cru. La poésie française a toujours été à mon avie d'une platitude assez impressionnante, à part quelques Prévert et Rimbaud. Je ne m'étais jamais rendu compte que lu (alors que je suis saoul) par une belle voix, cela pouvait avoir un tel impact. J'avais avec moi trois Français quelconques rencontrés dans un bar et voilà que tous lisaient ma poésie avec un intérêt ardent, à la vanter au possible. Et tout cela est bien extraordinaire, une telle culture, également cet intérêt ardent et spontané pour la littérature. C'était une soirée magique et spéciale, qui m'a fait comprendre combien le système Français a réussi à développer des standards très élevés chez ses enfants, et en a fait des virtuoses de tout, et des êtrès sensibles à la culture et à la littérature. Pourtant, elle a fabriqué des êtrès de prétention également, mais que voulez-vous, encore qu'il vaut mieux au moins avoir une opinion que de ne pas en avoir du tout. Ainsi je n'ai point dormi de la nuit et après qu'ils soient partis, le plus beau de Cannes, Axel, est revenu. Nous avons fait l'amour comme des déchaînés le reste de la nuit et nous nous sommes quittés lorsqu'il était temps pour moi de retourner au congrès. C'était vraiment passionné bien que les sentiments que j'éprouve pour James étaient absents. Et malheureusement je ne pouvais pas me dire qu'il s'agissait de lui plutôt qu'Axel, parce que James a des qualités uniques (British je dirais) que j'apprécie et que je ne retrouve pas chez d'autres, et l'embrasser dans le cou serait déjà une expérience susceptible de me faire perdre connaissance. Mais comme chaque fois que je me permets du plaisir, un prix est à payer, et mon Palm Pilot a disparu : £300 chez le diable, avec tous les livres électroniques de Sherlock Holmes que je lisais ardemment dans l'Underground de Londres. Il est clair qu'un des trois l'a pris, et j'ai bien cru qu'il s'agissait d'Axel, car lorsque je le cherchais le matin même, il me pressait de sortir. Et j'en ai conclu qu'il ne me téléphonerait pas le soir même comme il avait lui-même prévu. Eh bien Gérard m'a téléphoné durant la journée (alors que j'étais revenu pour dormir un peu) et Axel m'a téléphoné également bien plus tard après minuit lorsque j'étais revenu de Nokia. Il voulait me voir, et après ce téléphone j'ai bien eu du mal à comprendre pourquoi il me téléphonerait, à moins bien sûr de décider de venir voler le reste, comme mon ordinateur portatif peut-être. Mais lorsque j'ai mentionné ma calculatrice qui avait disparue, il s'est moqué de moi en disant, une calculatrice ? Bien sûr il aurait compris à ce moment qu'il s'agissait de bien plus qu'une calculatrice. Et son romantisme m'a emmené ailleurs. Toute la journée il avait pensé à moi ! Et moi, pas une seule pensée pour lui, enfin, si peu à cause de James. Puis il disait que cela avait été chaud et notre nuit d'amour franchement bien. Cela m'a redonné courage, car si vous vous souvenez, je suis un peu gros et lui est sans doute un des plus beaux de Cannes. Il voulait me revoir, mais je n'avais pas dormi la veille, et je devais dormir. Il sera à Londres lundi et mardi prochains avec son copain (qui sait très bien que nous avons fait l'amour, mais il s'en fout). Une histoire abracadabrante. Alors le troisième a volé mon Palm Pilot. Bien que j'aime mieux croire que je l'ai perdu et que cette belle soirée de poésie s'est terminée en une explosion romantique. Ah ces Cannois…
Me revoilà maintenant à Londres. Un samedi seul comme à l'habitude, je viens de dormir un long douze heures. Stephen déjà planifie le reste de ma journée, il désir m'emmener au Treaty Centre d'Hounslow, le gros centre d'achat du coin. Il s'est acheté une antenne de téléphone mobile qui flash bleu et rouge, et maintenant son téléphone ne fonctionne plus. Il retourne au magasin donc, l'histoire de sa vie, combien terre à terre ! Oh God ! Revenir du plus cher hôtel de Cannes au plus grand congrès des téléphones mobiles du monde pour aller s'écraser dans un centre d'achats miniature de Hounslow pour échanger une petite antenne lumineuse défaillante ! Où est ma nouvelle fantaisie, James ! ? Où est cette belle soirée romantique à Cannes avec Axel ? Où Gérard, le seul être capable de me faire pleurer à me réciter de la poésie ? Où est cette vie grandiose que l'on m'a montré l'instant d'un moment pour me la reprendre ensuite ? Comme ce lundi sera fade, ce retour aux réalités sera fatal. J'ai deux conférences à finir, pardon, une à finir et l'autre à commencer et j'ai ces deux échéances qui m'écrasent le cerveau. Et puis je vais retrouver ce bon Dieu de James juste à côté de moi, j'aurai maintenant le temps de souffrir toute la journée à loisir, juste à le regarder là à côté de moi. Avant je me foutais bien de voir qu'il ne foutait rien, je me disais que les résultats de son travail ne tarderait pas à éclairer ce fait et qu'ils s'en débarrasseront bien assez tôt. Maintenant je vais paniquer à l'idée qu'il ne fout rien. Ce serait bien plus simple s'il quittait, mais encore là, j'aimer mieux l'avoir sous mes yeux et souffrir que de ne plus le voir et de n'avoir rien d'excitant dans ce bureau. C'est déjà suffisamment coincé comme ça là-dedans.
Et ce lundi je vais revoir cet Axel, je me demande bien à quoi il ressemble, s'il est aussi beau que mes souvenirs, car j'étais saoul tout le temps que j'étais avec lui. Mais j'ai l'impression qu'il est encore plus beau que dans mes souvenirs, à peine si j'ai eu le temps de le regarder. Pourtant je n'étais que saoul, semble-t-il j'étais drogué ou quoi ? La fatigue sans doute. Cannes me vient à moi ici à Londres dirait-on. Bien. Cet épisode n'est peut-être point terminé. Mais il ne continuera pas à New York la semaine prochaine, car James est un nouveau et n'a pas ce droit à la récompense, il ne peut venir à New York. Au moins Dan, le petit prétentieux, n'y sera pas non plus. Mais ceux qui me détestent y seront tous. Et Lucy, ma troisième amie (des trois seuls que j'ai) est nouvelle également, ne viendra pas non plus. Et Gustavo, mon deuxième ami, s'en va à Barcelone je crois pour une conférence ce lundi et mardi, et compte bien ne pas venir à New York. Avec qui donc vais-je parler ? Il n'y a que les nouveaux qui me parlent et ces nouveaux ne viennent pas ! On verra bien ce que cet épisode de quatre jours donnera, pour l'instant cela ne m'inspire pas. En plus j'ai bien compris que je suis le seul stupide gay de toute cette compagnie de broche à foin. Un record ! Ou alors il y en a quelques-uns qui ont des secrets bien gardés. À moins qu'ils se soient bien assurés, comme dans ces pays d'Europe de l'Est, que j'étais bien marié et susceptible d'avoir des enfants très bientôt avant de m'engager. Pas ma faute si mon Manager s'est mis à lire mon site Internet de long et en large avant de comprendre l'erreur du siècle : un gay a réussi à se faufiler dans les affres de la production de conférences européennes de haut niveau ! Sous de fausses prétentions ! Horreur ! Sa femme est punk aux cheveux rouges et porte une robe de caoutchouc rouge avec une craque à l'arrière qui montre son fessier ! Tout ça c'est de la vielle histoire, on en parlait déjà chez leur plus grand concurrent voilà trois ans, alors que j'avais les six étages à Victoria qui pointaient du doigt moi et ma femme punk lesbienne droguée et enceinte avec de larges sourires ! Je devrai quitter le domaine des conférences complètement pour me débarrasser de ce passé extravagant.
Je viens de passer l'après-midi à écouter The Smiths et à contempler ma théorie du rétrécissement de l'univers et ma théorie de la relativité universelle. En fait, j'ai passé la journée coincé sur la page : Conséquences de la Relativité de la distance. Ce qui devrait aider ma diète, j'en suis sûr…
6 Février 2000, Londres (Isleworth)
(Suite)
Après tout ce que je viens de traverser, comme j'oublie vite l'enfer qui voilà encore cinq jours m'assaillait. Semblerait que rien ne s'est produit. Toujours avant je pouvais me justifier, aujourd'hui je ne le fais plus. Et lorsque j'y suis obligé, les problèmes se règlent rapidement. Communication est donc mon problème. Mais je déteste cette communication. Elle implique que je doive travailler fort, toujours avoir quelque chose à montrer, des comptes à rendre, des justifications. Je déteste me justifier, je déteste communiquer, je déteste travailler à produire des conférences. Et pourtant c'est ce que j'ai fait de mieux jusqu'à maintenant comme emploi. Encore que traduire des nouvelles radio et télévision pour le gouvernement canadien m'a semblé assez intéressant, bien que misérable. Comme je regrettais mes cheveux longs qui m'empêchaient de travailler alors, il me fallait une casquette, aujourd'hui j'admire cette attitude comme si franchement il s'agissait là de mon dernier cri de désespoir. Le dernier signe de combat avant de m'éteindre complètement à tout jamais et de venir travailler dans ce bureau pour les quinze prochaines années. Je comprends maintenant ma femme qui arrivaient avec ses cheveux rouges punks au bureau à Victoria, juste devant les jardins de la Reine. Et qui inventaient des histoires à plus finir afin de rendre la vie plus attrayante, car elle était d'une platitude extravagante. Je crois qu'elle et moi nous nous ressemblions, tous d'eux voulions de l'attention en inventant les plus sordides histoires qui parcourraient les six étages chaque matin. Heureusement où je travaille, bien que cela continue, le tout ne franchit que deux étages. Et tout de même, cela prend des semaines avant que tous sachent ce qui se passe dans ma vie. Heureusement que je travaille dans un environnement anglophone, si ce n'était pas le cas je n'aurais jamais pu garder mon site Internet en ligne. Cela est bien clair, il m'aurait fallu tout censurer. Ils n'en auraient jamais fini de lire à toute heure et de faire parcourir les rumeurs. Mon Dieu, dans la dernière semaine j'ai été accusé d'incompétence et d'être tant en retard qu'ils allaient annuler ma dernière conférence. Et voilà qu'ils voulaient canceller également ma conférence à Prague à cause de nombre sans cesse très bas de délégués. Et la conférence d'avant, c'était la pire de tout l'année 1999. Et le pire de toute l'histoire est que je n'ai jamais arrêté de m'améliorer, sans cesse mes conférences sont meilleures que celles d'avant, et les conférenciers sont les plus élevés, les plus recherchés, etc., pourtant, parce que l'on me refile les pires sujets les résultats en livres sterling vont en descendant alors que la qualité va en montant. Pourtant cette qualité s'évanouit à travers l'échec. Pour une raison que je ne m'explique pas, la qualité ne paie pas. La merde attire l'argent, et je ne comprends pas cela sinon que le bon peuple adore la merde. Nos pires conférences attirent 150 délégués chacune, mais je crois que seul le sujet fait la différence, et il faut avoir travaillé là longtemps pour finalement produire les sujets les plus courus. Alors je m'imagine toute cette histoire à propos de la qualité, et dans le fond j'ignore de quoi je parle. Mais étrangement j'ai tout de même ce sentiment que ce qui est jugé de qualité n'attire pas le monde. Alors la qualité à mon avis, c'est la facilité. Pourquoi se casser la tête à avoir 15 opérateurs alors que 15 manufacturiers attireront le reste des manufacturiers de l'industrie ? 15 Opérateurs n'attirent point tant les délégués, sinon que l'argent des publicitaires, ça oui. Enfin, je pourrais m'asseoir ici à tenter de soulever le secret du succès des conférences, et justifier mes échecs lamentables, plutôt que de me concentrer sur les lois de la physique qui régissent l'univers et c'est cela sans doute qui m'inquiète. Pourtant j'irais peut-être perdre mon temps en physique et j'avoue qu'il s'agissait là d'une décision très difficile à prendre, retourner aux études pour prouver des théories qui ne font aucun sens, sans queue ni tête. Je suis fou, aucun doute. Tout le monde était contre cette idée, on ne saute pas de la littérature française à la physique me disent-ils, pas à 27 ans, pas lorsque l'on a un emploi dans les conférences qui paie bien, pas lorsque l'on risque de demander de l'argent à sa famille et ses amis. Eh bien, je m'y aventure seul dans cette aventure, et si je crève de faim, ce sera une bonne chose, car ma diète est bien difficile à suivre.
Ceux qui crèvent de faim ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont, ils n'auront jamais à s'inquiéter de devenir trop gros, laid et rejeté d'autrui. Je me suis fait couper les cheveux assez court hier, aujourd'hui au travail, j'ai eu au moins quatre personnes qui m'ont regardé avec un grand sourire et m'ont dit que cela m'allait très bien. Soudainement on me considère bien davantage, on m'aime bien davantage, je suis un être humain alors qu'avant j'ignore ce que j'étais. Un gros laid sans importance. Pourtant je n'étais pas si gros, mais cela n'en prend pas beaucoup pour que la magie parte. Je tiens cette magie dans ma main pour l'instant, mais je suis encore à la frontière. Il serait bien facile de sombrer de l'autre côté, autant me faire frapper encore et que je ne remonte plus en surface. Qui eut cru qu'il était si difficile de ne pas acheter un christ de bagel le matin en allant au travail ? Je crois que l'on devrait élever les anorexiques au rang d'héros nationaux, car ils accomplissent là quelque chose d'impossible.
Six jours avant mon départ pour Prague. Quelle chance ! Je vais tenter de faire allonger mon séjour de deux jours. Pourtant je sens que cela sera un désastre. Mais je ne voudrais pas regretter de ne pas l'avoir fait. Et si cela ne fonctionne pas, au moins j'aurai essayé. Et je pourrai m'acheter un billet de retour moi-même sur place si jamais je rencontrais là quelque chose d'extraordinaire qui mériterait que je passe là deux jours de plus. Mais l'image de la Tchécoslovaquie que j'ai, c'est celle de Milan Kundéra durant je ne sais plus trop quelle guerre avec la Russie, un État Totalitaire qui m'a rendu malade. Est-ce bien ce livre où l'homme se sent surveillé dans son appartement et doit se rendre aux frontières, à traverser une ville morte… ça me donne la chair de poule… tous ces préjugés. Heureusement que je vais pouvoir me rendre compte sur place de ces préjugés. Je voulais acheter ce livre de Kundéra avant d'aller à Prague, mais franchement, c'est un peu cliché, ça fait Américain à Paris qui se met à écouter Édith Piaf. Pourquoi pas Anna Karénine, si je me souviens bien, c'est le livre que la femme tenait dans ses mains, ce livre qu'elle ne lisait pas mais qui fabriquait l'image moderne qu'elle désirait pour attirer l'attention de ce jeune intellectuel. Ouf, Anna Karénine pour image de la modernité. Je vais vomir. Ah non, ce sera Kundéra avant d'être Tolstoï.
Enfin, je suis à Londres maintenant, que cela m'ennuie. Ce matin je me disais, ah, si j'étais à Paris, cela en sortant du train à Waterloo. Voilà cinq ans je me serais suicidé si je n'étais pas revenu à Londres. Je me noyais dans mon verre de whisky tous les soirs avec la plus noire des dépressions. Tout me rappelait à Londres. New York et Toronto n'ont pas suffit à me le faire oublier… ah, l'idée d'être demeuré à Toronto aujourd'hui me bouleverse. Comment aurais-je survécu ? Alors que Londres ne suffit même plus. On finit toujours par attraper le mal de la cité dans laquelle on vit… attraper le mal d'une cité comme Toronto, c'est le désespoir absolu. C'est être misérable au possible. C'est comme cette série télévisée tournée à Manchester, et lorsque les deux héros décident de partir pour la grande cité, Londres, ils comprennent que ce n'est pas suffisant. On ne part pas de Manchester pour aller à Londres, on part de Manchester pour aller à Phoénix, Arizona, USA. Et je suppose que les perdus de l'État de l'Arizona, pour eux, ce qui signifie vraiment sortir de leur trou signifie Londres, UK. La vie est complexe.
À nous deux Prague, car tu es certes l'inatteignable en ce qui me concerne. Jamais je ne pourrais aller vivre et travailler à Prague. C'est comme un rêve si impossible qu'il n'a jamais été considéré. Car si Londres ne suffit plus, Paris non plus ne serait pas à la taille. La Chine et le Japon c'est commun, tout le monde finit par s'y retrouver aujourd'hui. Prague, c'est différent. C'est effrayant, c'est l'Europe de l'Est, c'est la fascination de Staline, l'État de terreur, la Russie. L'enfer et la misère. Je suppose qu'aujourd'hui ils ont exactement les mêmes magasins que j'ai vu à New York et à Cannes ces derniers mois. Là aussi je pourrais acheter un petit ordinateur portatif, bien que j'ai crié partout dans le bureau la semaine dernière que probablement qu'à Prague ils venaient juste de découvrir la télévision. Et est-elle seulement en couleur ? J'en saurais davantage la semaine prochaine. Il est si bien d'être si impolitiquement incorrect, et cela je ne puis me le permettre que parce que je sais que je ne serai jamais publié. Autrement, tout serait pesé au moins quatre fois par le boucher avant que le prix ne soit établi (1.4 fois le prix normal, selon combien de pièces de bœuf la folle achète et selon sa naïveté).
New York, 13 Février 2000
Bonjour ! Comment allez-vous ?
Je vais manger avec Gustavo ! Chez Heaven Burger.
New York, 14 Février 2000
Une nouvelle révolution, j'écris maintenant à l'ordinateur dans l'avion. Mon voyage a New York est presque termine dans une heure trente nous serons a Heathrow, Londres. La seule chose a laquelle je pense a cette heure, c'est James. Aussi triste cela est, puisqu'il n'est pas gay. Mais j'ai cru sentir que lui aussi je lui manque, quand bien même il ne s'agirait que d'amitié. Mes pensées pour lui ont pris un méchant tournant, je me verrais très bien dans ses bras, je l'écraserais contre moi, je lui embrasserais le cou. Ainsi je m'inquiète, car mes sentiments prennent des proportions exagérées. J'espère seulement qu'il sera heureux de me voir, car s'il se sent seul, au moins je pourrai être un ami.
Enfin le voyage a New York tire a sa fin et il était temps, car je n'en peux plus. Si j'en revois un seul de ceux la avec qui je travaille dans les prochains 48 heures, je ferai un meurtre. Maintenant je sais très bien que tous savent que je suis gay, je l'ai moi-même crie partout. Mais cela m'a appris que tous le savait bien qu'ils prétendaient ne pas savoir et que Louise a effectivement alerte tout le monde des le premier jour que j'ai commence a travailler pour cette compagnie. Je suppose qu'elle a également raconte la sorte de scandale dont je suis la source, une journée ou j'étais saoul j'ai drague un de nos collègues et bien que je ne me souviens plus qui, mais que je savais qu'il était gay mais qu'il n'était pas intéresse, elle en a fait tout un plat le lendemain cette Louise et elle en a parle toute la journée, très fort, a tout le monde.
Lorsque je suis arrive dans ma chambre au quatrième étage du Fitzpatrick sur Lexington Avenue au coin de la 57e rue, Ken était en bedaine. En moins de 5 minutes je lui ai dit : merci de t'être sacrifie et de partager la chambre avec moi, personne d'autre ne le voulait. Je suis gay. La seule personne qui risquera de passer un commentaire c'est George, a part cela tout devrait être correct. Eh bien, en moins de 3 minutes il avait remis sa chemise. Mais après cela, rien d'autre a rapporte a propos de mon co-locataire de Wales, il est bien gentil avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus.
Le premier soir nous nous sommes retrouves dans le bar de l'hôtel et j'ai bien vu combien j'étais rejeté. Seul assis a une table avec deux autres rejetés qui travaillent dans un autre département, a l'Internet Marketing. Mais j'étais bien content de ne pas être avec les autres. Mais ils sont venus nous chercher. Il n'y avait rien de végétarien et je me suis retrouve a manger trois bâtonnets de mozzarella, rien de pire pour une diète. Nous avons parle, j'ai beaucoup parle avec la directrice de Marketing, qui je crois m'aime bien, pourtant c'est elle qui est responsable de la crise avec James et son départ précipite qui a été évité à la dernière minute. Je dois dire également que le départ à été évité car j'ai menti. J'ai pris la défense de Sylvia la directrice en affirmant que j'avais tort, elle n'avait pas parle de James, ou du moins elle aurait pu parler d'autre chose. Et puis qu'elle ne l'attaquait pas, mais se sentait coupable et responsable et se justifiait. Ainsi James a repris confiance, il a arrêté de croire qu'elle voulait qu'il quitte son emploi. Pour une fois j'ai bien manipulé tout le monde à l'avantage de tout le monde. Et j'ai eu la chance d'en reparler avec Sylvia, de cet incident. Indirectement alors que je parlais de ma propre expérience chez les vendeurs de whisky, ce grand directeur que j'aurais apparemment insulte.
Enfin, après deux bières nous étions libres, alors j'ai téléphoné mon Ed, ce fameux Ed que je n'avais plus revu depuis 1995 (cinq ans). Cette histoire surréelle continuait. J'ai saute dans un taxi et je me suis retrouve a manger au restaurant La Foret tout près de la 88e rue ou Ed habitait a l'époque. A la table j'étais servi, Ed et son copain de grande classe Christopher, et deux de ses amis qui ont une troupe de théâtre, rien que ça. J'ai fait mon show, j'ai charme tout le monde et le lendemain Ed était bien impressionne de ma performance, car il s'agissait bien de cela, être capable de divertir au point ou les autres le disent, et Christopher m'aime bien apparemment, j'ai une très bonne personnalité. C'est drôle que chaque fois que je rencontre du nouveau monde, je fais une impression impressionnante et tous veulent me revoir. Mais au travail c'est le contraire. On me tolère plutôt et parfois même on ne me tolère pas et on me le dit. J'étais bien heureux de les quitter ce soir-la ces monstres du travail qui ne cherchent qu'a détruire ce qui reste d'humanité chez autrui. Après les avoir regarde manger, moi, Ed et Christophe sommes retournes a leur nouvel appartement. C'était très beau a l'intérieur malgré qu'ils disaient que c'était très sale. Christopher étant malade, et cela se voyait, il est allé se coucher et je me suis retrouve avec Ed. Il m'a montre des photos et j'ai eu l'impression d'être un fantôme vivant hors du temps qui chaque 5 ans avait la chance de revenir dans le monde des vivants pour regarder des photos et ainsi voir ce qu'il avait manque pendant son absence. Ed m'a pris dans ses bras a plusieurs reprises, mon bedon ne semble point l'avoir affecte. Il a vraiment autant été en amour avec moi que moi je l'ai été et même je dirais que nous sommes encore en amour et que cet amour ne vaut pas aucun autre que nous avons vécu ailleurs. Il était très près de moi, assis juste a cote, me prenait dans ses bras, mais la fidélité était de mise. Je l'ai compris et d'ailleurs je ne voulais pas détruire son couple. Cela a dure un an et demi avec Christopher, et je ne voulais pas être un élément destructeur. Au contraire, l'amour est mieux sans sexe. Et j'ai vu combien j'aime Ed et que j'aimerais me retrouver dans ses bras. Le lendemain il m'a invite a aller a un party chez un ami qui habite la 21e rue dans le quartier Chelsea, le coin gay, et j'étais bien heureux de m'y rendre après ma journée complète avec le monde du travail.
Le matin de notre première journée je suis allé déjeuner en bas. Je me suis retrouve a la table avec Gustavo et pour ce malheur j'ai passe la journée avec lui a faire les magasins autour de l'hôtel. Qui eut cru que j'étais le gay ? Il a acheté plein de vêtements qu'il a essaye pendant des heures pendant que j'attendais et n'avais aucun intérêt a rien. Je déteste magasiner. Lorsque nous sommes entrés au Banana Republic, j'ai bien cru qu'il voudrait ressortir tout aussitôt, car je l'ai entraîne la, mais je n'avais pas prévu que tous les vendeurs seraient aussi gays et que toute l'atmosphère du magasin criait : ici, nous sommes gays ! Mais au contraire il était enchante et a dépense plus de 200 dollars en vêtements. Juste avant nous étions dans un magasin d'ordinateurs ou j'ai acheté cet ordinateur portable miniature et il a acheté un laptop pour son frère. Nous avions l'air de riches Américains qui débarquaient dans un pays pauvre et achetaient tous ce qu'ils voyaient parce que les prix exorbitants du pays pauvre sont des prix dérisoires pour le riche. Nous achetions des ordinateurs comme on achète des croissants, car la livre est tellement forte ces années-ci... Après notre journée de lèche vitrine et notre burger au Burger Heaven ou Gustavo est tombe en amour avec une jeune femme du Maroc qui parlait français, nous sommes retournes a l'hôtel. George avait lui aussi découvert le Banana Republic et avait acheté des pantalons tellement tapette que j'ai voulu rire qu'il puisse a la fois être si homophobe mais vanter les mérites d'un magasin évidemment gay qui vend des vêtements que je n'oserais même pas porter moi-même. Enfin, nous sommes allés au sommet de la tour un du World Trade Center, dans un bar appelé Windows on the World. Vue superbe de tout New York au 107e étage et atmosphère très chic. J'y ai discute avec Roberto qui m'a explique comment, a investir 1000 livres a la bourse, il a fait 20,000 livres de profits en moins de six mois. Je ne crois pas qu'il soit gay, mais il est un peu comme James. Ils ont longtemps été rejetés, semblent un peu disfonctionnel en société et se sont construit leur propre petit univers. Ainsi ils m'aiment bien car moi aussi je suis rejet et je leur prête une oreille attentive. Je ne les ai pas juges comme les autres ont fait et bizarrement j'ai avec eux des conversations profondes et intelligentes que je n'aurais jamais avec aucun des autres. En plus Roberto et James sont très intelligents.
Je dois arrêté d'écrire, nous atterrissons...
Londres, 15 Février 2000
Je suis dans le train qui m'emporte a Londres. Je vais enfin revoir James, après tout ce temps. J'espère qu'il sera encore la. Je me souviens maintenant de NY et je me sens mieux que ce soit termine. Pourtant j'en garde un bon souvenir, ces taxis jaunes dans New York afin d'aller retrouver Ed sont une passion. 21e rue entre la 5e et la 6e s'il vous plait. Ed a garde sa fraîcheur et certes sa façon de flirter avec le peuple. Il dit que cela l'a apporte loin, dans les meilleurs party en ville avec les gens les plus connus de NY, mais que finalement cela n'avait pas de but et il a arrête de sortir. Après avoir mange au New Jersey de l'autre cote de la rivière, nous sommes allés dans un bar assez plat avec des vieilles new-yorkaises entre autres qui se prenaient pour le nombril du monde. Je suis parti dans les 5 premières minutes pour aller rejoindre ED à Chelsea. Lorsque je suis entre, j'ai bien compris que j'allais encore voir la qualité new-yorkaise en action. Les 30 personnes présentes étaient tous très bien habillées, dernier crin de NY, dont plusieurs avec des gilets moulants montrant leurs gros muscles. Il fallait a mon avis faire de l'exercice et être présentable pour être inclu dans ce cercle d'amis. Comme d'habitude a New York ou Ottawa, tous se tenaient dans la cuisine et quelques-uns m'ont parle. Un super de beau jeune homme qui adorait le Québec et aimait mon accent. Pourtant il est vite parti, et malgré notre longue conversation, est parti sans dire au revoir. C'était la première fois que je me retrouvais avec plus d'une trentaine de gays tous très beaux, n'importe lequel aurait fait l'affaire, et peut-être même j'aurais développé des sentiments pour plusieurs d'entre eux, avant qu'ils ne me rejettent a la rue... heureusement nous n'avions pas le temps. Je suis allé prendre un verre avec Ed ailleurs où nous nous sommes répétés combien nous étions spécial l'un pour l'autre et que l'on s'aimai6t encore, avant que je ne disparaisse dans les rues de New York dans un taxi jaune : Lexington Avenue, coin 57e Avenue.
J'en aurais encore long a dire sur mon voyage a NY mais j'en manque même le temps de l'écrire et j'aime mieux parler de ce qui m'occupe maintenant. James que je verrai dans quelques minutes. Mais cette fois il fau6t que je travaille...
ici ici
16 Février 2000
Je n'ai plus rien mangé depuis deux jours, je me suis couche a 4 heures du matin deux nuits de suite, pour terminer cette conférence qui pourtant n'est pas encore terminée, et qui sans doute ne le sera jamais. Hier, saoul, j'ai envoyé des photos a James, dont celle que j'ai pris hier dans le pub, mais les couleurs transformes et il est maintenant vert... aujourd'hui je regrette cette folie et j'espère qu'il ne va pas m'en vouloir. Mais j'ai encore plus honte de ce que je lui ai envoyé deux photos de moi, et pourquoi l'aurais-je fait ? La logique est simple pourtant, celle du pub était pas assez bonne, alors j'en envoye ma meilleure, puis la deuxième fois j'ai envoyé celle du pub. Mais voila, aujourd'hui ça ne semble pas correct... enfin, je verrai. Je suis trop zombi pour continuer, voila Oxford Circus...
(Plus tard.) Le jeune con, c'est une cause perdue, je ne crois pas qu'il soit gay. Parfois je le regarde et je me dis, heurk, il perd ses cheveux, on dirait qu'il va mourir bientot. Et puis d'autres fois je le regarde et je me dis, quel visage, quelle sagesse, quel corps ! Lorsqu'il me pose des questions comme est-ce que Leonardo di Caprio m'intéresse, je me demande si lui ne s'intéresserait pas par hasard. Lorsque je lui demande il me demande pourquoi il s'interresserait. Puis je lui ai pose d'autres questions comme si j'assumais qu'il était gay et chaque fois il a repondu avec une question : pourquoi ecouterais-je Queer as Folk a la tele ? C'est une façon de ne pas rfepondre. Et mes questions a propos de quelles femmes l'intéressent ne sont pas plus fructueuses, il evite les reponses. Pourtant tout le reste m'indique qu'il est straight a mourir et que je n'ai aucune chance. Et j'en ai assez de perdre mon temps, mais il est que je suis très fatigue pour l'instant.
18 Février 2000
Je suis en etat de choc en rapport a la reaction de James. Il ne supporte plus aucune blague et tout est de ma faute. Il était violemment a me raconter quel enfer je semblais lui faire subir avant que l'on ne ommence a se parler. Je ne m'étais point rendu compte jusqu'a quel point mon orgueil pouvait me jouer un mauvais tour. Il m'a lance en pleine face que je ne lui ai jamais parle avant, que chaque fois que nous avons parle j'ai contredit tout ce qu'il disait, que j'étais vraiment unfriendly et arrogant. Ca m'a fait chier, et son ton en plus. Que cherche-t-il donc a accomplir avec ses crises ? Non seulementg c'est straightg a mourir, mais en plus cqa nous court après comme jamais un gay ne le ferait a cause de sa dignite, et ca vient nous accuser des pires atrocites. C'est lui qui s'est assis a cote de moi dans l'avion (je me souviens, il m'a fait lire un article ou un sideen se lamentait que son amie de fille racontait a tous qu'il allait bientot mourir. Ensuite il m'a demande plusieurs fois si j'avais l'impression que j'allais vivre très longtemps. Quelle belle façon de commencer une amitié, me disais-je !) Ensuite il s'est assis a cote de moi dans l'autobus de Nice jusqu'a Cannes, puis m'a couru après lorsque nous sortions du caffe Roma pour aller vers la plage. Moi-même je ne m'abaisse plus a poursuivre ainsi les gens, ce qui explique que je l'ai complètement ignore au travail les trois premiers mois alors qu'il s'asseyait juste a cote de moi. Pourtant, j'ai bien vu sa jeunesse, sa beaute, j'aurais bien voulu lui parler, et même, l'embrasser, mais de quoi aurais-je eu l'air ? Du Gay qui va s'imaginer des espoirs, qui drague tout ce qui bouge dans le bureau sans arrêt. J'aurais eu l'air d'un pervers, c'est cela prejuges d'autrui, ca fait que je ne parle plus a personne. Je m'enferme dans mon petit univers et je m'enfonce dans l'ordinateur davantage chaque jour. Des extraterrestrès qui nous regarderaient du ciel sans comprendre que l'on regarde quelque chose sur le moniteur, pourrait penser que les humains sont bien bizarres de passer leurs journées ainsi : regarder un bloc an frappant sur une planche toute la journée. Sans doute seraient-ils davantage surpris de comprendre que c'est aisni que l'on a un toit, un refrigerateur et une automobile. Encore que ces choses ne font peut-être aucun sens pour eux. Enfin, si je suis si monstrueux dans mon arrogance, pourquoi donc me courir après ? Pourquoi toute cette histoire ? Pourquoi moi ? Il est vrai que je m'asseois a cote de lui, mais enfin, Gustavo aurait pu faire l'affaire. Jaz ou Dan également. Mais lui et Dan c'est la competition. George est un monstre, et Marvin et Jaz vivent dans leur propre univers, a se satisfaire de conferences jusqu'a ce que ca sorte par les oreilles. Aussi, ils s0ont tous deux Senior et donc peuvent nous bouffer a tout moment. Leur job est de nous tomber dessus, nous prendre en defaut, nous reprocher d'exister et de prouvwerf qu'ils sont meilleurs que nous, sinon ils ne meriteraient pas leur poste. Ainsi donc, s'il me parle a moi, c'est que tous les autres sont trop plein de bugs psychologiques intenses et que moi, étant gay, j'avais l'air inoffensif. C'est par processus d'elimination, après avoir rejete tous les autres, qu'il a decide de me poursuivre. Encore que je pourrais me tromper. Bref, si je suis si monstrueux, il n'a qu'a me laisser tranquille. Je ne lui ai rien demande et il m'apporte davantage de soucis que de bonheur. Encore des histoires impossibles... s'il est gay, qu'il le dise au lieu de tourner autour du pot. Et s'il est straight, il n'a qu'a se trouver une blonde et la fourrer au plus sacrant.
Aujourd'hui il a installe la photo d'un homme sur son moniteur. Pendant un instant je suis demeure bien perplexe. Je puis bien comprendre qu'il adore le football, mais j'ignorais qu'il aimait tel joueur au point d'avoir sa photo presque encadrée au bureau. Or, les straights ne font pas cela, et les gays ne le font pas dans un milieu de travail a moins d'être très flamboyant. En fait, les seules personnes que j'ai vues faire de la sorte sont les gays encore dans le placard. Ils n'avouent pas être gay, ne s'avouent pas être gays, mais voila que des indices imperceptibles ou flagrants ne cachent point la vérité. Toutes ces choses qu'il semble vivre, il me semble que j'ai passe a travers cela voila dix ans, et lui n'en est encore qu'a ce point. Pourtant, avec toute sa jeunesse, il n'a que trois ans de moins que moi. Alors il doit être un vrai retarde s'il est gay et encore dans le placard. Et le pourra être encore longtemps. Enfin, il m'avouait aujourd'hui entre deux discours moraux sur le fait qu'il ne me dira rien de sa vie, que sexuellement il était assez passionne et excite. Je ne crois pas qu'un gay dans le placard puisse être une bete au lit avec des filles. A moins que ce ne soient des mensonges. Je suis tout a fait confus. S'il me ment en plus, je ne m'en sortirai jamais. Je vois des contradictions, mais je ne peux que m'inventer des histoires.
Peut être ne devrais-je pas le juger si severement, comme lui m'a juge. Ca a été une journée particulierement stressante, car a Cannes nous n'avons rien fait, et voila que nous devons écrire des pages et des pages de comptes rendus et que nous devons montrer la centaine de cartes d'affaires que nous avons ramassees et communiquer les resultats de notre epuisante recherche a travers les centaines de kiosques du congres. Alors toute la journée c'était : comment s'inventer des rencontres, produire des cartes d'affaires sur demande, crire une cinquantaine de pages sur des evenements fictifs ? Avoir su, nous aurions ecoute les conferences et aurions rfencontrès quelques personnes, cela aurait été plus facile. Mais nous e6tions tellement mort que l'idee de traverser le Palais des Festivals était suffisante pour nous faire vomir. Il a fait enormêment ded stress toute la journée et moi je m'amusais a l'accuse de choses qui ne sont pas vrai. Alors il a pris le temps d'exploser pour me reprochber de lui reprocher des mensonges alors que moi j'en ai beaucoup des choses a me faire reprocher. Et la il m'a lance une liste. Le pauvre, il ira mieux demain sans doute.
18 Février 2000
Hourra ! En ce vendredi matin assez deprimant sur Londres, alors que je n'ai ni dormi ni mange de la semaine et que je suis dans un 4etat lamentable, voila que ma toute dernière paire de pantalons hier me semblait trop grande et que ce matin mes trois plus petites paires me vont mieux que jamais ! Même lorsque j'ai commence a travailler voila 9 mois, ces trois paires étaient trop petites... ce4 matin est cause pour celebration ! Maigrir lorsque ol'on est gors est 8une des choses les plus difficiles a accomplir. C'est tellement chiant et impossible qu'il faut presque un mir5acle pour nous convaincre qu'il est temps de prendre cela au serieux. Poujrtant, si l'on comrenait vraiment les consequences, jamais nous ne devrions gros. Soudainement je suis tellement plujs beau ! En plus, on me parle bien deavantage, multipliant mes chances de deboucher quelque part plus rapidement. Je me sens bien mieux aussi, je puis monter les trois étages au travail sans même y repenser (je n'arrive pas a croire que j'en étais a prendre l'ascenseur pour eviter de suer (et aussi mon asthme). Malgre la grosse lasagne degueulasse et les frites que j'ai mange hier, parce qu'avec le nombre d'heures que j'ai dormi je pensais perdre connaissance si je ne mangeais pas, aujourd'hui je n'ai jamais été aussi mince que depuis mes premiers mois sur Cavendish Square voila deux ans.
Bon, maintenant j'en reviens. Quel matin deprimant aujourd'hui a Londres. J'espère que James sera de bonne humeur et qu'il ne me chantera pas des betises. Je vais l'inviter a prendre un verre après le travail, je pense qu'il s'invente maintenant des raisons pour ne pas me voir en dehors du travail. Il evite de venir pour une demie pinte sur l'heure du midi maintenant. Enfin, on verra.
Bon, comme je pensais, il a evite que l'on se voit en dohors du travail. Mais il a de bonnes raisons, il va a une conference puis s'en va a Manchester or whatever chez ses parents. Le cordon ombilical n'est pas encore coupe, il a ce besoin peut-être croissant de retourner au nid ou sa mere le couve comme un œuf informe. Ce matin nous étions ensemble au training du nouveau systeme e-mail et pour la première fois je l'avais très près de moi, je pouvais aussi le regarder de proche. Aucun doute, il est vraiment beau. Le voir nu serait deja quelque chose d'impressionnant. Je pense qu'il doit en avoir une grosse, car il estn grand et mince. Cette image qu'il lit il n'est point froid ou insecure me tue. Juste a imaginer qu'il prend plaisir a faire l'amour avec une femme et jouit comme un malade m'acheve. Je crois qu'il tente de prendre ses distances, sans doute, comme d'habitude lorsque je me fais de nouveaux amis, je suis alle trop loin. Je l'ai aliene. Mais ce n'est pas si grave. Je ne suis plus a l'age de vouloir me faire des amis, au contraire, je suis tellement ecœure de tout que je veux juste la paix. En plus je n'ai plus aucune patience pour rien. Je snap très rapidement et j'envoie chier tout le monde. Redevnir beau a perdre du poids semble avoir un effet devastateur sur moi, car maintenant j'ai une pretention supplementaire a mon actif, je ne suis plus un gros laid que l'on ignore, j'ai droit a toute l'attention de tout le monde. Alors je suis encore plujs monstrueux que jamais. J'espère encore cependant que redevenir beau va avoir l'effet contraire et m'arrêter d'être constamment frustre. Cela me redonne gout a la vie et je vois enfin qu'il y autre chose que le travail, bien que je passe le clair de mon temps a travailler. Je me tenais très près de lui, trop près de lui, mais il ne semblait pas embarrasse, ou pret a me repousser. Je le regardais, il me regardait, nous nouws regardions, et c'est bien. Sauf qu'a un moment donne il devenait un peu trop a l'aise et indecent et qu'il mimait fumer son stylo comme s'il humait un joint, et je me suis distance car dans la salle nous avions le Managing Director des telecoms, et le Managing Director de tout a la maison mere. Nous n'étions que six dans cette salle et nous devions nous envoyer des e-mails et attendre les rfeponses de tous a une question. La question que j'ai posee était : Devrions-nous prendre le reste de la journée Off ? Question a laquelle je n'ai recu que des reponses positives, sauf du Managing Director des Telecoms. Mais au moins j'ai recu une reponse positive du Grand Managing Director de la Compagnie. Pourtant je suis au travail cet après-midi. Je n'ai aucun respect pour l'autorite. Je m'en fous.
Christ de tabarnack de Christ de Calice d'hostie ! Ce n'est pas tant que leur christ de systeme de metro est pourri a mort, non plus que pendant 30 minutes je me suis gele le cul a Oxford Circus, mais plutôt que l'on m'a ferme cette stupided grille au visage et que pour 5 secondes de retard j'ai du endurer 30 minutes de froid et d'attente !
J'ai envie de toutes les tuer ! Ca termine une christ de semaine d'enfer, pourrie au maximum, preuve que la vie fait vraiment chier.
Enfin, ils ont rouvert les portes, j'ai manque le train par 4 minutes et j'ai pris le premier train direct pour Richmond une minute plus tard. Souvent lorsque je suis coince ainsi, je fait autrement que de rentrer directement chez moi. Comme s'il s'agissait d'un signe qui m'indiquerait que la destinee m'appelle et que je ne doive pas rentre a la maison immediatement. Sait-on jamais, je rencontrerais peut-être l'amour de ma vie, encore plus beau que James et qui demeurerait tout près de chez moi. Et bien que parfois je pense également que la destinee n'a rien a voir avec ca et que essentiellement je ne fais que profiter de l'occasion pour deriver encore plus une fois que l'on m'a lance hors track, c'est une bonne chose. Car alors il m'arrive des evenements inconnus, des choses distrayantes et il s'agit la d'une mo6tivation a exister. Mais voila, a Richmond je me suis avanture au pub gay, mais ils ont pris plujs de trois minutes pour me servir, j'ai eu le temps de me rendre compte que le beau monde avait l'air un peu trop pretentieux et je suis parti. Tous les magasins v enaient juste de fermer, comme d'habituide. Je me demande bien commentg ils espèrent vendre quoi que c4e soit alors qu'ils ne sont ouvert que lorsque l'on travaille. Enf9in, j'ai repris ce bus piteux entre Richmond et Hounslow, je retourne a Isleworth, et rien ne s'est produit. Rien de distrayant ou motivant. Au contraire, je n'ai fait que perdre un temps fou et m'epuiser dans les trains et autobus. Alors question destinee, a quoi aurait-il donc servi que l'on me bl,oque l'entree a Oxrford Circus et que cela me prenne deux heures pour retourner a la maison ? A rien. La vie fait vraiment chier...
21 Février 2000
J'ai passe le weekend a telecharger des choses sur le net pour mon nouvel ordinateur, et je me rends ce matin, en me rendant au travail, que j'aurais peut-être du vivre et respirer. Aussi je suis content d'aller retrouver mon nouvel ami au travail, celui qui m'a redonne l'espoir que l'on peut toujours rencontrer quelqu'un n'importe quand, mais un bilan de notre relation de ces derniers jours m'indique que ca ne va nulle part. C'est clair qu'il a un probleme, mais ne m'en parlera pas car l'occasion ne s'y prete plus. Nous étions amis a Cannes, mais de retour a Londres nous sommes collègues. Il existe cette chance qu'il soit gay, mais il est bien trop coince si c'est le cas. Il est plus probable qu'il ne soit pas gay et qu'en plus il evite de venir avec moi sur l'heure du midi. Aussi je doute que nous allions jamais prendre un verre après le travail. Pourtant la frequence de ses messages e-mail me laisse songeur. Je doute qu'il m'en ecrira autant cette semaine, mais nous verrons. Enfin, j'avais hate de retourner, mais plus maintenant,. Je souffre parce qu'il n'a pas un intérêt aussi marque envers notre amitié et que je ne puis plus me contenter de messages e-mails alors que nous n'osons même pas se regarder.
Stephen a encore passe un weekend infernal parce qu'il avait une entrevue ce matin avec une compagnie qui fait partie du groupe de sa maison-mere. Le stress l'a presque mange vivant. Plusieurs fois il a tente de commencer des crises, heureusement il s'est calme rapidement chaque fois. Il n'a pas dormi cett nuit. Il ne se doute pas que si je suis au regime c'est que j'ai bien l'intention de faire du changement. Je veux être avec quelqu'un que j'aime, dont je ressente quelque chose lorsque je pose ma tete sur sa poitrine. C'est lui maintenant qui vient a moi pour le sexe, une fois par semaine, car moi-même y ait perdu tout intérêt. Une transition ne sera pas facile, quant a mon avenir en Angleterre, il était une surete, cela fait cinq ans que nous sommes ensembles et les lois auront eu le temps de changer d'ici deux ans. Sans doute il serait facile de demeurer au pays en disant que nous sommes un couple. Mais cela ne sont pas des raisons suffisantes pour ne pas être avec la bonne personne. Sil me faut partir, je partirai. Même si c'est en plein milieu de mes etudes. J'irai les terminer au Canada. Mais il serait difficile d'emporter mon nouveau copain avec moi, Patrice qui retourne au Canada en fait l'expérience avec son Alex. Comme Patrice dit : Canada, l'Etat totalitarien, quand on en vient a parler immigration. Les amours internationaux, chez les gays, sont des amours impossibles.
Eh bien ce n'est point si pire. Il me parle beaucoup et veut me voir ce midi. Cependant je crois maintenant être certain qu'il n'est pas gay. Il sera donc juste un ami, mais un bon ami je suppose.
Cannes, 21 Février 2001
Christ, y'a pu rien qui fonctionne, ils nous disent absolument rien, ils nous installent sur ces kiosques d'information dans le Palais des Festivals, mais on en sait moins que les déléguées à propos d'ou est quoi. Alors j'ai bien dû envoyer 4000 personnes au mauvais endroits toute la journée, et là je suis dans la salle B de conférence et je suis stressé au maximum. On m'a donné un microphone, on m'a envoyé sur le balcon, et on ne m'a rien dit à propos que les microphones sont ouverts seulement lorsque le chairman a identifié qui peut poser une question, en plus le chairman ne voit pas la galerie du haut. J'ai manqué me lancer en bas du balcon pour apporter un microphone qui ne fonctionnait pas, ensuite il n'y a pas d'allées bien définies afin d'atteindre les poseurs de questions. Résultat, j'ai écrasé les pieds d'au moins 10 personnes. Et puis j'ai couru partout pour leur signifier que ça ne marchait pas. Et je suis mort car il fait une chaleur effrayante dans ces salons. C'est tellement grand, c'est tellement mêlant, les suites hospitalité, les tentes à l'extérieur ou les délégués mangent et s'enregistrent, ou vont dans le troisième pavillon d'exposants, ou les suites sur les bateux gigantesques loués par différentes compagnies. Il y a quatre conférences qui roulent en même temps et il y a 480 exposants. Et nous devons tout savoir, nous ne savons rien, et c'est très peu professionnel. Je suis tellement fatigué, en plus j'ai trouvé le moyen de ne venir qu'à midi ce lundi et 9h hier, alors que les deux jours je devais être sur place à 6h45.
Je pense qu'ils s'en sont rendus compte, mais ils n'ont rien dit. Aussi j'ai trouvé le moyen de ne pas me retrouver en arrière d'un ordinateur une seule fois dans la tente d'enregistrement. Et ce matin je n'ai aidé nulle part, au contraire je suis allé entendre Richard Branson, le Chairman de Virgin, et son éclatante présentation publicitaire avec des films, de la musiqueé un vrai show fait pour la télévision. On ne se demande pas pourquoi il a tant réussit dans la vieé avec de telles entrées et sorties théâtrales. Ce soir il y a des célébration partout, les tentes de Siemens, Motorola c'est au Planet Hollywood, Nokia, Lucent Technologiesé Alcatel. J'ignore encore ou l'on va, alors que je voudrais bien juste aller dormir et manqué le fameux feu d'artifice à 19h30 en face de l'hôtel Carlton. Ces pauvres Cannois doivent en voir de toutes les couleurs, le congrès est beaucoup plus grand que le festival du film et ils ont construit au-delà de 10 tentes gigantesques sur les plages. Et hier Cannes TV voulais m'interviewer moi parce que je suis le seul sur les 120 personnes de ma compagnie londonienne qui parler français. Hier ils n'ont pas pu venir, alors peut-être aujourd'hui ou demain je vais m'adresser au tout Cannes au complet pour leur dire c'est quoi ce monstrueux congrès qui a pris d'assaut leur ville. Comme vous pouvez voir j'ai très peu de pression sur mes épaules.
22 Février 2000
Un très bon ami, oui. Aujourd'hui nous sommes alles au pub. Nous avons beaucoup parle et rit et devenus bons amis. J'ignore d'ou il tire son idee que je pourrais être un genie, mais comme cette idee lui tient a cœur, je ne l'ai pas contredit. Qu'il s'imagine que je suis un genie est une bonne chose, bien que je sais ne opas l'être, mais maintenant lorsqu'il me regarde avec ses yeux charmants, je me demande si c'est parce qu'il m'aime ou m'admire pour ce que je ne suis pas. Ce matin il y avait deux un message de lui dans mon ICQ. Il m'a envoye un e-mail via ICQ, or mon numero d'ICQ ne se trouve que par une recherche sur ICQ ou l'Internet. QU'a-t-il donc fait hier ? Puiis il m'a ajoute a sa liste de contacts de ICQ, Phamtom1 qu'il s'appelle. Je me demande s'il s'agit de lui, mais je doute qu'il puisse s'agir de quelqu'un d'autre, la date de naissance est 1970, ce qui est consistant avec ses 24 ans. Puis, ce qu'il n'avait sans doute pas prévue est que ICQ nous avertis lorsque c'est l'anniversaire de quelqu'un, et aujourd'hui c'est sa fete ! Je suis bien convaincu qu'il ne me l'aurait jamais dit. Que devrais-je lui acheter ? Ou que pourrais-je faire pour son anniversaire ? Enf9in il me semble devenir un bon ami. Je m'inquiétais pour rien hier matin.
Hier il s'est beaucoup questionne sur ces filles qui s'étaient intéressees a moi a Cannes, d'autant plus qu'aucune ne s'est intéressees a lui. Pourtant je suis bien convaincu qu'il n'a aucun probleme a trouver une blonde, mais a mon avis il cherche fort et en plus je pense qu'il a un blocage psychologique, mais peut-être pas. Enfin, je ne me surprendrais pas si, même en étant hetero il finisse dans mon lit, mais cela je veux eviter a tous prix. Je ne veux pas de lui sil n'est pas gay. Quelle sorte de monstre peut aller avec un gay quand il est straight ? Je finirais par en souffrir un méchant coup. S'il est pour trouver une blonde, j'espère qu'il la trouvera au plus vite et me laissera tranquille.
J'ai confondu, c'est pas sa fete, il n'est pas Phantom 1. Il a dit ne pas venir au pub, mais il est venu. Il est vite reparti par contre et s'est assure que je n'allais pas partir avec lui. Je crois qu'il commence a s'inquièter avec son image. Encore une fois aujourd'hbui quelqu'un de la compagnie est venu, cela ne lui a pas fait plaisir. Il est très beau, mais je ne crois pas qu'il y ait un futur ici. Demain il ne viendra pas au pub, ca je le sais, car il n'aurait pas du venir aujourd'hui. Cest assez bizarre et je ne suis pas sur d'aimer trop cela. Il m'a demande si les filles du Canada aimaient le Dry Sex, c'est a dire faire l'amour sans enlevfer leurs vêtements. Ou va-t-il chercher cela ? Il a dit qu'il a couch4e avec deux et que son ami aussi et que chaque fvois c'est la même histoire. Finalement je lui ai dit que je n'en savais rien, que je ne m'interrais pas aux femmes canadiennes (je m'en fous-tu tu penses ?). Cette histoire n'a pas d'avenir.
Bon, j'ai maintenant la certitudee qu'il ne soit pas gay, cependant, et c'est la l'intérêt, les filles ne le trouvent pas suffisamment beau et semble incapable de trouver une nouvelle blonde. Je me demande bien pourquoi, pcq il est très beau, malgré qu'il est vrai qu'il semble perdre ses cheveux et que cela ne se voit que lorsque je transforme sa photo en vert. Je lui ai d'ailleurs envoyee cette photo, il ne m'en a pas reparle. Je me demande jusqu'a quel point sa situation est desespèree, suffisamment pour se dise très seul et mi